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BLADE RUNNER 2049, une suite électrisante.

Trente ans se sont écoulés depuis le film originel et le monde n’a que peu changé. Depuis la révolte des Répliquants, esclaves servant à coloniser différentes planètes, la génération 8, trop indépendante, a été éliminée. Toutefois l’homme ne pouvant se passer d’esclaves, la société de bio-ingénierie les créant a été reprise par Niander Wallace (Jared Leto). Les nouveaux Réplicants sont plus dociles et obéissants (rien n’est dit sur leur durée de vie). De plus ils sont vérifiés régulièrement.

 

Blade Runner 2049, les Réplicants

 

L’officier K (Ryan Gosling) est l’un de ces nouveaux Réplicants et il a la particularité d’être aussi un des rares Blade Runner dont la mission est de traquer les anciennes générations qui se dissimulent. C’est en donnant la chasse à l’un d’eux, Sapper Morton (Dave Bautista) que sa vie va prendre un autre tournant. En effet il découvre les restes d’une Réplicante dont une caractéristique précise pourrait remettre l’équilibre humain / Réplicants en jeu. La supérieure de K, le Lieutenant Joshi (Robin Wright) compte bien étouffer cette information chargeant K dans effacer toutes les preuves alors que Niander a bien l’intention d’en faire quelque chose…

 

BLade Runner K Ryan Gosling

 

L’annonce de cette suite m’avait à la fois réjoui et empli d’inquiétude. Comment faire un second opus réussi à un film excellent – Blade Runner de Ridley Scoot - inspiré du roman « les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de K. Dick (que je n’ai hélas pas lu). Fort est de constater que Denis Villeneuve l’a fait et bien fait sur des scénarios de Michael Green et Hampton Fancher.

 

En premier lieu, le film respecte et prolonge parfaitement l’atmosphère du premier film.

De nombreux éléments de 2049 font échos aux premiers : coiffures, vêtements, villes étouffantes sous une pluie perpétuelle, mélange des populations et des cultures, machinerie, logements…

 

Blade Runner 2049 dans la continuité.
Luv / Rachel

 

Blade Runner 2049 dans la continuité.
Pris / Mariette

 

L’esthétique des images, de la lumière, des angles de vue et du rythme sont juste sublimes. La musique de Hans Zimmer copie Vangelis et participe grandement à l’atmosphère futuro-onirique et oppressante du film. Et, bien entendu, l’histoire prolonge celle de Rick Deckard (Harrisson Ford) et de Rachel (Sean Young). On retrouve aussi, brièvement non sans plaisir Gaff (Edward James Olmos), l’homme à l’origami qui fera un clin d’œil au titre de K. Dick.

Bref, du bonheur.

 

 

Cette continuité n’interdit pas les nouveautés intéressantes qui s’intègrent parfaitement à l’univers Blade Runner. Ainsi le Dr Ana Stelline (Carla Juri) femme à l’immunité déficiente dont la profession nous dévoile un autre pan de la création des Réplicants. Nous explorons aussi l’univers au-delà de la ville avec les serres à perte de vue ou l’orphelinat aux relents post-apocalyptiques.

 

K et Joi

 

Côté acteur que du bon. Ryan Gosling (que je n’ai vu que rarement) est excellent dans le rôle de K, une résignation qui se charge d’espoir, un Réplicant qui se construit une vie avec une I.A, Joi (Ana de Armas). La blonde Sylvia Hoeks incarne une Luv, brune, froide déterminée et au final flippante à souhait. Robin Wright au parcours étonnant depuis Santa Barbara est un chef des Blade Runner certes intraitable, mais dissimulant quelques sentiments. Jared Leto, peu présent à l’écran, nous marque dans son rôle de mégalomane aveugle et dangereusement illuminé qui veut jouer à Dieu. Enfin Harrison Ford est parfait comme d’habitude, même si, en toute logique, il n’apparaît que tardivement dans le film (contrairement à ce que peut laisser penser la Bande Annonce). Son Deckard, vieillissant, solitaire, désabusé, mais potentiellement toujours combatif convient à l’évolution de ce qu’il fut.

 

Harrison Ford Rick Deckard 2049

 

Pour le scénario, même si d’aucuns le trouvent moins riche que le premier opus, pour ma part, je ne trouve rien à redire. De la bonne anticipation, intéressante et intelligente. Je reconnais que le film est lent et que cela dérange de nombreux spectateurs, à commencer par ceux qui m’ont accompagné (famille et amis). Personnellement j’ai trouvé que ce rythme était en adéquation avec l’histoire et que les scènes d’actions que l’on peut considérer comme rares (ce n’est pas un film d’action) ponctuaient suffisamment l’intrigue pour nous secouer de temps à autre.

 

Blade Runner 2049, l'arbre

 

Enfin j’ai apprécié de retrouver le sujet très philosophique de l’identité d’un individu. Qu’est-ce qu’il fait qu’un être pensant est ? Peut-on considérer un être fabriqué qu’il soit biologique ou informatique (le thème se décline avec les Réplicants, mais aussi l’I.A) comme réellement vivant ? Nous pouvons toucher au divin en évoquant l’âme ou rester plus terre à terre en nous fondant sur la conscience et la personnalité. Après tout nous sommes ce que nous sommes qu’à travers la construction de notre passé et de nos souvenirs. Notre identité se forge à partir de ces expériences. Un amnésique n’est-il plus ?  Mais il est vrai que NOUS nous créons nous même cette banque de données de par notre vécu alors que c’est un (ou plusieurs) individu externe qui construit ces souvenirs pour un Réplicant ou une I.A. Cette différence fait peut-être justement toute la différence… jusqu’au moment où le créer à suffisamment de vécu pour avoir ajouté ses propres expériences aux faits programmés et c’est là que le débat naît réellement. Qu’en pensez-vous ?

 

 

Voilà donc une notre de 4.5 sur 5 tout à fait mérité à mon sens, un film que j’apprécierai dans ma vidéothèque et la bande son lorsque j'écris des scènes de tensions.

BLADE RUNNER 2049, une suite électrisante.
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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