Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

SHANG-CHI ET LA LEGENDES DES DIX ANNEAUX

Suite de ma série « supers », avec le film Shang-Chi et la légende des dix anneaux, sorti au cinéma il y a peu. Il fait partie de la nouvelle ère du MCU (Marvel Cinématic Unverse) et est peut-être le point de départ du nouveau fils rouge avec ce qui pourrait se cacher derrière cette histoire (ne pas rater les bonus du générique de fin).

Supers, dis-je ? Sur le papier le héros n’a rien de super, pas plus qu’un Punisher et ou un Batman, c’est-à-dire un homme sans pouvoirs, mais qui est un maître dans plusieurs arts martiaux, avec armes blanches ou à mains nues.

 

Shang Chi

 

Au début du film Shang-Chi sous le nom de Shaun (Simu Liu) vit une vie très ordinaire et plutôt désinvolte aux États-Unis en compagnie de sa meilleure amie Katy (Awkwafina) qu’il connaît depuis 10 ans. Et puis tout bascule lorsque son passé refait surface avec l’attaque de Razor Fist (Florian Munteanu) et des hommes des Dix Anneaux. De fait, Shan-Chi a connu ce groupe « d’assassins-ninjas » puisqu’il est dirigé par son père Xu Wenwu (Toni Leung Chiu-wai aux faux airs de Richard Berry) et possesseurs depuis fort longtemps des dix anneaux de pouvoirs. Cet homme, parfois surnommé le Mandarin possède un empire secret, mais il veut plus encore, ce qui va l’opposer - entre autres - à son fils.

 

Shang-Chi : le maître d'arme

 

Cette opposition agrémente le film de nombreux combats martiaux. En toute objectivité, ils sont plutôt bien rendus. Lisibles et dynamiques, ils confrontent un ou de multiples protagonistes les uns contre les autres, souvent à mains nues, parfois avec des armes asiatiques. Même si chaque combat innove un peu, il y a quand même un effet répétition qui peut lasser ; une impression « d’un peu trop toujours la même chose » à la sortie du film.

 

Shang Chi : Xu Wenwu vs Fala Chen

 

Si l’un des premiers combats opposant Fala Chen (Jiang Li) et Xu Wenwu nous tire vers la beauté des affrontements à la « Tigre et dragon », celle-ci s’estompe dans les suivants plus classiques. Un peu déçu de ce point de vue, mais ravi de retrouver de nombreux mouvements de Tai-Chi (dont je suis un modeste pratiquant) tout au long du film.

Le scénario oppose très clairement ce style dit « intérieur », qui ne se fait pas en force, mais use de celle de l’adversaire et agit en fluidité à celui dit « extérieur » de type karaté davantage en puissance, saccadé et « agressif ». Bref il oppose la mère au père, le yin au yang, déchirant Shang-Chi entre les deux qui doit pourtant en être le trait d’union pour parfaire son art. Ce d’autant plus que son père possédant les dix anneaux est devenu en quelque sorte, un « super ».  Notons au passage la magnifique réinvention des Dix Anneaux et de leurs pouvoirs qui nous offre de sublimes capacités de combat ; une très belle trouvaille qui, au passage, permet de faire entrer Shang-Chi chez les supers.

 

Shang Chi : les anneaux

 

La dichotomie se retrouve également dans les deux mondes, celui moderne de Xu Wenwu et celui traditionnel et emprunt de magie et de créatures fantastiques du folklore chinois. C’est le domaine de Fala Chen et des siens parmi lesquels Jiang Nan incarnée par la fabuleuse Michelle Yeoh (justement dans Tigre et Dragon , entre autres). Un choc des cultures, une plongée en fantasy presque surprenante dans le MCU (presque… il a tout de même les créatures nordiques).

 

Shang Chi : Kitsune

 

Contes nippons

Si vous voulez en découvrir beaucoup plus sur les kitsune, Kirin et autres Yokaïs dévorer sans attendre l’anthologie Contes nippons (aux éditions Kelach avec une de mes nouvelles).  Dans cette partie du film, il aurait été plaisant que l’affrontement mette un peu plus en scène les « figurants » dont les combats sont un peu relégués à l’arrière-plan de celui que mène Shang-Chi.

Cette chevauchée fantastique permet aux créateurs d’effets spéciaux et aux designers 3D de se lâcher admirablement.

Certes, le scénario n’a rien de tonitruant quant à ce conflit père/fils, presque œdipien même s’il s’ajoute de quelques évolutions quant aux motifs du Mandarin et des flash-back  permettant de découvrir le passé de Shang-Chi et ses interrogations morales.

L’humour est présent, sans être omniprésent, plutôt sympathique à travers Katy qui est heureusement plus un sidekick (une partenaire de second plan) qu’un faire-valoir. La présence de Ben Kingsley reprenant le rôle de Trevor Slattery me laisse interrogateur. Est-ce bien vu pour répondre à la question du « qui est la Mandarin ? » ou est-ce un peu trop ridicule ? À chacun son opinion.

 

Shang Chi : Le mandarin ?

 

Au final : un film agréable, dynamique, visuellement agréable, où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer. Un traitement du Yin et du Yang par différents angles, et même un peu du Tao. Un duo Shang-Chi / Katy attachant. De bonnes surprises. Un peu trop de répétition de « kung-fu ». Pourquoi pas ?

A éviter si vous ne supportez pas les arts martiaux !

 

Sang Chi : Comics

 

Mais qui est le père de Shang-Chi ? (sans rien divulguer du film).

C’est une question double.

Si ce vingt-cinquième film du MCU est réalisé par Destin Daniel Cretton, les créateurs du personnage comics sont Steve Englehart, Al Migrom et Jim Starlin en 1973. Marvel et en particulier le génial Stan Lee n’ont jamais raté une occasion d’être dans le vent de l’époque et à cette époque les arts martiaux avaient le vent en poupe avec les films de Bruce Lee (1940-1973) ou la série Kung Fu (dès 1972) avec David Carradine (1936-2009).

 

Fu Manchu

 

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que pour le passé du personnage et en particulier son père, ils se sont inspirés de Fu Manchu et de son empire (le fameux « péril jaune » de l’après-guerre qui faisait recette aussi dans les comics) créé par le romancier anglais Sax Rohmer. Mais Marvel ayant perdu les droits sur le personnage, ils ne pouvaient plus utiliser le nom de Fu Manchu, aussi le personnage a-t-il été évoqué sans être nommé directement pendant longtemps avant d’être rebaptisé un temps Zheng Zu dans les comics et Xu Wenwu dans le film.

 

Shang Chi

 

Dans le film, Xu Wenwu et son empire d’assassin secret font directement penser à la Ligue des Assassins de DC et à leur mentor Ra’s al Ghul créé en 1971 par le trio Julius SchwartzDennis O’neilNeal Adams. Eh oui, avant Shang Chi, mais après Fu Manchu, car si ressemblance il y a entre les deux organisations c’est que ce trio c’est aussi directement inspiré de Fu Manchu !!

On pourrait compliquer les choses sur le père de Shang Chi en parlant du Mandarin, personnage auquel il est identifié dans le film, d’autant plus qu’il porte 10 anneaux. Rien à voir avec le rôle de Ben Kinsley dans un Iron Man 3 qui avait fort déçu les puristes du personnage.

 

Le Mandarin


En effet dans les comics, le Mandarin et le père de Shang Chi n’ont rien à voir et sont deux personnages « totalement » différents. Dans les comics, c’est le Mandarin qui possède 10 anneaux, non pas des bracelets comme dans le film, mais des bagues qui ont chacune un pouvoir propre (feu, glace, vente, énergie…). Ennemi essentiellement d’Iron Man, ses bagues n’ont rien de magique, mais sont les sources technologiques d’énergie d’un vaisseau extraterrestre. Ces êtres ont l’apparence de dragons géants ; le représentant connu dans les comics est Fin Fang Foom (créé par Stan Lee et Jack Kirby en 1961 – grande époque des monstres dans les comics). A priori rien à voir avec les anneaux de 10 anneaux du film…

 

Fin Fang Foom

 

Fin du rappel, vous pouvez vous abonner à mon site, commander Conte nippons, puis reprendre votre vie !

SHANG-CHI ET LA LEGENDES DES DIX ANNEAUX
Tag(s) : #Chronique Cinéma, #Marvel
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :