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LES VETOS,

Bien sûr, il était inévitable que j’aille voir le film Les Vétos ; en voici ma chronique.

 

Nico (Clovis Cornillac) est vétérinaire en milieu rural. Cela fait deux ans que son associé Michel (Michel Jonasz) cherche à prendre sa retraite, sans trouver de repreneur. Usant d’un subterfuge, il piège sa nièce Alexandra (Noémie Schmidt) qui vient de passer sa thèse haut la main faisant d’elle une Docteure-Vétérinaire pour lui « imposer » de venir le remplacer en la mettant devant le fait accompli. Le problème est qu’Alexandra, femme plutôt directe, sans capacité à arrondir les angles, voire presque asociale, se destinait à la recherche et n’avait pas envie de renouer avec une région synonyme d’un passé douloureux. L’apprentissage s’avère donc compliqué.

 

Les vétos

 

Les Vétos est un film plutôt « gentil » qui décline sous la variante vétérinaire, les difficultés de la ruralité et la désertification. Une esquisse pas toujours approfondie des difficultés d’un vétérinaire « rural » avec quelques touches sur les éleveurs (comment rentabilisé un veau vendu 50€ pièce ?).

 

Nico est censé incarner un vétérinaire en milieu rural. De fait, il est plus une image d’Épinal, car la réalité sur le terrain a globalement évolué avec des vétérinaires regroupés en structures plus importantes donc moins de pression et moins d’heures, même s’ils en font encore beaucoup. L’image d’Epinal se poursuit avec une salle d’attente qui va au-delà du vétérinaire mixte, puisqu’il y a chiens, chats, mais aussi un lapin, un perroquet et même un poisson rouge. Belle polyvalence !

 

Les Vétos

 

Il n’en reste pas moins quelques vérités assénées : la pression, la surcharge de travail avec des horaires compliquant la vie de famille, un taux de suicide bien supérieur à la moyenne nationale ou la difficulté pour trouver un remplaçant. Des faits valables en rural, mais aussi en canine. Le film revoit aussi la légende du vétérinaire roulant sur l’or, nous sommes loin de Signes extérieurs de richesse (1983), même si, en moyenne, la profession n’a pas à se plaindre.

 

Intéressant aussi de voir que tous les vétérinaires n’ont pas les moyens ou la capacité d’avoir le dernier cri technologique ni les compétences (donc le temps et les moyens) pour s’y former. Il est aussi amusant de voir les réflexes des nouveaux diplômés de sortir une liste de maladies improbables sur un cas simple… Heureusement dans le film, Alexandra conclut par « ou une simple conjonctivite infectieuse »… oui, commençons par là !

 

Les Vétos

 

Reste dommage qu’il ne semble pas y avoir eu de vétérinaire-conseil pour le film ou alors il n’a guère été entendu. Il serait possible de faire une liste très détaillée tant il y a d’erreurs techniques : stéthoscope placé à l’envers dans les oreilles (impossible d’entendre quoi que ce soit ainsi) ; non ce n’est pas une césarienne qui a de l’être faite à la chienne, mais une simple injection d’ocytocine pour stimuler les contractions utérines (aucune tonte visible) ; chapeau l’intraveineuse d’adrénaline sans tondre une patte particulièrement velue et en piquant à plus de 45° ; réanimé un chien en arrêt cardio-respiratoire si facilement tient du miracle d’autant plus qu’il ne récidive pas dans les minutes qui suivent ; une radiographie ne suffit pas pour voir s’il y a une obstruction des voies respiratoires (scanner ou au moins fibroscopie). Bref le film ne s’embarrasse pas de justesse médicale.

On appréciera la mise en valeur des ASV que ce soit Lila (Carole Franck) et Marco (Matthieu Sampeur) des appuis indispensables techniquement (pas assez exploré dans le film) et humainement aux vétérinaires.

 

 

Après, l’histoire est cousue de fils blancs (de suture ?) et pour Alexandra, elle prend plus racine dans un trauma passé que dans une réelle volonté de ne pas faire de la rurale. Tout ne tourne donc pas autour du métier de vétérinaire.

 

Si ni Michel Jonasz ni Noémie Schmidt ne m’ont convaincu dans leur rôle, Clovis Cornillac est quant à lui parfait, ainsi que Carole Franck et Matthieu Sampeur et sans reproches.

 

Un film sympa qui vous dévoilera quelques  coulisses du métier (il faut vraiment que j’écrive mon thriller en milieu véto), mais qui ne casse pas trois pattes à un canard (ce qui n’aurait pas été très déontologique).

 

 

Et, si vous avez un animal qui agresse facilement les vétos, c’est vraiment plus sympa de nous le dire avant que le sang ne coule…

LES VETOS,
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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