Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

ENVOLE-MOI, décollage raté...

Sur le papier Envole-Moi avait tout pour me séduire : une comédie douce-amère sur fond de discours social ; réflexion et détente.

 

Envole-Moi

 

Marcus (Yoann Eloundou) est né malade. Atteinte cardiaque et rénale doublée de douleur ostéomusculaire quasi permanente et intolérable. Une espérance de vie limitée, mais il se bat coup de médicaments, avec l’amour de sa mère Maïssa (Marie-Sohna Condé remarquable) et le soutien d’un médecin le Docteur Reinhard (Gérard Lanvin parfaitement casté). Sauf que le gamin n’en peut plus et décide d’arrêter les médicaments. Face à cette déprime, Reinhard embauche son fils qui vit de fêtes, d’alcool,  d’inconscience et sans aucun projet de vie comme malade-siter ou coach de vie. Thomas (Victor Belmondo) débarque donc dans la vie de Marcus avec la carte bleue du papa pour tenter de redonner le sourire à l’ado en perdition…

 

Et c’est là que le bât blesse ; le film ne tient plus la route (et pourtant c’est inspiré d’une histoire vraie).

Marcus est censé souffrir en permanence… Or il n’en est jamais question en dehors de ces rares crises.

Marcus est censé être déprimé. Son attitude souriante et joviale ne change pas d’un iota du début à la fin du film si ce n’est une fois où il craque (pas totalement convainquant tant le scénario passe vite à autre chose).

Marcus et Thomas s’apprivoisent en un clin d’œil, malgré le gouffre social qui les sépare ainsi que le gouffre psychologique. C’est comme si Thomas acquérait en un instant une conscience et renoncer aussitôt à sa vie de patachon.

Marcus est embarqué dans un monde de fric qu’il kiffe bien sûr, même si cette amitié ne semble pourtant pas reposer sur l’argent et ce qu’il peut offrir, bien que Marcus soit issu d’un milieu modeste.

Bref, toutes ces incohérences desservent grandement le film et son message. On n’y croit pas. La maladie de Marcus en devient factice comme une sorte de prétexte scénaristique.

Mal joué ? Peut-être pas, mais sans doute une mauvaise direction artistique par le metteur en scène Christophe Barratier qui a sans doute voulu éviter de tomber dans le pathos.

 

Envole-moi

 

Maintenant, il n’en reste pas moins quelques scènes fortes et prenantes : quand Marcus craque, quand Thomas confronte son père à son statut de « père » justement. Maria-Sohna Condé se fond dans cette mère courageuse et positive qu’est Maïssa. Quant à Yoann Eloundou, il doit encore faire ses preuves dans un registre d’émotions plus subtiles.

ENVOLE-MOI, décollage raté...
Tag(s) : #Chronique Cinéma
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :