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KROG MACHEROCK ou le petit peuple par Guilhem Méric.

Krog Macherok est certes le fils (un peu grand) de gnomes caillassiers, mais il est aussi le fils de Guilhem Meric (et sa maison d’édition Harmonia) et d’une campagne Ulule à laquelle j’ai participé.

 

L’auteur de la trilogie Myrihandes, s’est lancé dans l’écriture dans ce qu’il qualifie lui-même et à juste titre de roman éco-féerique. Roman jeunesse (9-12 ans à première vue), il peut - comme souvent - s’adresser à une tranche d’âge plus large. Certains termes utilisés ou problèmes évoqués (les pesticides), sans bloquer la lecture des plus jeunes, les interrogeront sans doute les faisant se tourner vers leurs parents pour quelques explications. Néanmoins, l’histoire est suffisamment prenante et fluide pour qu’ils puissent la lire avec plaisir sans ces éclaircissements.

 

Dès le premier chapitre, la vie de Krog est bouleversée lorsque les grottes de son clan sont détruites par les activités humaines. L’auteur nous cueille donc tout de suite par des événements forts. Il ne nous lâchera pas par la suite en enchaînement les découvertes, les nouveaux personnages et les menaces.

 

Recueilli avec son frère Fankou par Ruggur Troquepigne, son oncle et chef du clan des Feuillus en contact avec le monde extérieur, Krog va être plus mal considéré que les autres caillassiers survivants du fait de ses traits physiques qui le mettent à part des autres gnomes, y compris de ceux de son clan d’origine. Rebelle esseulé, il va découvrir l’extérieur et croiser Naïri, une dryade qui s’amuse à tromper les humains. Ces fameux humains causes des malheurs du petit peuple vont très vite se révéler sous deux aspects : Alix fille de vignoble et Rod le commercial de pesticides… Deux opposés.

 

Mais Guilhem ne tombe pas dans la facilité du gentil peuple féerique et du méchant peuple humain. Chez les premiers tous ne sont pas aussi vertueux qu’il n’y paraît et de l’autre l’auteur nous trouve quelques excuses à notre conduite délétère pour la Terre, telle la nécessaire survie des nôtres (survie qui passe par l’argent).

Bien sûr, Meric pose derechef la destruction des sols pointant la responsabilité sur les hommes (puis certains hommes seulement). Le sombre cycle pesticide/engrais/épuisement des sols est condamné pour une culture à l’ancienne plus respectueuse (mais est-elle assez productive pour nourrir notre surpopulation ? Il n’évoque pas ce problème). Il évoque aussi l’emprise des producteurs de ces produits et aussi de leur mainmise sur les éleveurs, parlant même des plans stériles (qu’il faut racheter tous les ans).

Nous sommes donc bien dans une fable écologique, mais aussi féerique tant son petit peuple est intéressant. L’auteur ne nous bombarde pas des mille et un peuples différents, il se contente de trois, mais les rend complémentaires et intéressants. Difficile de dire celui que je préfère.

 

Krog Macherock

 

À l’image de ces peuples et humains qui ne sont pas faits d’un même bloc, chaque personnage n’est pas d’un caractère monolithique. Krog est bon, mais il a ses colères et ses impulsions qui noient parfois sa raison. Naïri a son petit caractère teinté de jalousie. Brazz est plus neutre, mais riche en problèmes familiaux comme la majorité des protagonistes principaux y compris Alix. La relation entre Krog et son frère Fankou est, elle aussi, intéressante.

 

Bien entendu, Guilhem nous a concocté quelques secrets, révélations et coup de théâtre qui rythment la lecture.

 

Pour finir un petit mot sur les illustrations (et marque-pages) de Cyril Barreaux. Elles sont très belles, il n’y a pas à dire. Si l’aspect de Krog, pas assez gnome à mon goût, me gênait au départ, avec la lecture cette gêne a disparu. Au final, c’est peut-être le visage trop humain de Brazz qui me dérange, mais il est tellement bien fait que ça passe.

 

Une lecture, peut-être un peu trop « jeunesse » pour moi, mais qui dans cette catégorie est plutôt bien fait et plaisante, accrocheuse même. L’histoire se clôture tout en laissant quelques portes ouvertes… Qui sait si l’auteur n’a pas des suites en tête.

 

Et quant à la fleur de pissenlit de la couverture, croyez bien qu’elle n’est pas là par hasard.

 

Krog Macherock Pissenlit

 

Avant ma note... très subjective bien sûr, pensez à vous abonner à mon blog et à le partager.

KROG MACHEROCK ou le petit peuple par Guilhem Méric.
Tag(s) : #Chronique Littérature
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