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B.G.G ou le Bon Gros Géant.

Sophie est une jeune orpheline. Un peu insomniaque, elle va apercevoir un géant qui pour garder son existence secrète ne va pas avoir d’autre choix que de l’enlever et l’emporter avec lui dans le monde des géants. Si ceux-ci sont peu nombreux, le Bon Gros Géant ou B.G.G, comme Sophie l’appellera est le seul à être gentil et à ne pas manger de la chair humaine.

Plus petit (mais plus intelligent) que les autres géants, le B.G.G est aussi leur souffre-douleur. Une situation à laquelle il faudrait mettre fin…

 

Une première version en dessin animé avait vu le jour en 1989, puis une adaptation cinéma avait été envisagé avec le très regretté Robin Willians dans le rôle-titre. Au final, c’est Steven Spielberg qui adapte le roman de l’écrivain britannique Roahl Dahl (1916-1990), auteur entre autres de James et la Grosse Pêche, ou de Charlie et la Chocolaterie (et sa suite Charlie et l’ascenseur de verre). Comme le dit la presse, le réalisateur renoue avec le film jeunesse – n’a-t-il pas réalisé il y a fort longtemps E.T !

 

         

Ruby Barnhill incarne l’héroïne Sophie. Jeune fille audacieuse, si elle est quelque peu surjouée, cela cadre avec l’ambiance du film sur laquelle je reviendrai. Une fraîcheur teintée d’impertinence, mais manquant un peu de sensibilité.

Mark Rylance tient le rôle du BGG, en motion capture bien sûr et, il faut bien l’avouer, le visage du BGG est plutôt très attendrissant, genre grand-père idéal. En douceur et en souplesse. Son parler approximatif renforce ce sentiment tout en lui donnant une touche d’humour (sans avoir le ridicule d’un certain Jar Jar).

 

A ce duo central s’ajoute :

Les géants cannibales (Jermaine Clément, Olafur Darri Olafsson…) renouent avec le géant ogre traditionnel et stupide, avec en prime la peur de l’eau.

Un major d’homme, Mr Tibbs (Rafe Spall) qui campe parfaitement le personnage sérieux, mais avec une touche de sympathie.

La Reine d’Angleterre (Penelope Wilton) pour le moins, qui s’y elle a le costume de la dame et une certaine retenue, paraît bien plus abordable.

Bref un panel de gentil.

       

Même si ce film est pour les enfants, en tant qu’adulte (bon avec parfois une âme très jeune), j’ai passé un bon moment – alors même que je n’étais pas enclin à aller le voir.

Tout d’abord ce film n’en est pas un, il serait plus juste de le qualifier de conte. Cette atmosphère est rendue dès les premières secondes du film par la texture même de l’image et cet orphelinat de nuit en vue d’ensemble avec juste cette petite fille. Petite mise en abîme au passage avec le clin d’œil à la maison de poupée. La 3D très belle s’ajoute à la féérie des images et aux soucis des détails qui font d’un décor ce qu’il est. La maison du BGG, ses bocaux à rêves (ou cauchemars) ou l’arbre à rêves sont juste sublimes.

L’autre effet conte est l’intemporalité des lieux. Même si la date des événements est clairement définie durant l’air Reagan, dans les années 80 (le film se passe en Angleterre cependant), certaines voitures, les bâtiments, rues, lampadaires et autres vêtements transportent l’histoire quelques années plus tôt. Bref les repères sont agréablement brouillés. 

     

J’ai apprécié les techniques étonnantes de camouflage du BGG (il faut réussir à cacher un géant dans une ville !), la fluidité de ses déplacements (quand il retourne dans son monde), sa trompe à rêves ou sa manière alchimique de générer de nouveaux rêves. Bien entendu, son passage « à la table » de la Reine m’a amusé par la mise en place de son repas qui n’est pas sans me rappeler Gulliver ou Gargantua.

Le fait que l’histoire ne se contente pas de rester dans le monde « imaginaire » des géants, mais que la réalité s’insinue apporte un réel plus.

 

L’histoire est gentille et sympathique ; la violence n’y a pas sa place. Même l’aspect effrayant du cannibalisme des géants est désamorcé (sans doute trop) par leur stupidité. Bref, un peu de fraîcheur dans notre monde.

      

Il m’a manqué tout de même un peu de frayeur (mais les enfants ont peut-être ressenti plus de tension à certains moments) et une touche supplémentaire d’émotion. Certes nous sommes attendris, mais je n’ai pas eu ma larme à l’œil comme quand E.T « meurt » ou quitte Elliot.

Bien entendu, les adultes ne pourront apprécier ce film qu’en se laissant porter par lui et son merveilleux parfois un peu lent.

Incontournable pour vos enfants de 5 à 14 ans… et les ados qui veulent bien ne pas trop jouer les adultes gris durs de temps à autre. 

 

Et Musique de John Williams avec parfois des petits Harry Potters ou Goonies.

B.G.G ou le Bon Gros Géant.
Tag(s) : #Chronique Cinéma

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