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L'OMBRE DE STALINE : un film glaçant.

Même s’il n’y a pas foule, les Cinémas sont à nouveau ouverts depuis un peu plus de deux semaines… Retour dans les salles obscures avec ma famille.

Il faut bien avouer que ce n’est pas la foule des grands jours (ni des moyens jours), mais il faut aussi reconnaître que l’offre n’est pas encore au rendez-vous. Les films d’ « avant » (avant le confinement) sont ressortis, mais pas de grandes nouveautés et encore moins de blockbusters, et une grande place pour les films enfants.

Il est néanmoins possible de trouver son bonheur et pour cette reprise, nous avons choisi « L’ombre de Staline » qui personnellement ne m’attirait guère.

Et bien j’avais tort.

 

L'Ombre de Staline

 

Nous sommes sans doute en 1933 (peu après l’incendie du Reichstag), Gareth Jones (James Norton), bras droit du Premier Ministre anglais de l’époque (Lloyd George / Kenneth Cranham) revient d’une interview avec la figure montante en Allemagne : Hitler. Il pressent en l’homme une véritable menace, mais personne ne l’écoute. Cet homme intuitif devine aussi un mensonge derrière la richesse apparente de la Russie. Afin de découvrir la vérité, il veut rencontrer Staline. Alors qu’il a été démis de son poste, il se débrouille tout de même pour obtenir un visa de journaliste pour Moscou. Comme tous les autres journalistes présents, il se retrouve coincé à Moscou où il y rencontre le Pulitzer Walter Duranty (Peter Sarsgaard). Découvrant la volonté de Gareth d’aller en Ukraine pour en apprendre plus sur l’or blond qu’est le blé russe, Walter lui déconseille fortement de briser cet interdit et de rester bien sagement à son hôtel. Conseil que Gareth n’a pas l’intention de suivre…

 

L'ombre de Staline

 

Le film débute sur un écrivain célèbre joué par Joseph Mawie dont nous n’apprendrons le nom que vers la fin. Celui-ci écrit un récit animalier afin de faire passer des faits sous la couverture discrète de ces êtres humanisés comme l’a fait avant lui des personnes comme Jean de Lafontaine.

Puis nous enchaînons sur la clairvoyance de Gareth face à un mur d’aveuglement quant au danger représenté par Hitler. L’homme est déjà seul contre tous, mais pas prêt à céder, fort de la vérité. L’accroche est immédiate avec le personnage et l’ambiance générale est très vite posé par Agnieszka Holland réalisatrice (scénario d’Andrea Chalupa).

L’atmosphère et l’image marquent de son empreinte le film. Même dans les coursives du pouvoir anglais ou dans le clinquant de l’hôtel moscovite pour les étrangers, le spectateur perçoit déjà le spectre du secret. En Russie, la tension monte d’un cran ; là aucun geste, aucun mot n’est anodin, car aucun ne semble échapper à la sagacité des agents de l’État qui, tels des vautours guettent le moindre faux pas. Pas de paranoïa, mais des faits et une peur latente chez tous, même les plus gradés.

Puis vient la transition, d’un train autorisé à un autre que Gareth n’aurait jamais dû voir. Les images se ternissent, le gris domine, le sombre ajoute une touche de deuil et de misère. Car le film nous décrit alors la réalité du régime stalinien qui derrière une façade de richesse et d’égalité, épuise jusqu’à la mort son peuple qui crie famine. Une douche froide, plus encore que l’hivers sanglant russe. C’est horrifique, impensable ou quand l’horreur devient si courante qu’elle en devient normale pour ceux qui la vivent au quotidien.

 

L'ombre de Staline

 

Un très bon film, de belle réalisation et avec un acteur vraiment de talent. Tel un Poutine avide, L’ombre de Staline enlisera dans vos pensées quelques effroyables images qui ne sont pas prêtes de vous quitter d’autant plus qu’elles furent la réalité.

L'OMBRE DE STALINE : un film glaçant.
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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