Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

GILET JAUNE, ACTE XIX... encore et encore !

Ce matin s’annonce le dix-neuvième samedi en jaune… En jaune, mais aussi en bleu éclats de verre, orange feu, rouge sang et noir casseur. Un combat qui vire à l’entêtement passionnel plus que rationnel.

 

Bien entendu, à son origine et au-delà d’une taxe sur l’essence, le mouvement des Gilets Jaunes a une revendication juste et louable : le pouvoir d’achat de tout à chacun et en particulier des personnes en difficultés qui font pourtant tout pour s’en sortir. Une cause importante et qu’il fallait rappeler à nos dirigeants. Et je dis bien « nos », car même si je ne suis pas un grand fan de Macron, il faut reconnaître que ses prédécesseurs sont tout aussi responsables – si ce n’est plus – de la situation actuelle et de cette fameuse fracture sociale qu’évoquait déjà Jacques Chirac.

Au-delà de cette revendication première, des demandes de tout acabit, souvent irréalistes, voir antidémocratique (comme la démission d’un président élu) sont venus chaotiquement brouiller la donne et ouvrir un peu plus la voix aux extrémistes de droite comme de gauche aux relents révolutionnaires, haineux et sanguinaires. « Pas de Cartier pour les bourgeois » ; pourquoi pas aussi « pendant les tous ! », relent nauséeux d’une vieille LCR. Comme si les gens qui vivaient correctement (dont, non sans travail, je fais partie) étaient responsables de la situation des personnes en difficultés !

Bref, d’un mouvement non organisé et qui le reste, aux revendications légitimes naissait une chimère à plusieurs têtes aux voix discordantes. Admettons…

 

 

Toutefois, derrière le courage de reprendre le Gilet Jaune tous les samedis, de tourner en rond sur les points, de brandir des slogans variés, de retrouver des compagnons de luttes devenus parfois amis d’une année, de marcher sur les pavés de quelques grandes villes au risque de se retrouver mêler aux casseurs et de se faire gazer, il me semble que les Gilets Jaunes se voilent d’une grande illusion :  celle de Joséphine, fameuse Ange Gardienne si Mimi.

En effet, la magie ne baigne pas nos rues et ce n’est pas d’un claquement de doigts que le gouvernement pourra du jour au lendemain rendre le pays suffisamment prospère pour que le niveau de vie redevienne satisfaisant pour la grande majorité… Si c’était le cas, pourquoi les gouvernements successifs ne l’ont pas fait ? Un Clac est des emplois pour tous ? Un deuxième Clac est de l’argent pour tous ? Un autre pour des Services Publics (médicaux, scolaires, transports) ? Encore un pour la désertification des milieux ruraux ?

 

 

Soyons sérieux… Rien ne va changer du jour au lendemain, ni en 1 mois ni en dix-neuf semaines. Donc, mettre l’accent sur un problème, oui. En faire un leitmotiv hebdomadaire en râlant à chaque fois que les choses n’ont pas changé est absurde, même contre-productif.

 

Il ne s’agit pas de relâcher une certaine vigilance, mais laissons au moins le temps de voir si le Grand Débat, aussi parcellaire puisse-t-il être, apporte des directions qui, je le redis, ne donneront pas leurs fruits demain, ni même peut-être après-demain, mais un peu plus tard.

 

 

Quoi qu’en pensent certains nous sommes en démocratie et j’ai très peur que les extrêmes qui se présentent au peuple comme une alternance possible soient bien moins démocrates, tolérants, et potentiellement à l’écoute de tous que notre gouvernement actuel (ou les précédents). Derrière le vernis, une Marine ou un Mélanchon (que j’ai pourtant un temps soutenu) dissimulent, à mon sens, une sévère rigidité qui pourrait être bien plus cadavérique pour le pays que celle d’un Macron.

Donc oui qui dit Démocratie dit gouvernance par un Président légitimement élu par la Majorité. Et là encore, soyons réaliste, nous savons bien que la majorité d’un président en France n’a jamais été de 50%, mais de moins puisqu’il y a – heureusement - pléthore de candidats (contrairement aux États-Unis), elle est donc relative. Rappelons qu’il était devant les autres avec 24,01% suivi de prêt par (Sigh) Marine Lepen, ce qui avait laissé guère le choix à nombreux d’entre nous pour le deuxième tour.

Le principe est d’œuvrer pour le bien de tous, sachant que dans ce tous, il ne sera jamais possible qu’une décision ne contente tout le monde. Il faut donc, tout en prenant en considération l’économie du pays (il ne s’agit pas de faire faillite) satisfaire la Majorité en évitant de trop contrarié les Minorités. Exercice difficile qui engendrera toujours une minorité de mécontents, quelle que soit la décision, même si elle concerne la couleur des fenêtres de l’Élysée. Que ces minorités se fassent ponctuellement entendre, bien sûr, qu’ils veulent renverser la Majorité… Bien sûr que NON.

Or aujourd’hui, après 19 looooooooooongues semaines qu’avons-nous ?

Acte 18 : 32500 manifestants selon les chiffres officiels, soit 0.06% de la population française de plus de 18 ans… Une véritable minorité. Et même si selon Europe 1, 53% des sondés ont encore de la sympathie pour le mouvement (encore faudrait-il préciser quelles revendications ils soutiennent), 55% veulent désormais qu’il s’arrête (sondage Odoxa) et 70% considèrent que le mouvement s’est éloigné des revendications initiales. Et bien sûr 84% (seulement !!) condamnent les violences.

Bref nous continuons à nous éloigner d’un mouvement qui représenterait la majorité et qui perd donc de plus en plus de légitimité. IL serait peut-être grand temps que les Gilets Jaunes évoluent en, pourquoi pas, construisant un (plusieurs) partie en vue des élections locales et générales afin de réacquérir une légitimité républicaine et démocratique.

 

 

Quant aux violences on peut s’étonner que certains ne les condamnent pas et que d’autres encore les trouvent nécessaires. Bien entendu, globalement, elle n’est pas le fait des manifestants, mais de ces fameux Black Bolt, plus anarchistes que politiques, plus vandales que partisans, plus voyous et voleurs que combattants pour des droits. Bref des gens primaires, haineux et amoraux.

Toutefois, il n’y a pas qu’eux. Il est probable qu’ils déclenchent les hostilités, entraînant une riposte que je trouve très (et justement) modérée des forces de Police, riposte qui affecte tous les présents y compris les vrais Gilets Jaunes, embarquant certains d’entre eux, las sans doute, moins sereins ou plus instables à entrer en lice et partir aussi en violence. Les tristes blessés (il y en a aussi chez les policiers) ne faisant qu’attiser une colère latente. Il est possible de comprendre cette contre-réaction des Gilets Jaunes ; cela n’exclut pas de la condamner.

En effet, il me semble logique et naturel lorsque l’on est un manifestant pacifique de rompre le mouvement lorsque la violence commence à surgir (et de ne pas attendre de se prendre un flashball) et laissez le terrain aux casseurs face à la police. Rester sur place est une erreur condamnable. Dans ce cas, il y a tout de même une coresponsabilité des Gilets Jaunes de ne pas dissoudre ponctuellement et momentanément une marche alors que des Black Bolt et autres violents ont infiltré leurs rangs. (ce que j’ai pratiqué lors des rares manifs auxquelles j’ai participé).

Face aux destructions de l’acte XVIII, plusieurs sont choqués que le gouvernement fasse appel aux forces militaires, se fondant sur des propos souvent inexacts attendus de-ci de-là à la radio ou circulant fakement sur les réseaux sociaux. Car oui, les militaires seront là, mais non, ils ne sont pas censés rentrer en contact avec les Gilets Jaunes, mais juste sécuriser certains bâtiments pour libérer les forces de police habilitées à se trouver en contact avec les manifestants et éventuels (mais certains) casseurs. Donc, en tout logique, un manifestant sachant cela n’a pas à aller non plus provoquer un militaire dans des lieux interdits de manifestations. Là encore, faute d’organisation du mouvement, il en va de la responsabilité individuelle de chacun.

 

 

Bien entendu, j’espère que cette journée qui débute va bien se passer… Un fantasme sans doute. J’espère aussi que le Grand Débat va apporter des ouvertures pour le pouvoir d’achats des plus démunis quitte à prélever sur les plus fortunés. Je souhaite également que les manifestations des Gilets Jaunes cessent, mais que ceux-ci trouvent un second souffle en s’organisant en un mouvement politique qui pourrait avoir démocratiquement du poids.

Parfois les rêves deviennent réalité.

Tag(s) : #Mon Avis (pour ce qu'il vaut)
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :