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Couverture par Philippe Cardona et Florence Torta.

Couverture par Philippe Cardona et Florence Torta.

Le manoir de Passe-Chanes est un orphelinat ou presque. Son propriétaire, un vieil homme mystérieux en loue la plus grande part à un orphelinat et en conserve une partie pour y habiter. En cette soirée de coupure de courants, il se retrouve à conter une histoire à quelques bambins d’une dizaine d’années dont l’un sera peut-être son héritier.

Cette histoire est la sienne – en tout cas c’est ainsi qu’il la leur présente.

 

A la fin de la première guerre mondiale, ses parents miséreux le confièrent à un « oncle » éloigné, le secret Abélard à la réputation sulfureuse.

Marzin s'embarque donc pour Passe-Chanes. Il se retrouve plongé dans un univers bien plus luxueux que le sien chez ce vieil homme à l’aspect strict et froid. Il doit aller à l'école locale à la discipline de fer sous l'autorité du surveillant principal monsieur Lafève surnommé l'ogre par les élèves. Marzin s’y fait rapidement un ennemi en la personne de Thibault, le dur à cuir, chef d'une petite bande.

Cependant Marzin perce bien vite le secret de son oncle Abélard ; la rumeur à son sujet est exacte, il est bien un sorcier. Heureusement pour lui, derrière son air revêche, Abélard est un bon sorcier, mieux encore, il veut enseigner la magie à Marzin aux prédispositions innées pour cet art délicat.

Seulement l'enfant est impatient et veut aller trop vite, d'autant qu'il veut se venger de Thibault qui l'a maltraité. Ses actes irréfléchis vont conduire Marzin à un plan dont il ne mesure pas les conséquences et qui va l’opposer au Décharné et à ses troupes, des créatures sombres du petit peuple. L'aventure prend un tournant dramatique.

 

L’auteur Christophe Rosati fait montre d’une belle écriture, fluide et agréable. L’histoire étant dédiée à la jeunesse (même si elle peut se lire avec bonheur à tout âge) est très linéaire et ne s’embarrasse pas des complexités inextricables que l’on peut trouver parfois.

Pour ce roman initiatique, l'auteur opte pour le conte ; un conte moderne où l’on retrouve des conseils de vie et quelques leçons de morale. Il les délivre intelligement aux lecteurs par l’intermédiaire des apartés du vieux Marzin.

Si ce choix de « conte » se retrouve à l’échelle du livre, il y est aussi intégré. Tout d'abord, Marzin se pose en conteur à la place d'un narrateur qui serait impersonnel. Ensuite, l'auteur utilise de contes traditionnels qu'il adapte à ses besoins. Enfin,  le Roi-Conteur est un personnage des plus importants pour l'histoire. Il s'agit d'un chat qui n’en est pas vraiment un, capable de parler la langue des hommes aussi bien que celle des fééries. Il est le lien entre notre monde et celui des elfes. Son rôle est multiple. Il est à la fois la conscience de Marzin et un camarade qui le soutien dans ses projets parfois risqués. Comme s'il le poussait vers l'avant pour qu'il apprenne de ses propres erreurs. Le Roi est attachant, amusant, magique. Il affuble Marzin du surnom de garnement apportant un plus à leur relation.

 

Le Sorcier de Passe-Chanes recèle de belles trouvailles, mélange les créatures féériques aux traditions celtiques avec quelques références et précisions fort intéressantes en notes de bas de page (petites précisions, transcrire les lettres Oghamiques en lettres de l’alphabet français ne permet en rien la traduction et donc la compréhension d’un texte). Des éléments viennent enrichir le récit en cours de route dont ces « invités » d’importance qui viendront au manoir et qui élargissent de manière inattendue le panorama du mage solitaire (je n’en dirai pas plus).

 

Mon seul petit bémol est la perception que Marzin a d'Abélard tout au long du livre (ou presque) : un homme peu aimable, sec, froid  et peu avenant que Marzin semble craindre. J'ai du mal à croire que Marzin, même s'il n'est qu'un enfant, n'arrive pas à voir au delà du masque des responsabilités d'Abélard. Cette remarque ne reste qu'un point de vu personnel qui ne m'a pas empêcher d'apprécier le livre.

 

En conclusion, le Sorcier de Passe-Chanes est une histoire qui se lit avec plaisir tant sur le fond que sur la forme. Difficile de lâcher ce livre si ce n’est par obligation indépendante de notre volonté car on n’a guère envi d’interrompre le (les) conteur (s).

Un beau cadeau à se faire ou à faire.

 

Petit précision, Le Sorcier de Passe-Chanes est le Lauréat 2013 du Salon de l'Imaginaire en Beaujolais de Crèches Sur Saône. Une récompense mérité, ce que je peux dire avant d'autant plus de sérénité qu'en association avec un autre auteur j'ai participé à ce concours d'écriture (info à suivre...).

Il sera d'ailleurs disponible en avant première au salon qui se tiendra le week-end du 16 et 17novembre avant d'être accessible à tous dès le lundi 18.

Le SORCIER de PASSE-CHANES, roman jeunesse.

pour en savoir plus sur ce salon : LIEN

Tag(s) : #Chronique Littérature

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