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REINES et DRAGONS, anthologie Imaginales.

 

Je ne devais pas faire de chronique sur cette Anthologie un peu ancienne, puisqu’il s’agit de l’édition 2012 des Imaginales, éditée comme tous les ans par les Editions Mnémos et regroupant toujours le gratin français de la Fantasy sur un thème donné... Et faute de temps.

Et puis, SPLASCH, j’ai été scotché, en particulier par la qualité de 2 des nouvelles s’y trouvant.  Je ne pouvais pas vous laisser passer à côté d’elles.

Soyons clairs, aucun des récits de ce recueil ne démérite, loin de là.

Notons :

L’originalité stylistique est de mise avec le « Le Dit Drégonjon et son Elfrie » de Chantal Robillard qui ouvre le bal, et elle persiste dans l’approche extérieure de « Les Sœurs du Tarasque » de Mélanie Fazi qui clôture la danse avec une critique de la dévotion religieuse sans réflexion.

Les secrets s’enferment pour « le bien » de tous dans « Où vont les Reines » de Vincent Gessler ou dans « Chuchoteurs de Dragon » de Thomas Geha. Les chutes nous prennent de court et apportent toutes leurs valeurs à « Ophëa » d’Adrien Thomas ou à « Le monstre de Westerham » de Erik Wietzel (dont le premier titre est demeuré en haut de pages).

Et parlons un peu des deux textes phares du livre.

Tout d’abord « Under a Lilac Tree », titre bien mystérieux que l’on doit à Mathieu Gaborit. J’ai particulièrement apprécié cette histoire par l’imagination pertinente de sa mythologie de fantasy urbaine voguant entre réalité et féérie avec la réécriture de classique comme les golems ou, bien sûr, le dragon. Joli zinc de comptoir. Sans parler du sujet abordé et de la métaphore filée que fait Gaborit de la page blanche. Une véritable source d’inspiration pour moi. Très intelligent, non sans me rappeler dans son approche de la magie urbaine « La folie des Anges »  de Kate Griffin (LIEN vers ma chronique). Le texte éclaire d’un nouveau jour la dédicace que m’a faite l’auteur et qui ne s’applique donc pas à mon propre statut d’écrivain amateur.

Enfin, je terminerai par le Joyau d’ébène qui se cache au cœur de ce recueil, moite de sueur et de sang, écrasé d’un soleil torride sur une terre aride que j’imagine d’un safran orangé. Yaaza est une femme magnifique portant un lourd fardeau de chagrin. Une frêle branche à la volonté de fer et au savoir ancestrale. L’incarnation d’un peuple et d’une terre qui se confronte à l’horreur. « Azr’Khila » est juste un texte somptueux qui m’a fait découvrir Chartlotte Bousquet que j’imaginais (erreur idiote de ma part) plutôt d’un un style romantique vampirique. La puissance de ses mots enlacés dans un champ lexical sombre, dur et évocateur transcende ce texte, enracine ces territoires dans nos esprits et incarne la force de cette femme. Sublime. Et, même si l’ultime fin me séduit moins que la fin (vous comprendrez en le lisant), ce retour en forme de réveil brutal de nos espoirs décuple la cruauté du réel, renvoyant à notre présent.

Régalez-vous, ce recueil est toujours disponible.

Ici par exemple >> LIEN.

Ajouter une magnifique couverture de Kerem Beyit. LIEN

Tag(s) : #Chronique Littérature

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