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CHALEUR DE BÊTE ET FROID DE CANARD

Dominique Lange nous confie ici quelques anecdotes de son ex-vie professionnelle de Vétérinaire allant du monde rural, à un peu de canine, mais aussi sur ses pérégrinations à l’étranger ou auprès des refuges (le plus dur). De brefs récits qui se veulent un constat doux-amer sur cette profession.

 

Peut-être parce que je suis aussi majoritairement véto (quand je ne porte pas ma cape d’auteur), je ne trouve pas que nous passions réellement dans l’envers du décor comme le dit la quatrième, car, de fait, il y aurait beaucoup à dire (comme dans toutes professions, j’imagine).

De même, rien ne m’a réellement surpris dans ces récits (même si plusieurs m'ont touché), rien en tout cas qui n’explique réellement le choix de l'auteure de renoncer, car hélas, rien de bien surprenants pour qui est à sa place ; la réalité n'a rien d'un conte pour enfants. 

Les difficultés que l'auteure évoque sont liées à la situation économique absurde des éleveurs par exemple ou à la bêtise de certains propriétaires. Mais comme je l’ai dit, je suis véto et j’ai vu des choses écœurantes, des règles absurdes, des impératifs énervants, des propriétaires irresponsables (et je suis sympa). J’ai aussi eu mon lot d’euthanasies certes justifiées (justifiables ?), toujours douloureuses, même après 23 ans de métier, d’autant plus que certains de ces animaux que l’on aide à partir, je les connais depuis qu’ils sont chiots au chatons, sans parler des liens que l’on peut avoir créé avec leurs maîtres. Tout autant d’éléments pesants (et je ne parle pas de la gestion d’une clinique, même petite) qui usent. Mais il y a en contrepartie les animaux que l’on sauve et les sourires que l’on redonne, les échanges, les caresses et autres ronrons. Est-ce que cela suffit à tenir ? Pas toujours, nous sommes effectivement bien loin de nos rêves idéalistes et irréalistes d’enfants.

 

Mais revenons à Chaleur de bête et froid de canard.

Si les histoires, bien qu’intéressantes et souvent chargées d'émotions, ne m’ont pas toutes passionnée, je dois reconnaître que l’écriture est belle.

Dominique Lange use très souvent d’accumulations (succession de mots ou verbe) qui marque, voir gradue judicieusement son propos d’intensité. Le texte est tonique et ne s’embarrasse pas de discrétion et fioriture, il reste rapide et direct, parfois ponctué d’envolées plus poétiques. Il n’est jamais dénué de sentiments ou d’émotions sous-jacentes et en toute pudeur.

 

Voici un livre qui ne bouleversera sans doute pas les vétérinaires, mais qui devraient satisfaire plus amplement les propriétaires et humains soucieux du bien-être animal.

 

Aux éditions le zèbre volant.

CHALEUR DE BÊTE ET FROID DE CANARD
Tag(s) : #Chronique Littérature
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