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FREE STATE OF JONES

1862, Newton Knight (Matthew McConaughey) combat, sans grandes convictions, dans l’armée Confédérée, face aux Unionistes. Il considère que ce combat n’est pas le sien, mais celui des nantis possédant des esclaves. Suite à la mort de son neveu, il déserte et retourne chez lui, dans l’état de Jones.

             

Il découvre alors le pillage que réalise l’armée confédérée afin d’équiper les militaires, réquisitions abusives faites essentiellement auprès des plus démunis, ne leur laissant presque rien pour vivre. Il va s’opposer à cet état de fait, l’obligeant à fuir dans le bayou. Aidé par Rachel (Gugu Mbatha-Raw) où il retrouve des esclaves en fuite, dont Moses Washington (Mahershala Ali).

Rapidement, il prend la tête d’un mouvement qui va lutter contre cette mainmise des militaires sur la vie des plus pauvres. Un combat social sans discrimination raciale.

          

Inspiré de faits réels, Free State of Jones porte un regard sur un événement historique peu connu et l’intérêt du film réside essentiellement en celui-ci. La mise en exergue des injustices – et pas seulement de l’esclavagisme et du racisme – est le fond du film, avec un propos social-démocrate évident. L’utilisation des moins nantis par les plus puissants se décline sous différents aspects, la guerre, la main d’œuvres, l’abus de pouvoir, l’interdiction de voter…

L’incrustation de photos d’époques renforce l’aspect historique du film.

Le scénario nous parle également de la lente et difficile évolution des mentalités, en particulier dans les États sudistes, en ce qui concerne la place des noirs dans la société. Cette progression touche à son paroxysme avec l’histoire secondaire, un procès de l’absurde qui entrecoupe le récit principal et qui se déroule une centaine d’années plus tard.

                  

Hormis cet atout, le film ne porte pas le spectateur. Le scénario et la réalisation (tous deux de Gary Ross) qui en découle sont souvent lents et confus.

Confus au début, car nous avons du mal à définir ce dont veut nous parler l’histoire : de l’absurdité de la guerre, d’un déserteur, de l’exploitation des pauvres par les riches, de l’esclavagisme. Difficile de fixer un centre d’intérêt, même si l’histoire suit la progression logique de la réflexion de Newton Knight.

                       

Confus, car, alors que la mise en place du véritable combat de Knight s’est faite désire, la fin bâcle l’histoire avec une sorte de précipitation qui ne dynamise pas pour autant l’histoire.

La lenteur du film vient aussi sans doute que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Tous les individus orbitant autour de Knight restent assez superficiels, ou ne font que passer vite, exception faite de Rachel et Moses (Moïse en Français), tous deux joués avec une réelle émotion, réciproquement par Gugu Mbatha-Raw et Marhershala Ali.

         

Quant à la prestation de McConaughey, elle ne m’a pas vraiment marquée. Un jeu assez réduit à des expressions assez similaires. Mais il faut bien le dire, le personnage de Knight n’exprime guère ses émotions, n’offrant guère de possibilité à l’acteur (à moins qu’il s’agisse du contraire).

 

Bref, si Free State of Jones a une réelle valeur éducative, il manque de force en laissant le spectateur un peu à la porte de l’histoire.

FREE STATE OF JONES
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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