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BATMAN BIMESTRIEL, numéro 1

Dernière chronique de mon triptyque Comics du moment avec le premier Numéro de Batman Bimestriel, en kiosque donc.

 

Batman 50 : le marriage

Pas sûr que la formule « Bimestriel » soit jouable sur le long, voire même sur le moyen terme, d’autant qu’il y a un mois creux sans autres publications en kiosque. À mon avis cela risque d’être dommageable pour la mise en avant des produits Urban Comics. Le choix de Panini pour lutter contre la surcharge financière des publications en kiosques – c’est-à-dire des mensuels, mais publiés uniquement en librairie – me semble plus judicieux pour l’empreinte auprès du public.

Étant un vieux de la vieille, l’esprit comics mensuels reste ancré en moi bien sûr, mais je dois admettre que la mode « albums » qui fleure depuis quelques années est plutôt sympa, permettant de lire un arc en une seule fois sans en perdre l’ambiance avec un mois d’écart. Les albums s’inscrivent plus dans la tradition des BD franco-belges ou des mangas dont chaque volume (en tout cas en France) contient pléthore d’épisodes.

Donc, mon ressenti sur la formule « Bimestriel » est mitigé, entre la perte d’une tradition comics et l’avantage de pouvoir lire 3 à 4 épisodes des 2 séries Batman à chaque fois, plus un récit complet autre.

 

Le bon point de ce numéro 1 est qu’il est plutôt bon.

 

Batman 50
Jim Lee

Il commence fort avec l’épisode 50 de Batman où celui-ci célèbre son mariage avec Catwoman… enfin. Une telle évolution bien sûr ne peut que marquer les esprits. Le scénariste Tom King a jeté les prémices du doute dans les épisodes précédents avec le Joker. Là, alors que le mariage secret se prépare, il nous livre les réflexions de chacun des deux protagonistes, leur amour pour l’autre, le bonheur possible, mais aussi une des essences qui font de Bruce Wayne, le Batman. Ces monologues à cœurs ouverts emmenent les deux amoureux jusqu’à la conclusion inéluctable de leurs passions (au pluriel). Mariage ou pas, vous verrez bien. Le tout est illustré de planches pleines pages mettant en scène nos 2 héros. Pages que l’on doit à une pléiade de talents dont Frank Miller, Neal Adams, Andy Kubert, David Finch, le fantastique Jim Lee ou encore Jason Fabok ou Lee Bermejo pour ne citer que mes préférés.

 

2 autres épisodes de Batman suivent avec les conséquences que le précédent peut avoir sur le comportement de Batman / Bruce Wayne. Un propos intéressant puisque Bruce se retrouve juré d’un procès de Mister Freeze accusé de meurtres grâce aux preuves et déductions de Batman. Là où cela devient passionnant, c’est que si l’ensemble des jurés fait confiance à la clairvoyance du héros de Gotham, Batman, Bruce Wayne doute et remet en cause la possible culpabilité de Freeze. Outre l’homme dans le miroir, Tom King va nous exposer la personnalité de Batman, pas forcément toujours reluisante ni triomphante. Les illustrations de Lee Weeks et la mise en couleur d’Elizabeth Breitweiser apportent un ton polar réaliste convenant au sujet.

 

Batman 51 - 52

 

4 Épisodes de Detective Comics suivent. Si le graphique du premier (Miguel Mendonça) est intéressant par son style qui rappelle les heures sombres de la série le Chevalier Noir avec ses vastes capes et ses oreilles longues et pointues, l’épisode n’a rien de réellement mémorable, les trois autres sont plus intéressants.

 

Batman Bimestriel : Orphan vs Karma
Orphan vs Karma

Scénarisé par Bryan Hill, l’arc met en avant un nouvel adversaire pour Batman, un certain Karma qui posséderait la capacité de lire dans les esprits et qui compte rendre plus fort Batman en éliminant ceux qui le rendent faible, c’est-à-dire ses acolytes. Le propos n’est certes pas totalement nouveau, il avait été déjà mis en scène il y a quelques années lors de l’affrontement « final » face au Joker qui revendiquait aussi une sorte de lien exclusif avec le héros. Mais il est bien traité et se double de l’éternelle question : « peut-on justifier que Batman entraîne dans son combat des adolescents parfois très jeunes comme Richard Garyson à ses débuts ou son propre fils Damian Wayne qui n’a que 13 ans ? » Interrogation que va aussi devoir se poser Jefferson Pierce / Éclair Noir, appelé à la rescousse pour coacher et tenir à l’écart les jeunes partenaires de Batman – mais le veulent-ils ? Là aussi, le plus intéressant reste l’introspection et le questionnement.

 

Nightwing : New Order

Enfin le bimestriel se conclut par l’intégrale de Nigthwing : The new order qui nous plonge dans un futur où Nigthwing a dû faire le choix de trahir les héros en supprimant les pouvoirs de tous les métahumains, devenant ensuite le garant que ceux qui ont été épargnés soient neutralisés. Même si je suis un fan de la première heure de Richard Grayson, je dois dire que ce n’est pas forcément la meilleure histoire qui soit du personnage. Néanmoins, là encore elle a le mérite de ne pas se limite à de l’action. En effet, le scénariste Kyle Higgins nous propose sa vision sur plusieurs questions, dont certaines toujours d’actualités. Outre l’interrogation sur les surhommes – mêmes les héros - ne sont-ils pas le pire fléau de l’humanité, la première réflexion est sur jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour notre sécurité ? Priver de libertés même des innocents potentiellement dangereux par exemple ? Autre questionnement que Dick va devoir se poser : jusqu’où sommes-nous raccords avec nos convictions quand cela nous concerne directement ?

 

Au final, nous avons un premier numéro de bonne facture et il me semble que la pérennité du titre repose sur cette qualité en particulier des récits complets qui vont venir compléter les histoires de Batman.

BATMAN BIMESTRIEL, numéro 1
Tag(s) : #Comics, #DC
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