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Didier Lockwood + les Violons Barbares + Guo Gan

Franconville le 15 avril 2016, 21h00, avec ma petite famille nous nous retrouvons une fois de festival au centre Saint-Exupéry, grande salle. Cette fois, c’est pour découvrir un regroupement d’artistes, 2 solistes et un groupe. Notre voyage  à dos d’instruments à cordes frottées et de percussions commence pour des contrées sauvages…

 

Didier Lockwood… Si son nom ne m’est pas inconnu, mon inculture musicale ne m’a jamais fait découvrir l’œuvre dense de ce violoniste de jazz. Né dans une famille d’artiste, ce soixantenaire, aux larges épaules et à la chevelure poivre et sel, a une sacrée carrière derrière lui et une discographie impressionnante débuté en 1978.

                   

Outre son violon classique, il nous fera une démonstration fascinante avec un violon « électronique » capable de produire des sons tout aussi originaux qu’un clavier. Du classique aux fantastiques "végasiens".

>> Son Site <<

                                                          

Guo Gan est un joueur d’ehru qui nous vient de Chine. D’aspect ascétique, ses interactions du regard et d’un hochement de tête avec le reste de l’équipe, ainsi que de brefs petits sourires en disent long sur le plaisir qu’il éprouve dans le partage qu’ils nous offrent en spectacle. De fait, il n’est pas réellement soliste, puisqu’il a régulièrement accompagné d’autres musiciens, dont « les trois violons du monde ».

                            

Des cinq, c’est son instrument qui est le plus exotique pour le novice que je suis. L’erhu est un instrument de la musique traditionnelle chinoise. Son idéogramme 二胡 regroupe le symbole signifiant deux et celui signifiant barbare. De fait, l’erhu n’a que deux cordes et un archer « prisonnier » de celles-ci. Etonnant les modulations qu’il est possible de faire avec juste ces deux cordes.

>> Son site <<

 

Les violons barbares est un groupe de composé de deux violonistes et un percussionniste / batteur. Ce trio apparait plus déjantés que les deux précédents, partageant une bonne humeur qu’ils savent transmettent. Une véritable énergie émane d’eux ; un trio détonnant

    .

Fabien Guyot a une large palette de percussions à sa disposition, issue de différentes traditions musicales qu’il a modifiées et adaptées à ses besoins : doun-doun africain, bendir marocain, gongs, cymbales, bongos, kish-kish et bien d’autres. Il donne le « là » rythmique à l’ensemble avec dynamisme.

                                       

Le Bulgare Dimitar Gougov, grand, jovial, à la tignasse frisée, joue de la gadulka. Portée verticalement (à l’aide d’un mini harnais), manche court (à mon sens), elle possède trois cordes frottées et entre elles se dispatchent dix ou onze cordes dites sympathiques. Celles-ci ne sont pas « utilisées » directement, mais vibre en résonnance lorsque les autres sont jouées.

               

Dandarvaanchig Enkhjargal joue du morin khoor, symbolique de son pays d’origine la Mongolie. Avec sa caisse de résonnance trapézoïdale et son long manche terminée par une sculpture en tête de cheval, il a une esthétique toute particulière. Et j’ai appris en rédigeant cet article que lui aussi ne possédait que deux cordes (en poils de queue de cheval) ce que j’ n’avais pas imaginé sur scène. Ajoutons que ce violoniste a une autre corde à son arc : sa voix dont il use remarquablement aussi bien dans les aigues que dans les graves, dans le rock, les chants traditionnels et les vocalises impressionnantes de profondeurs et de puissances.

>> Leur site <<

                                

Si, durant le concert, chacun des trois constituants de ce regroupement a le loisir d’exprimer leur propre travail, le spectacle prend une toute autre ampleur lorsque les 5 s’assemblent. Le violon de Lockwood vient apporter une touche supplémentaire, plus classique, à la tonicité des Violons Barbares alors que l’erhu de Guo Gan s’immisce dans les mélodies avec une pincée zen et poètique.

Clairement, ils nous font voyager, bien sûr dans les steppes mongoles en compagnie de chevaux sauvages, dans les monts chinois avec la brume, un léger souffle et la sérénité d’un lac, et au cœur de la tradition des pays de l’est aux costumes colorés, mais aussi dans les landes irlandaises ou dans la chaleur des pays du Maghreb, sans oublier un tour vers le Brésil (pas mon préféré des morceaux). Les images affluent dans nos esprits pour accompagner les musiques.

      

Un très beau concert, dépaysant et dynamique. Et même si comme ma cadette le dit « c’est normal, c’est leur métier », j’ai été impressionné par la virtuosité de ces cinq musiciens. Les doigts dansent littéralement sur le cordes à une vitesse hallucinante et les archers glissent, s’inclinent, tapotent et s’affolent avec brios. Et il en va de même pour les percussions. Bluffé !

 

A voir s’ils passent près de chez vous (ou même plus loin) !

En espérant qu’ils sortiront un disque de leur tournée. (Vous pouvez retrouver les dates des différents protagonistes sur leur site respectif).

Didier Lockwood + les Violons Barbares + Guo Gan
Tag(s) : #Chronique Spectacles
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