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IL A DÉJÀ TES YEUX

Salimata (Aïssa Maïga) et Paul (Lucien Jean-Baptiste) attendent depuis déjà pas mal de temps de pouvoir adopter un enfant. Quand l’ASE, par l’intermédiaire de madame Mallet (Zabou Breitman) leur propose enfin un bébé, il n’hésite pas une seconde (pas 2 en tout cas), même si le chérubin est justement un chérubin, comprendre blond et BLANC, alors qu’eux sont noirs.

Si pour ces deux nouveaux parents, ce n’est pas un souci ce n’est pas forcément le cas pour les parents d’Aïssa qui voit cette adoption d’une très mauvais œil. Sans parler de madame Mallet qui, s’il n’y avait pas eu sa hiérarchie n’aurait sans doute pas accordé cette adoption qui va contre les habitudes.

 

 

Voilà LA comédie du début de l’année (ok, sans doute parmi d’autres que je n’ai pas vu). Franches rigolades et sourires nous tiennent une bonne partie du film, sans oublier une touche d’émotion.

Trois scénaristes dont Jean-Baptiste (également réalisateur et acteur) ont mis la main à la patte pour nous concocter Il a déjà tes yeux.

L’humour se fonde clairement sur des stéréotypes doublés de préjugées qui peuvent amener parfois à des exagérations frôlant (mais frôlant seulement) la caricature. Cependant, L’excellence du jeu décomplexé de Marie-Philomène Nga dans le rôle de la grand-mère Mamita permet de faire couler ces excès qui, finalement, font le lit de l’humour et du rythme du film. Je suis moins conquis par les amies de Mamita moins dans le juste ton.

 

 

La très belle Aïssa Maïga apporte son charme et son talent au film, jouant avec les émotions de son personnage du sourire aux larmes.

Notons l’étonnante prestation de Vincent Elbaz méconnaissable en Manu, copain déroutant et dérouté, d’une pragmatique très directe. Personnage qui n’est pas sans rappeler le personnage de Spike (Rhys Ifans) dans Coup de foudre à Notting Hill (peut-être est-du au slip !!).

Enfin, difficile de ne pas citer Zabou Breitman dans un rôle à contre-emploi, car elle n’a pas si souvent que cela incarné des personnages antipathiques. Il tient lieu de contrepoids tant dans l’attitude que dans l’apparence (terne, vieillotte et conservatrice) au reste des personnages. De plus elle est l’un des ressorts au message du film. Son époux est joué par Grégoire Bonnet, un personnage très similaire à son rôle de pharmacien dans Scènes de Mènage.

 

 

L’humour est donc présent, très présent, mais il n’est pas le seul intérêt du film qui très clairement dénonce nos préjugés (en l’occurrence, essentiellement les préjugés des blancs envers les noirs) mais aussi ce racisme ordinaire alimenté par ces mêmes préjugés qui font que les blancs se considèrent comme supérieur au noir. Ainsi, au parc, Salimata ne peut être que la nourrice de son bébé et non sa mère, l’adoption d’un blanc par une couple noir apparaît contre nature alors que l’inverse ne choque pas…

 

 

Un ensemble de brèves situations qui finissent par construire une réflexion positive sur le droit à l’égalité, à la reconnaissance de l’égalité. Un film qui fait du bien, surtout en cette période pas si humaniste que cela.

 

 

A ne pas rater.

IL A DÉJÀ TES YEUX
Tag(s) : #Chronique Cinéma

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