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THE BATMAN : un héros renouvelé.

Bien évidemment je ne pouvais pas passer à côté de The Batman, même sans la présence de Richard Grayson…

En toute honnêteté la bande-annonce m’avait laissé très perplexe. La scène de la Batmobile (moins excentrique que d’habitude) passant un mur de feu et un Batman à l’envers marchant vers la voiture retournée de celui qu’il poursuivait avait un côté étrange, quant à Robert Pattinson, qui fut un vampire désolant, il n’avait pas la prestance d’un Bruce Wayne milliardaire, play-boy et philanthrope, même s'il pouvait le faire en Batman.

 

Bruce Wayne

 

De fait, dans cette version, il n’est pas le Bruce Wayne que l’on connaît. Dans cette version, cela fait 2 ans que Bruce Wayne est devenu Batman, il a acquis une certaine notoriété, une reconnaissance d’une partie de la police dont le Lieutenant James Gordon et déjà réussi à instaurer la peur dans le cœur des criminels comme le démontre très bien la scène d’introduction du film.

 

The Batman

 

Ce Bruce Wayne est bien entendu marqué par la mort de ses parents (le film nous épargne de rejouer cette scène hyperconnue) et au final ne vit plus que pour faire régner la justice ou tu du moins l’ordre, voir une forme de revanche, peut-être même une forme de vengeance qui le perd dans son rôle de Batman. Comme le fait remarquer très tôt dans le film Alfred Pennyworth, Bruce Wayne n’existe plus. Le film nous aide très vite à nous mettre dans cette optique et du coup, Robert Pattinson entre bien dans cette version de Bruce, lugubre, plus solitaire que jamais et se fichant de la Wayne entreprise, ce qui d’évidence est un ressort de cette nouvelle série de Batman et de l’évolution possible du personnage. Bruce n'est que l'ombre de Batman qui devient la véritable personne, le masque n'est pas celui que l'on croit.

 

 

Judicieusement, le réalisateur Matt Reeves place cette interprétation limite de Wayne dans un Gotham plus sombre que jamais, car plus réaliste. Le film s’éloigne ainsi de l’image classique du superhéros (même dans la majorité des Comics dédiés à Batman) pour flirter avec celle du thriller policier sombre, presque un petit air de Seven (en bien moins trash). Pour se faire, il rapproche du réel les ennemis traditionnels de Batman. Avec un accoutrement plus sobre, The Riddler (Paul Dano) devient un psychopathe d’autant plus effrayant qu’il est loin d’être haut en couleur ; un personnage glauque tout comme ses actes. Son obsession le rapproche énormément de Batman, comme les deux faces d’une justice extrême. Quant au Pingouin, incarné par Colin Farrell, il s’apparente à un mafieux à l’ancienne et s’éloigne du Pingouin de la série Gotham (par l’excellent Robin Lord Taylor) et plus encore du mémorable numéro de Danny DeVito dans les « premiers Batman » de Tim Burton (avec l’irremplaçable Chris O’Donnel en Richard Grayson). Même Selina Kyle a le droit à un relooking vers plus de réalisme. Le personnage et d’ailleurs un mixte entre Catwoman et (spoil pour les connaisseurs) Huntress.

 

Batman et Selina Kyle

 

Notons au passage que c’est Zoë Kravitz (fille de Lenny Kravitz) qui incarne la féline et que c’est Jeffrey Wright qui incarne Gordon (caucasien roux dans les comics).  Deux changements qui ne posent pourtant aucun problème ; les personnages passent sans problème avec une réelle évidence et une fluidité totale. La qualité des deux acteurs participe certainement à ce naturel. J’ai eu plus de mal avec Andy Serkis dans le rôle d’Alfred sauf peut-être à un moment clef entre lui et Bruce où il prend l’ampleur d’un Pennyworth.

 

Alfred Pennyworth

 

Loin d’un Gotham hypergothique, la ville du Bat se teinte également de réalisme en nous plongeant dans des bas-fonds ordinaires, sans les codes parfois classiques des comics. Le film est sombre au sens propre comme au sens figuré. L’obscurité et la pluie dominent l’écran ajouté d’un ton chargé d’un rouge délavé et souffreteux.

 

James Gordon & Batman

 

La musique de Michael Giacchino emporte le film vers des hauteurs inattendues, véritable chef d’orchestre des émotions et du rythme, démontrant une fois de plus qu’une bande-son qui colle au film et à son atmosphère est cruciale.

 

The Batman

 

En conclusion, chaque élément se combine parfaitement et la recette prend, elle prend même très bien. Le film m’a scotché. Nous restons dans l’univers mature et sérieux qui est une marque majeure de DC, s’opposant ainsi clairement à Marvel. Une revisite de la légende du Batman, comme cela a pu l’être parfois dans les Comics. Un rapprochement vers le réel

THE BATMAN : un héros renouvelé.
Tag(s) : #Chronique Cinéma, #DC
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