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La VÉRITABLE HISTOIRE d'un VAMPIRE.

Margaret est une vampire, au physique d’adolescente, née en 1292 à Londres. Elle nous raconte sa véritable histoire ; en tout cas c’est ainsi que c’est présenté, même si le récit s’attache seulement à quelques mois de sa vie contemporaine.

Margaret se déplace tous les ans dans un nouveau pays afin de dissimuler sa condition de vampire qui l’empêche de vieillir et elle atterrit cette fois en France dans un lycée où elle se liera d’amitié avec deux humains Alix et Ariette, avant de partir (fuir) s’installer avec eux en Mongolie où sa condition de vampire l’a rattrapera.

À noter qu’il s’agit là de vampires pouvant vivre en plein jour, même si la lumière solaire entame leur énergie vitale.

 

De par son format (70 pages) cette histoire tient plus de la « novella » que du roman. L’auteure, Anouchka Breugnot, s’attache essentiellement au récit dans une écriture directe qui ne s’attarde ni sur les détails ni sur le background ou les états d’âme des personnages. L’histoire file de la France à la Mongolie, sans chercher à se poser.

L’écriture suit le rythme rapide du roman avec des phrases courtes et des chapitres brefs. Si des répétitions émaillent le texte, le souci principal dans la forme est l’utilisation conjointe du présent et du passé (essentiellement dans les premiers chapitres, le passé domine ensuite).

L’ayant déjà signalé récemment pour d’autres romans, pour les plus rigoureux dont je fais partie, l’histoire trébuche sur quelques illogismes. Même si l’on peut faire avec, ce serait mieux sans, même dans une fiction.

 

La jeunesse de l’auteure se ressent également dans les personnages.

Si Margaret est physiquement jeune, elle a un long vécu derrière elle, ce qui ne transparaît pas dans son comportement ou ses réflexions. Sa connaissance des pays, de l’histoire ou du folklore de Mongolie ne valide pas à eux seuls ce vécu. De même, sa condition de vampire est peu exploitée – si ce n’est sur les confrontations finales. Certes, elle évoque (P°52), la difficulté de vivre si longtemps, mais cette approche se limite à l’exposé des faits sur un unique paragraphe sans aucun développement ou aucune réflexion. Difficile aussi de demander à un auteur d’une vingtaine d’années d’avoir un recul suffisant sur la vie qui passe et qui s’en va…

 

Au final, je dirai que cette novella mériterait une densification du récit qui pourrait alors aisément la mener à un format de roman. De nombreuses situations s’enrichiraient d’une mise en situation et d’une exposition plus lente et plus détaillée, tout comme les sentiments des personnages ou les transitions entre deux états. D’autant que les derniers chapitres laissent entrevoir que l’auteure a en tête, pour Margaret, un véritable background avec un passé qui ne s’est pas limité à des lieux, mais aussi au monde vampirique avec des interactions importantes avec certains de leurs représentants. Ce passé n’est cependant qu’à peine effleuré.

 

À mon sens, ce court roman est à réserver aux jeunes adolescentes, amatrices de bit-lit à l’ambiance contemporaine, préférant une lecture facile et rapide aux livres consistants. Je pense d’ailleurs que c’est clairement la cible visée par « La véritable histoire d’un vampire » ; ce pourquoi je l’ai acquis, au départ, pour ma cadette de 13 ans (qui ne l’a pas encore lu).

 

« La véritable histoire d’un vampire » de Breugnot Anouchka (photochopée sur la couverture ?), aux éditions Baudelaire.

Tag(s) : #Chronique Littérature

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