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12 YEARS A SLAVE

     Grand écart avec les deux chroniques précédentes puisque nous voilà dans la dure réalité de l’esclavage, d’autant plus que 12 years a slave (12 ans d’esclavage) est tiré d’une histoire vraie.

                         

     Salomon Northup (Chiwetel Ejiofor) vit dans l’Etat de New York en compagnie de sa femme et ses  deux enfants. C’est un homme noir et libre comme une partie de ses compatriotes dans le Nord de l’Amérique à cette époque (quelques années avant la guerre de sécession). Sa vie tourne au cauchemar lorsqu’il est enlevé et emmené dans le Sud pour y être revendu comme esclave.

                          

     Si son premier maître ; Ford (Benedict Cumberbatch) est plutôt « humain » pour un esclavagiste, son second maître Edwin Epps (Michael Fassbender) n’a rien d’un tendre. Pire, s’abritant derrière une bible dont il interprète les paroles à son avantage, il est dévoyé et instable.

                           

     Le parcours de Salomon, homme instruit qui doit garder son savoir pour lui, ainsi que ses origines, croise quelques individus représentatifs, parfois stéréotypés.

           

     Patsey (Lupita Nyong’o) qui n’a d’autre choix que de se plier aux caprices de son maître, n’attendant plus que la mort.

     Tibeats (Paul Dano), sous-fifre complexé et limité dont la seule force est d’être blanc dans un monde d’esclaves.

          

     Maîtresse Epps (Sarah Paulson), peut-être pire que son mari de par sa froideur et son inhumanité.

     Bass (Brad Pitt), homme libre et nordique dans l’âme, avec quelques rares autres sauvent la mise de l’homme blanc, montrant que tous ne sont pas rongés par le Mal de l’esclvagisme.

                                        

    Film de Steve McQueen (pas celui des westerns), 12 Years A Slave tient ses promesses en nous plongeons corps et âmes dans l’esclavagisme.

     Il  expose les mentalités et les modes de pensée des différents protagonistes. Des raisonnements ancrés aussi bien dans l’esprit de certains blancs que dans ceux de certains noirs.

     Les premiers sont sûrs de leur bon droit, considérant les noirs comme naturellement inférieurs. Les « nègres » sont leur propriété au même titre que leurs terres ou leurs meubles ; ils ont donc tous les droits sur eux. C’est dans l’ordre des choses, pire dans l’ordre divin. Au passage c’est une belle démonstration que l’on peut interpréter les écrits bibliques (ou autres…) à sa convenance menant à tous les extrêmes.

      De l’autre, certains « nègres », esclaves depuis toujours, sont totalement résignés, voyant aussi leur situation comme dans l’ordre des choses ou comme « rien ne pourra jamais changer ». La scène où Solomon est littéralement suspendu entre la vie et la mort et où les autres esclaves vaquent à leur occupation autour de lui est assez édifiante. Une partie d’entre eux attendent simplement que Dieu décide de changer les choses un jour ou l’autre. Jusque là ils subissent en courbant le dos, de peur de perdre le peu qui leur reste : la vie.

                    

     « 12 years A slave » est un portrait poignant d’un homme à qui on retire tout, même plus que tout, magistralement interprété par Chiwetel Ejiofor. La pléiade d’acteurs qui l’entourent ne sont pas en reste et donne à ce film une véritable profondeur émotionnelle.

     L’ensemble est parfaitement filmé altérant plan d’ensemble, et gros plans sur les visages déchirés par la rage, la douleur ou le désespoir.

     Un film qui ajoute se propre perception au drame humain et culturel que fut l’esclavage. Certains, comme moi, découvriront peut-être ces enlèvements qui furent pratiqués, ajoutant l’ignominie à la barbarie.

     Un devoir de mémoire parfaitement mise en scène.

   

Tag(s) : #Chronique Cinéma
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