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NERVE

Vee (Emma Roberts) est une lycéenne du genre rangée et réservée, contrairement à son amie Sydney (Emily Meade) exubérante et décoincée. Cette dernière participe au jeu Nerve qui vient de débarquer en ville.

Ce jeu, qui « visiblement » ne se déroule que sur quelques jours, consiste en des défis à relever et à filmer. Chaque défit réalisé rapporte de l’argent versé directement sur son compte en banque. Abandonner ou échouer et tout l’argent gagné est repris. Seul le grand vainqueur remportera donc la mise. Pour participer au jeu il faut choisir entre être « voyeur » (il faut dans ce cas débourser de l’argent pour simplement regarder et choisir les défis) ou « joueur (inscription gratuite). La seule autre règle du jeu est de ne pas moucharder, Nerve devant rester secret.

Provoquée par son amie, Vee décide de devenir joueuse juste pour un défit. Mais bien sûr cet argent « facile » va l’entraîner plus loin, d’autant que son premier défis lui fait rencontrer le séduisant Ian (Dave Franco), lui-même joueur jusqu’au boutiste.

      

Seul Tommy (Miles Heizer) pro de l’informatique émet de sérieuse réserves sur le jeu et sur Ian, d’autant qu’il n’est très certainement pas insensible à Vee.

Une course aux défis commencent, dangereuse et en opposition avec d’autres concurrents dont Ty (Machine Gun Kelly).

 

Sans l’envie de mes filles d’aller voir Nerve, je serai sans doute passé à côté d’un bon film, à la mise en scène innovante, à l’action prenante et pas sans un fond à réfléchir.

                                                  

Si Emma Roberts ne m’a pas totalement séduit ni par son jeu, ni par son physique étique, dans l’ensemble les acteurs s’en sortent plutôt mal, que ce soit Dave Franco (qui fait craquer ma Benjamine depuis Insaisissable 2), Miles Heizer (Tommy) ou plus particulièrement Emily Meade (Sydney) entre la garce et l’amie, la provocatrice et la fille derrière le masque.

 

L’action et le suspens vont crescendo alors que les défis se suivent. Simples et gentils au départ (embrasser un inconnu…), ils deviennent fatalement dangereux (conduire une moto à 10 km/h les yeux bandés. L’histoire se compliquera avec l’apparition d’une troisième catégorie de Nerve… ceux qui ont voulu dénoncer le jeu. On ne sort pas indemne à se risquer avec des pros du Dark Net…

Car le Dark Net est évoqué. Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit (je ne l’ai moi-même découvert qu’il y a peu via un article de Science & Vie), ils ‘agit de la partie immergée du Net. Un monde inaccessible au commun des mortels, dans lequel ceux les pros des algorithmes et autres lignes de code savent s’introduire ou y être introduit par des connaissances. Dans cette univers, tout se vend, tout s’achète, y compris des armes et de la prostitution infantile. Un paradis pour les pirates et les terroristes.

       

Si le film ne s’attarde pas sur le sujet, il dénonce clairement certains risquent d’internet via le piratage de sa vie privée et de ses comptes. Mais bien plus que dénoncer le Web, le film prévient des risques de ces jeux débiles que sont les défis. Un peu comme la drogue, on commence par de la drogue douce, on devient accroc et on passe à la forte. Cette plongée du je veux plus d’argent, mais aussi plus de célébrité est bien exposée dans le film. Il est si simple de se laisser entraîner vers ce qui devient irrémédiablement stupide et dangereux (pour soi et les autres).

                     

Le scénario ne fait pas l’économie de dénoncer également les « passifs ». S’il alerte les joueurs, ils accusent aussi très clairement les « voyeurs » qui, sans lesquels, les releveurs de défis n’existeraient pas. Un voyeurisme auquel personne n’échappe à des degrés divers et qui fait les beaux jours de you tube ou des émissions de télés type bêtisier et perle du net, et qui ne se limitent plus à du raisonnable. A présent il y a même des compiles de mort en direct !

 

La mise en scène est brillante et nous immerge dans le monde des portables et du net. Le film va bien plus loin que la simple incrustation des SMS sur l’image, en nous plongeant parfois derrière l’écran tactile. La seule scène d’introduction résume la volonté des réalisateurs (Ariel Schulman et Henry Joost) à nous imposer ce monde de la communication instantanée via les réseaux sociaux. Très bien vu, très dynamique et totalement cohérent avec l’histoire, renforçant la portée de celle-ci.

                                   

Un film très réussit jusqu’à son final inattendu. A ne pas rater !

NERVE
Tag(s) : #Chronique Cinéma

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