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AVIS de MISTRAL

     Paul (Jean Reno) vit au cœur de la Provences avec son épouse Irène (Anna Galiena) et ses oliviers dont il exploite l’huile. Une vie calme qui cache une blessure, la rupture avec sa fille à laquelle il ne parle plus depuis 17 ans. Celle-ci, en instance de divorce et devant partir en stage de formation au Québec confie ses enfants à ces grands-parents dont ce grand-père qu’ils n’ont jamais vu.

     Le contact sera rude pour les ados face à cet inconnu qu’ils rendent responsables du clash entre lui et leur mère. Entre une campagne éloignée de leurs occupations citadines habituelles et une relation à construire, leurs deux mois d’été s’annoncent difficiles.

        

     Saluons tout d’abord les acteurs principaux qui nous offrent tous une belle performance. Jean Reno est parfait dans ce rôle de grand-père renfrogné et blessé qui doit apprendre les ados de notre époque.

     Hugo Dessioux (Adrien) et Chloé Jouannet (Léa) réalisent la belle interprétation de ne pas nous faire douter une seconde qu’ils sont frères et sœurs tant la complicité qu’ils impriment entre leurs deux personnages est tangible. Expressions, doutes et sentiments élargissent leur panel avec talent.

     Lukas Pelissier (Théo) est craquant, visage expressif pour un rôle qui est hélas trop limité. Le fait que l’enfant soit sourd et muet n’est que peu exploité dans sa relation au grand-père et donc n’apporte rien de plus.

     Les acteurs secondaires complètent admirablement le casting, avec un petit bémol pour Tom Leeb (Tiago), beau gosse de service, au jeu un peu lisse à mon goût. Saluons la présence d’Hugues Aufrray (Elie), de Charlotte De Turckeim (Laurette) et l’apparition de Michel Drucker.

         

     « Avis de Mistral » est un joli et gentil film, une tranche de vie sympathique et reposante qui nous extrait de l’éprouvante ébullition de notre quotidien : prendre le Temps.

     Cependant il pèche justement par ce « prendre le temps » trop appuyé qui dilue le thème principale dans des considérations annexes trop développées. Le sujet est, a priori, la découverte de ses petits enfants par un grand-père isolé. Une reconquête de sa sociabilité familiale qui devrait mener à terme à une éventuelle réconciliation avec sa fille.

     Mais viennent se greffer sur cette trame les retrouvailles avec des amis de jeunesses du temps de Woodstock et des virées en Harley, ainsi que les histoires de cœur et de cul des ados qui, pour ce qui est de Léa sert malgré tout de ressort au lien entre elle et Paul.

     Les sentiments ne sont pas assez approfondis et j’aurai aimé que la domestication de Paul par Théo soit elle-aussi plus développée, utilisant le fait que l’enfant soit sourd-muet pour créer d’évidence un lien qui se passe de paroles.

         

     Petite réflexion – sans doute suis-je vieux jeu – la décomplexions sexuelle des deux ados. Exagérée ? Génante ?

     Adrien est sensé avoir au max 17 ans (il vient de passer son BAC de Français et d’une part il est visiblement attiré par une femme mûre (tel un puceau en pamoison) et d’autre part il « baise » des filles (par paires) à peine après leur avoir dit bonjour (en tout cas pour ce qui est des deux anglaises).

     Quant à Léa, 15 ans max (vient de passer son brevet des collèges), outre sa tenue légère sort quand même avec un gars de 25 ans sans que cela ne choque personne (ce n’est pas son âge qui fait réagir Paul). Perso, en tant que père, pas sûr que j’apprécie.

     Un peu précoces à mon sens. Qu’en pensez-vous ?

      

Tag(s) : #Chronique Cinéma

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