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LES SALAUDS GENTILSHOMMES, T1

Les Salauds Gentilshommes nous transportent dans un univers assimilable à la fin du XXVII (environ) en la Cité de Gamorr. Cette ville semi-insulaire (avec un petit côté vénitien) est découpée en quartiers par de nombreux canaux dont les eaux ne sont pas fréquentables. Autre particularité, elle a été rebâtie sur les ruines d’une ancienne civilisation disparue depuis une éternité. Ruines étant un bien grand mot, puisque ces constructions en « verre » sont indestructibles. Si la magie existe dans ce monde, elle est loin d’être omniprésent et n’est l’apanage que de quelques rares élus. Par contre l’art de l’alchimie existe sous différentes formes ce qui permet d’améliorer certains aspects du quotidien, comme « calmer » les animaux ou posséder des sphères lumineuses.

Locke Lamora est un orphelin qui va être « recueillis » par le Faiseur de Voleurs qui règne partiellement sur son petit monde sous la Colline des Ombres. Eduqué, son audace et son ingéniosité insouciante vont le mettre dans une situation si délicate - alors même qu’il n’est toujours qu’un enfant – qu’il va être vendu à Chains. Ce faux aveugle et « faux » prêtre de Perelandro va l’accueillir et le former aux côtés d’autres larrons a un art du vol bien plus subtil que celui de tir laine. Ruse, déguisements, faux-semblants et machinations sont l’apanage de ce petit clan de roublards qui se font appeler les Salauds-Gentilshommes.

Alors que Lamora, devenu adulte, mène un nouveau plan ambitieux avec son clan pour dépouiller de leurs biens un couple de noble, les choses se compliquent pour lui. L’Araignée, sorte de chef de la police secrète du Duc, le traque et, bien plus menaçant encore, un mystérieux individu se faisant appeler le Roi Gris entre en jeu avec ses propres objectifs pour Gamorr.

Pour ce premier roman, Sott Lynch exerce sa plume et notre imaginaire avec un bel allant. L’écriture est fluide, riche et agréable. Si l’intrigue la plus importante (celle du Roi Gris) est un peu longue à venir, d’autres éléments sollicitent notre intérêt pour nous permettre de patienter jusque-là.

Lynch découpe son récit entre l’enfance de Lamora et le présent en aller-retours qui s’estompent à peine sur la fin. Habilement une bonne partie du passé viennent éclairer ou enrichir le présent, expliquant les aptitudes ou les réactions de Locke. Cette astuce évite aussi le récit chronologique, dont le début deviendrait d’une longueur éprouvante avant de passer à autre chose, le présent.

Un monde développé et cohérant, un personnage principal riche, des personnages secondaires intéressants et attachants (le jeune Moucheron par exemple), ainsi que des adversaires plus qu’à la hauteur font de ce premier tome un livre passionnant et sans aucun doute différent.

Si la tension prend son temps à se mettre en place, lorsqu’elle est là, elle ne nous lâche plus et ne fait que croître jusqu’à la fin.

Les mensonges de Locke Lamora, a en plus le mérite de former un tout qui n’appelle pas de suite en soi. Mais, bien sûr, si la suite possède l’originalité et la qualité de ce premier opus, pourquoi s’en priver ?

                                                                   

Tag(s) : #Chronique Littérature
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