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Edo est Guerre, le Cavalier Rouge, le deuxième précurseur de l'Apocalypse auquel Eli Esseriam s'essaye avec brio.

 

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Edo Haliloviƈest un adolescent de 17 ans, bosniaque d'origine, censé être musulman, ayant échappé à l'âge de deux ans avec ses parents aux génocides de Sebrenica (6 à 8000 hommes et adolescents massacrés en avril 1992).

Réfugié en France, il vit dans un bidon ville aves ses parents, Sanja aussi maternelle qu'une pierre, Zlatan alcoolique et violent et son petit frère Anel qui est son rayon de Soleil et sa seule raison de vivre.

Bien sûr, il va au lycée, une façade mais aussi une nécessité pour que ses parents continuent à toucher les allocations familiales. Cet impératif l'obligera même à accepter d'aller voir un psych-ologue Leidecker Noël (le bien nommé ?) et à se faire aider par des camarades dont la pieuse Noëmie et le solitaire Raphaël.

 

Cependant, comme je le disais tout cela n'est qu'une façade car Edo est un monstre froid dont la vie familiale et miséreuse ne suffit pas à justifier les actes. Edo participe à des combats à mort, art de l'assassin dans lequel il excelle sans une once de remords.

Bien sûr il a une autre circonstance atténuante car c'est un tueur né. Tout comme Alice (le  Cavalier blanc), il est prédestinée à être un Cavalier de l'Apocalypse. Pour cela Dieu / Allah (peu importe son nom) lui a octroyé des capacités physiques hors normes ainsi qu'un pouvoir empathique des plus intéressants... sans parler du reste.

Mais est-ce une excuse suffisante... et le libre-arbitre car, finalement, il sembleriat que celui-ci existe.

 

Comme on s'en doute dès le départ (et surtout après avoir lu Alice), on ne peut que se dire que tout cela va tourner au vinaigre, drames à l'horizon pour lui, ses congénères, voir ses proches. On frissonne d'avance pour eux.

On attend cette cicatrice déjà évoqué dans Alice comme une révélation ou un point d'orgue et le lecteur n'est pas déçu.

 


 

Après l'excellence d'Alice on pouvait redouter une redondance ou un soufflet qui retombe un peu. Loin de là, l'auteure réalise encore un roman des plus captivants (désolé pour le superlatif, mais je vais avoir du mal à faire sans).

Certes on retrouve un personnage détaché des autres, froid et d'un cynisme effrayant vers une vie qui ne l'a pas gâté, mais la comparaison entre Edo le voyou et Alice la petite bourgeoise au QI hyper développé s'arrête là.

 

L'écriture d'Eli Esseriam s'adapte à la personnalité de ses personnages qui sont aussi les narrateurs. Peut-être, peut-on s'étonner parfois de certaines références d'Edo qui me semble plus être de ma génération que de la sienne, mais ce n'est qu'un détail. On retrouve un texte parfois très saccadé (utilisation de phrases nominales très courtes) qui est un vrai régal et qui convient au déroulement de la pensée rapide d'une personne.

 

Si Edo est un antihéros et un tueur qui, normalement, ne devrait pas engendrer la sympathie d'un lecteur normalement constitué, Eli Esseriam réalise encore l'exploit de générer cette empathie que nous avons pour lui (sans qu'Edo n'intervienne....). Par petites touches, elle nous dévoile le cœur blessé derrière la carapace de froideur, et on en vient clairement à souhaiter qu'il s'en sorte, pire que les Cavaliers achèvent leur mission avec succès, ce qui engendrerait l'Apocalypse avec nous dedans (sauf pour 144 000 milles âmes) !

 

En bonus, l'auteure lève le voile sur "et si l'Apocalypse n'avait pas lieu". Oh, trois fois rien, mais suffisamment pour modifier notre perception de lecteur sur l'ensemble de cette série. A vous de le découvrir.

 

Autre idée intéressante, l'astuce trouvée pour dévoilée à Edo sa condition, sans dupliquer celle utilisée pour Alice.

Et enfin, cerise sur le gâteau, la dernière partie qui complexifie la tâche des Cavaliers et l'intrigue de la série, lui donnant un souffle supplémentaire, un intérêt de plus, remettant aussi en perspective la conclusion d'Alice.

 

Bref, Edo tient toutes ses promesses et plus encore.

Si, en 2013, vous n'aviez qu'une série à lire ce serait bien sûr....  le Cycle de l'Eveil   et si vous en aviez deux, ne passez pas à côté d'Apocalypsis !!

 

Editions Matagot , collection Nouvel Agle =>  lien.

 

Tag(s) : #Chronique Littérature
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