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SCANDALE : peut mieux faire.

Scandale traite d’un sujet qui est d’actualité depuis quelques années, relancé régulièrement par la révélation de nouveaux faits ; il s’agit du condamnable harcèlement que subissent les femmes - ici au travail.

Fondé sur des faits réels, Scandale de Jay Roach met en scène 3 femmes victimes de harcèlement dans le milieu de la télévision. L’une, Gretchen Carlson (Nicole Kidman méconnaissable) sortira de la chaîne et portera plainte. La deuxième, Kayla Pospisil (Margot Robbie), fraîchement arrivée subira les assauts du directeur Roger Ailes (John Lithgow), alors qu’une troisième, Megyn Kelly (Charlize Theron), s’interrogera.

 

Scandale : Nicole Kidman

 

Sujet d’importance s’il en est, il est ici assez bien traité. Le film évite le pathos tout en distillant les éléments de ce traumatisme (pendant et après), l’omerta qui peut y être lié (même venant de certaines femmes), la gêne, la menace de perdre son poste, la progression insidieuse, les sous-entendus qui « laisse le choix » ou plus précisément qui laisse supposer qu’il y a eu choix consenti devant la justice ou les conséquences possibles d’un refus face à des individus très influents.

 

Scandale : Charlize Theron

 

Si les trois actrices principales campent avec force leur personnage respectif, je retiens particulièrement le jeu de Margot Robbie (qui est aussi Harley Quinn). Son embarras, son regard fuyant l’inconcevable, l’obligation ressentie, la honte, la sidération ou la recherche silencieuse d’aide sont d’un réalisme époustouflant. Nous avons là une grande actrice qui touche vraiment le public par l’émotion.

 

Scandale : Margot Robbie

 

Au-delà de l’exposition de harcèlement, le film est loin d’être parfait. Le premier tiers consacré au conflit entre Megyn Kelly et Donald Trump retarde le véritable thème du film, même s’il est question du mépris que l’actuel président des États-Unis peut avoir envers les femmes (en particulier). Voilà qui rajoute une couche sur ces nombreux défauts puisque l’homme apparaît comme un fieffé misogyne. Même si cette attaque contre Trump n’est pas pour me déplaire et si elle pose le personnage de Megyn et sa notoriété interne à la chaîne qui peut rapidement basculer, elle tire le film dans une direction différente.

 

Scandale

 

Après, en voulant trop éviter le pathos, le film reste assez plat et si le spectateur est outré par les pratiques de Roger Ailes et le silence qui les entoure, il est très difficile de réellement s’attacher aux 3 personnages principaux. Seul Kayla tire son épingle du jeu sur ce point, apparaissant comme une femme qui n’est pas qu’un bloc de volonté.
Enfin, le scénario n'appuie peut-être pas assez sur là où ça fait mal. Il ne s’attarde pas assez et passe assez vite sur chaque point évoqué un peu plus haut, si ce n'est la très réussie scène du premier rendez-vous professionnel entre Kayla et Ailes.

 

Un sujet majeur, de bonnes actrices, mais un traitement qui manque de cœur donne une appréciation globale mitigée.

SCANDALE : peut mieux faire.
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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