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LE DIT DE SARGAS

J’ai découvert « Le Dit de Sargas » lors de mon soutien au projet « Jadis » (dont je vous parlerai ultérieurement quand je l’aurai lu). Cette découverte fortuite m’a donc emmené voyager sur les Milles Plateaux et l’histoire de la création du monde vue par cette civilisation.

 

La présentation de la quatrième de couverture est telle que l’on en vient à croire que cette mythologie fut réellement celle d’un peuple qui aurait existé. L’écriture et le style narratif employés ne démentent pas cette impression, mais, vérifications faites, il s’agit bien là d’un pur imaginaire, né de l’esprit de l’auteur Régis Antoine Jaulin. Les illustrations très pertinentes et à l’esthétique ancienne de Lionnel Richerand intègrent à merveille l’ambiance du recueil.

 

La création du monde va être contée à Baten-Kaïtos par le « monstre » Sargas (d’où le titre). Celle-ci se fait en plusieurs étapes, la naissance des dieux, leurs dissensions (suite au meurtre in-utéro de Môn par son jumeau Om), la création du monde, des cieux, des créatures et des hommes, ainsi que l’évolution de tout ce petit aréopage (il n’y a que 4 dieux, donc c’est assez simple à suivre malgré les noms inhabituels) jusqu’à l’obtention d’une stabilité relative.

 

L’auteur s’inspire de plusieurs mythologies existantes, en particulier aux traditions indiennes (Le Mahabharatha), mais j’ai cru aussi y déceler des touches de la culture maya. Il créait littéralement une genèse cohérente, riche en philosophie et préceptes, comme le doit (ou le devait) tout récit « biblique ».

 

Doit-on voir dans ce roman une apologie d’une culture religieuse sur laquelle fonder nos racines et nos conceptions de la vie ? Pas forcément, puisqu’au final, pour gagner sa liberté, l’humanité devra se départir des dieux.

Est-ce là une morale athéiste souhaitée par l’auteur ? Qui sait ? Peut-être a-t-il simplement écrit une histoire et que j’y vois (comme tout lecteur) ce que je veux y voir…

 

Contrairement à ce que j'ai pu lire à droite et à gauche, je trouve que la longueur relativement courte (130 pages) de l'ouvrage convient parfaitement, jouant entre densité de l'histoire et livre à lire rapidemment afin de se ne pas perdre son langage spécifique.

Bien sûr, ce récit, loin d’être classique, n’accrochera pas tout le monde (il faut se forcer un peu au début). Il ne nous emporte pas dans des émotions intenses et ne suit pas les péripéties d’un héros. Il n’est donc pas d’une lecture aisée et il est difficile de le classer comme « roman » de par son style littéraire. 

Cependant, il faut bien avouer que le pari est réussi et que le récit est bluffant puisque, comme je le disais en introduction, on y croit.

 

Je le recommanderai donc à ceux qui sont prêts à sortir des sentiers battus et qui s’intéressent aux mythes créateurs, et bien sûr au curieux.

 

Dans la collection Ourobores aux Éditions Mnémos

Tag(s) : #Chronique Littérature
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