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VIRTUELS Tome 2 : Du requiem de Bayes.

Waouh ! Voici un tome 2 qui conclue à merveille Virt(u)els.

L’auteur, Rodolphe Le Dorner nous avait déjà embarqués dans son double univers avec de l’Homo avatar, le premier tome, il nous emporte complètement dans un tourbillon de suspens et de révélations dans du requiem de Bayes.

Pour rappel, l’histoire se déroule dans un futur proche dans lequel le Russe Sergeï Ismanov a réalisé le rêve de milliards de spectateurs : pouvoir plonger dans un événement que l’on suit en direct et ainsi, via un avatar virtuel s’y déplacer à loisir (mais sans interactions possibles et sans voir les autres avatars) en lieu et place des caméras (être sur le terrain, dans les vestiaires, dans les gradins, etc.). Sauf que le rêve devient cauchemar. En effet lors de la première qui coïncide avec les JO, au moment où le milliardième visiteur se connecte, le système plante et emprisonne ce milliard d’humains de toutes nationalités et âges dans l’ordinateur dans ce qui n’est qu’un stade virtuel.

Dans ce vide, nous suivons Quentin, un compositeur et nous découvrons quelque temps plus tard qu’une société s’est développée en particulier grâce à des psychokinésiste qui peuvent modeler la matrice informatique de leur non-réalité. Sauf que deux clans se sont créé : à l’Ouest, ceux qui veulent revenir dans leur corps sous la direction de Béatrice, à l’Est ceux qui veulent rester dans ce monde meilleur et qui sont sous l’hégémonique Elias. Quand Béatrice soupçonne Elias de préparer quelque chose d’énorme, c’est Quentin qui s’y colle pour aller découvrir quoi.

Dans la réalité, alors que les années passent et que les corps catatoniques ont été regroupés dans des instituts de survies pour la majorité ou rester chez eux pour les plus fortunés, le monde s’est délité et des gouvernements se sont écroulés. En France, des opportunistes ont pris le contrôle de vastes territoires en devenant les Ducs. Les lois sont bafouées, la corruption et la terreur dominent. Dans ce marasme, Léonie, compagne de Quentin, membre d’une agence de sécurité et soutenue par le Duc de Paris, seule personnalité de confiance, tente de retrouver coûte que coûte Sergeï, disparu le jour même de l’Événement et seul homme capable de comprendre le Projecteur Virtuel et donc de l réparer pour faire revenir les Virtels dans la réalité. Mais là aussi de nombreux obstacles se dressent entre elle et Sergeï, ne serait-ce que les Gardiens (dont la majorité des Ducs) qui ne veulent pas revenir à la société d’avant.

 

Autant que cela fut possible, j’ai dévoré ce tome 2, rageant à chaque fois qu’une obligation m’imposait de reposer le livre.

Rodolphe qualifie avec justesse son roman de SF technothriller. Alors que dans le tome 1, il nous embarquait grandement dans les tensions du monde virtuel, dans le 2, c’est dans la réalité que la tension et les révélations sont les plus puissantes, même si Quentin n’est pas en reste.

Si le récit est peut-être trop découpé en cours chapitres (pratique néanmoins lorsque l’on doit s’interrompre à tout moment et nécessaire à la logique Binaire de la numérotation des chapitres), le découpage des parties est d’une intelligence foudroyante, tenant en haleine le lecteur, ce d’autant plus que le récit continue à alterner entre les deux mondes.

L’explication « technique » du principe du Projecteur Virtuel nous est enfin exposée. Pas forcément si complexe que cela, elle n’en reste pas moins pas simple, encore moins pour ceux qui n’ont guère aimé les probabilités. Néanmoins, il est tout à fait possible de ne pas se prendre la tête à vouloir décortiquer ce principe et de profiter pleinement de l’histoire. Il en va de même pour le code cryptographié… Pour le coup un tableau noir sur blanc aurait été le bienvenu, mais là encore, on peut admettre la solution sans en visualiser la résolution.

Bref, montage parfait, suspens plus qu’accrocheur, personnages attachants, belle écriture, intelligence de la technologie et du propos. Tout y est.

Quant à la fin… et  bien, je ne m’y attendais absolument pas, mais elle m’a ravi…

En bonus, outre une courte interview de l’auteur, une nouvelle inédite qui revient sur un événement se déroulant dans le tome 1 et de son protagoniste principal. Très intéressante, car elle permet d’en savoir plus sur les corps des Virtels et les Gardiens sans parler d’une chute remarquablement trouvée.

 

 

Je ne me permets pas de mettre de note aux parutions Kelach puisque je suis partie prenante, mais passer à côté de cette duologie serait une erreur !

Tag(s) : #Chronique Littérature
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