Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

PREMIÈRE ANNÉE, une cruelle sélection

Comme son nom l’indique partiellement, Première année retrace les affres et douleurs de la première année d’entrée en médecine marquée à la fin d’un concours (en deux parties) qui déterminera où les « meilleurs » pourront aller. Mieux vous êtes placés et plus vous aurez de chance d’avoir ce que vous voulez en deuxième année (médecine, kiné…) sinon il vous faudra vous contenter des choix restants ou de rien si vous n’êtes pas assez haut dans le classement. Nous suivons donc deux étudiants face à un numerus clausus drastique (qui techniquement devrait disparaître aux dernières infos, encore faudra-t-il trouver suffisamment de place pour les étudiants…).

 

Classe surchargée

 

Le film de Thomas Lilti (Médecin campagne ou Hippocrate) vogue entre la tranche de vie et la dénonciation d’un système sélectif aliénant.

Aliénant, car le travail à fournir (en dehors même des cours) est colossal, laissant peu de place à une respiration salvatrice ou à une vie sociale suffisante. Aliénant, car le système de contrôle (QCM… argh !) teste certes la connaissance immédiatement restituable, mais favorise l’automatisme à la réflexion. Aliénant, car si certains s’entraident (en groupe réduit) la concurrence imposée ne favorise pas l’altruisme et encore moins l’empathie (pour de futurs médecins…).

Pour avoir fait une prépa véto (densité de travail énorme, concurrence, mais au moins un concours fondé sur les connaissances, mais aussi la réflexion), je trouve que le film rend plutôt bien l’atmosphère générale, avec une certaine forme d’exténuation, parfois un burn-out ou un vrai découragement, d’autant lorsque certains, plus doués que d’autres, y arrivent « aisément » alors que d’autres (moi ?) rament pour y arriver. De quoi effectivement attisé certaines rancœurs ou jalousies.

Les fiches, les révisions à tout moment dans sa petite chambre d’étudiant (pléonasme), le challenge, la tension (moins bien rendue dans le film) sont autant de moments qui m’ont renvoyé à mon vécu, réactivant au passage mes cauchemars sur le concours (30 ans après l’avoir eu).

 

Première Année, Antoine & Benjamin

 

Nous retrouvons en duo d’amis de galère, William Lebghil (Benjamin) et Vincent Lacoste (Antoine).

Le premier a tout, issu d’une famille favorisée avec un père chirurgien, Benjamin va prendre conscience qu’il doit bosser, même s’il possède de réels atouts mémoriels. Nonchalant, il a choisi cette voie par défaut et sans doute pour se valoriser auprès d’un père qui n’a que peu de considération pour le dernier de ses trois fils. Un rôle qui convient à W.Lebghil qui réussit à nous faire oublier à 85% de son personnage dans Soda.

Le second, Antoine, triple afin de pouvoir être médecin. C’est l’opposé de Benjamin. Bosseur depuis le début, il ne lâche rien afin d’obtenir une place en médecine. Lui a la vocation, lui a des parents issus d’un milieu social moins favorisé, mais qui soutiennent leur fils unique. À mon sens, bien que bonne, la performance de V.Lacoste (ou la direction d’acteur) est trop modérée. L’archétype qu’il représente aurait gagné à être plus appuyé dans ses émotions, même si le personnage est réservé.

 

Première année

 

Première année est un film intéressant qui nous fait découvrir partiellement, mais de l’intérieur, cette année préparatoire désormais vouée à disparaître sous cette forme. Le film n’est pas forcément prenant, et le destin des deux garçons se révèle sans grande surprise. Il prendra plus aux tripes, les spectateurs qui sont passés par une épreuve similaire et laissera sans doute les autres un peu en dehors de la difficulté physique, mais surtout psychologique de cette année.

PREMIÈRE ANNÉE, une cruelle sélection
Tag(s) : #Chronique Cinéma
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :