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LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT

Dieu existe bien… et disons-le, c’est un sale con.

Dieu (Benoit Poelvoorde) vit enfermé dans un appartement avec sa femme (Yolande Moreau) et sa fille Ea (Pili Groyne). Connard fini, il domine la première qui ne semble pas être capable de penser ; sa vie se résumant aux tâches ménagères et à sa collection de cartes de joueurs de Baseball et à la broderie . Quant à sa fille, il la tyrannise également et la frappe, la rendant responsable de ses accès de colère. Bref Dieu est un bof, autorisant seulement les émissions sportives sur une télé qui marche sans arrêt.

      

Dans cet appartement sans issue, il a son bureau à la hauteur sans fin et aux murs couverts de tiroirs avec la fiche de chaque humain existant. Et il y a son ordinateur, une vieille machine qui lui donne tout pouvoir sur le monde. Il a créé le monde – comprendre Bruxelles avec une belle genèse au début du film. Et comme Dieu s’emmerde, il ne trouve rien de mieux qu’à pourrir l’humanité et s’en réjouir, nous balançant dessus fléaux naturels, maladies et bien sûr guerre en commençant par les guerres de religion (qui rappelons-le considère pour les trois grands monothéistes avoir le même dieu). Ajoutez la cerise sur le gâteau des règles pour nous pourrir notre quotidien dont celle que j’ai encore expérimenté ce matin : la file d’à côté va toujours plus vite !!

Donc Dieu est un bof, un connard, un emmerdeur et un sadique.

                                                          

À l’instar de son fils, JC (??) parti en vrille avec son côté Peace and Love, Ea, sa fille de 10 ans (et sans doute quelques siècles) en découvrant l’état du monde décide elle aussi de s’opposer à son père. Pour se faire, elle pique 6 fiches d’humains dans les dossiers de papa pour en faire 6 nouveaux apôtres afin d’aller à 18 (nombre de joueurs dans une équipe de Baseball) et avant d’aller les recruter sur Terre, elle envoie des SMS à tous les humains indiquant leur date de mort, de quoi chambouler la donne et le rapport au divin et plante l’ordinateur de papa.

La voilà à Bruxelles en quête de son rédacteur qui sera un clochard nommé Victor (Marco Lorenzini) et de ses apôtres : Aurélie (Laura Verlinden), François (François Damien), Marc (Serge Larivière), Martine (Catherine Deneuve), Jean-Claude (Didier de Neck) et Willy (Romain Gelin) un garçon de 10 ans qui n’a plus que jours à vivre.

Bien sûr Dieu est à ses trousses .

         

« Le Tout Nouveau Testament » film de Jaco van Dormael est intéressant et déroutant.

Déroutant, car malgré sa bande-annonce et la présence d’acteurs généralement comiques, ce n’est pas une pure comédie, c’est bien plus profond que cela. Certes la Genèse puis la plupart des passages où Dieu est sur Terre sont là pour provoquer le rire et ça marche, d’autant qui se prend de jolis retours de flammes, mais le reste du film sort de la comédie.

                         

« Le Tout Nouveau testament » est un regard plutôt sombre de notre monde et en particulier de la vie de chacun. La grande majorité des protagonistes est seule, même quand ils sont en couple. Renfermés, isolés dans leur misère morale, les apôtres qui se rencontreront grâce à Ea sont enfermés dans leurs obligations sociales et dans la vie qu’ils se sont certes choisis (dans un sens) mais qui leur est aussi imposé par la société. Ils ne commenceront à aller mieux qu’au moment où ils s’échapperont de ces rôles obligés pour aller vers ce qu’ils veulent vivre ou être, mais aussi par l’Amour.

                                               

Si le film s’engonce de bons sentiments et de positivismes, il n’en reste pas moins très amer, voire parfois très dur. Par exemple les séquences qui suivent l’annonce à chacun du temps qu’il leur reste à vivre sont majoritairement difficiles que ce soit cette infirmière ou cette mère d’un enfant infirme. Une véritable cruauté du destin.

                         

Je trouve que « Le Tout Nouveau Testament » est traité selon un style très littéraire, en particulier avec de grands monologues lors de la présentation de chaque apôtre. Un choix bien trouvé qui renforce l’impact des personnages et la profondeur du film.

Sans être un film « intellectuel » au sens lourd du terme, il n’en demeure pas moins un film riche de sens et de réflexions.

 

Le scénario a l’appui de bons acteurs avec un bon point supplémentaire au jeune Romain Gelin dans le rôle de Willy.

 

Par contre si l’absurde et le grotesque de la relation entre Martine (Catherine Deneuve) peut éventuellement passer, je la trouve très malvenue, voire malsaine. Si l’affection d’un animal provoquant le déclic chez cet apôtre est une belle image, la suite ne trouve simplement pas sa place dans ce film.

                                                                                   

J’aurai également aimé que les paroles recueillies dans le Tout Nouveau Testament pris en note par Jean-Claude soient un peu plus pertinentes tout en restant « populaires ». Là mis à part la patinoire, elles n’apportent pas grand-chose.

                   

Un film à voir entre réflexion et comédie.

Tag(s) : #Chronique Cinéma
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