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HOUSE OF X / POWER OF X... si innovant ?

Nous l'attendions et nous l'avons attendu d'autant plus qu'il a été repoussé à cause de la COVID. Beaucoup de promesses et de révolutions étaient annoncées d'autant que Jonathan Hickman était au scénario, reprenant la main sur l'ensemble des séries X. Sauf qu’à trop nous en contés, nos espérances s’en voient décuplées et donc la déception (au moins partielle) peut être au rendez-vous.

 

Vu les circonstances, il fut difficile de me procurer le n°1 (en commande avec plus de deux semaines d’attente). D’emblé, je suis séduit par le graphisme. Les illustrations me conviennent parfaitement, elles sont dans l’esprit de ce que je conçois pour les surhommes de chez Marvel ou de chez DC. Pepe Laraz et R.B. Silva, aidés de leur coloriste qu’il ne faut pas oublier (Marte Garcia) font le bouleau. C’est clair, c’est compréhensible et c’est dynamique lorsqu’il le faut même si ces premiers épisodes de chaque série ne laissent pas de place à l’action.

 

House of X Tome 1
En intro de la série House : et au final, si nous n'avions pas affaire aux véritables X-Men, mais juste à une folie de plus de Charles Xavier ?

 

Pas ou peu d’actions donc, ce qui ne me choque aucunement, il faut bien que l’histoire se mette en place et celle-ci en a besoin, car d’emblée, elle s’avère complexe et s’étend sur plusieurs époques.

Complexe comme souvent avec Hickman qui, rappelons-le fut, entre autres, l’instigateur de la révolution de l’univers Ulimate avec justement les Ultimates à la fin plutôt médiocre ou de sa main mise sur les Avengers qui avaient abouti à la destruction du multivers dans Infinity. Reboot qui n’avait, de fait servi à pas grand-chose (si ce n’est ramener Miles Morales dans l’univers Marvel d’origine), puisque la Maison des Idées a ensuite tout recréé comme avant (ou presque). Pour ma part, j’avais trouvé son long run sur les Avengers, très longs et très obscurs pendant de nombreux numéros avant un semblant d’éclaircissement à la fin sur le mode : ah, oui, c’est donc là qu’il voulait en venir. J’ai un peu l’impression que nous sommes repartis sur le même mode.

 

Les ajouts techniques et explicatifs pleines pages qui entrecoupent le récit pour nous donner des informations sur la situation sont donc les bienvenus. Tout cela donne un air agréable de littérature de science-fiction (ou à la rigueur de Star Trek pour ceux qui ne lisent pas – Sigh).

De fait Hickman (comme d’autres avant lui) ne s’occupe guère de rendre sa série cohérente avec le reste de l’univers Marvel. Nous subissons un hiatus d’un an minimum puisque la première série se déroule 1 an après les événements des publications « intermédiaires » précédentes. Hiatus, car il est évident que ce même laps de temps ne s’est pas écoulé chez Spiderman ou les Avengers, mais que les séries continueront à se vivre en simultané. En temps que lecteurs de comics depuis quelques dizaines d’années, je ne m’offusquerai pas pour si peu.
Là où ça me dérange plus c’est la personnalité de Cyclope qui semble être retourné à ses sentiments de la période Phénix (donc très extrémiste), mentalité que de nombreux X-Men donc Charles Xavier (revenu dans le corps de Fantomex rappelons-le) semble suivre, voir devancer. Donc basta du mea-culpa de Cyclope et de son retour au rêve de Xavier des deux très courts arcs précédents. re-revirement qu’il faudra expliquer.

 

Cypher et Sage
Cypher et Sage

 

De là ma question, derrière les fleurs de Krakoa, le propos est-il si innovant ? Car le propos est bien celui d’une nation X, comprendre un état mutant sans aucune diaspora.
Cette approche du sujet mutant n’est pas si nouveau car, de mémoire, elle a existé à trois reprise (si j’exclue l’astéroïde M, et l’ère des Mutants qu’avaient engendré La Sorcière Rouge). Il y a eu la Nation X sur Génosha après la chute de leurs oppresseurs humains (et avant d’être rasé par les méga sentinelles de Cassandra Nova), l’île californienne qui n’était guère plus qu’un gros caillou qui s’est terminé sur l’épopée des Phénix avec le meurtre de Xavier par Cyclope/Phénix), mais aussi une nation en terre américaine dans le monde Ultimate.

Voilà donc une nouvelle version de la nation X, selon Hickman sur Krakoa retrouvé, mais un état plus menaçant, imposant sa supériorité aux humains par divers moyens et pas seulement leur puissance. Sommes-nous dans une variante « mauvaise » des X-Men car fascisante, limite avec une mentalité arienne très dérangeante : nous sommes la race supérieure. Le totalitarisme qui les ferait dominer – de juste droit – les homo-sapiens n’est plus très loin ; Magnéto est d’ailleurs l’allié de Xavier and co.

Et puis ne sommes-nous pas dans un remake des inhumains (en mieux) avec cette nation de surhommes (j’entends le peuple inhumain d’origine, pas les néo après le nuage térratogène). Un peuple (retiré), un langage, une culture. Quoi ??? Un peuple, admettons, mais le reste ? Chaque mutant n’est qu’un humain « + » faisant parti de sa propre ethnie avec sa propre culture. C’est quoi cette uniformatisation, bien loin du pluralisme des nouveaux X-Men de 1974 ? Une façon de formater les esprits ? D’ailleurs un langage « secret » aux lettres très futuristes n’est-il pas systématiquement implanté dans les esprits des nouveaux arrivants. Une manière d’uniformiser de force car le langage n’est-il pas à la fois l’expression de la pensée, mais aussi un conditionnement de celle-ci.

Quant aux adversaires... pas d’innovation, puisqu'il semble s'agir d'adversaires récurrents de la mutanité.

 

Power of X
Power of X

 

Ne boudons tout de même pas House of X / Powers of X sur 2 premiers épisodes. Si de nombreux éléments ont déjà été exploités et ne sont pas aussi innovants que Marvel et Panini ont voulu nous le promettre (commerce oblige), notons que la globalité du concept apporte du nouveau et une direction inédite pour les X-Men (pas pour Magnéto et sa clique). Il ne faudrait juste pas que J. Hickman nous noie dans une complexité qu’il semble aimer et qu’il ne fasse pas non plus l’apologie de l’oligarchie (voir pire), des bienfaits de la manipulation génétique ou de la manipulation mentale (ils m’ont tous l’air bien trop heureux…).

 

Laissons donc une chance aux fleurs-portails, aux petits nouveaux comme la gamine verte, la chimère Raspoutine ou le prêtre, mais aussi à d’anciens de retour comme Cypher (que j’adore) ou Sage. Sans oublier le côté SF qui suinte de pas mal de page en particulier dans Powers of X.

Et que vient faire Moira MacTaggert dans tout cela ?

A suivre…

Moira MacTaggert
Moira, premier amour de Charles... Retour dans le passé.

 

HOUSE OF X / POWER OF X... si innovant ?
Tag(s) : #Comics, #Marvel
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