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Qu’est ce que Criminal Loft ?

Entre thriller et polar,  ce roman met en scène la téléréalité en poussant le concept à son extrême.

 

Nous avons huit condamnés à mort en attente de la sentence à qui télévision va offrir une dernière chance, une grâce télévisuelle en quelque sorte. En effet, une chaine organise un «loft » avec ces huit détenus. Chaque semaine le public votera pour exclure un des candidats à la vie pour ne laisser, au final, qu’un gagnant qu’ils considéreront « apte » à la réhabilitation.

Mais ici, pas salon luxueux aux couleurs flashis, pas de chambre commune, ni de piscine, nous sommes dans les locaux abandonnés du réputé hanté sanatorium de Wavery Hills. Rouille, décrépitudes et tunnels glauques sont au rendez-vous ainsi que jardin en friche. Même le dortoir sympa, lieu de tous ébats, est remplacé par des cellules individuelles pour raison de sécurité au cas où les gentils candidats voudraient s’entretuer. Quant à la douche… !

Pas d’activités ludiques non plus, au programme, pas grand-chose à faire si ce n’est quelques confrontations avec soi-même, ses actes et pourquoi pas ses remords. Le confessionnal est là.

 

Tout pourrait être rose pour Léonard, Wallace, Michael (le Français), Lynda, James, Terrance ou John, si, en plus de leurs instincts sanguinaires et de leurs psychoses, il n’y avait pas l’étrange sauvagerie du jeu et le mystère entourant Waverly Hills ; le sang ne va pas tarder à couler.

 

 

Un esprit chagrin pourrait vous dire que ce Loft est trop extrême et donc irréaliste. Espérons-le ! (Mon seul bémol sera que, deux gardes me paraissent peu vu la bande d’assassins). Cependant c’est l’apanage d’une fiction de nous emmener au-delà du possible, et l’auteure, en profite pour explorer cette téléréalité qui, me semble-t-il (mais je ne suis pas un expert), nous emmène de plus en plus bas.

Si l’histoire reste le propos essentiel, Armelle Carbonelle nous renvoie donc nos plus vils désirs de voyeurisme, soif de sang et de psychoses. Pour que programme télé il y est, téléspectateurs il doit y avoir. Le débat reste posé, la télé doit-elle assouvir tous les instincts, même les plus vils de ses spectateurs  ou doit-elle s’autocensuré ? En tout cas, ici, le programmateur ne leur épargne rien. L’audimat explose, même s’il n’est pas le seul moteur de cette histoire.

 

Outre son écriture fluide et agréable, l’auteure nous fait le plaisir de faire évoluer son roman au fur et à mesure qu’elle distille de nouvelles informations.

Nous démarrons clairement sur le principe de la téléréalité (voix off, mise en place, quotidienne et prime-time), voguons ensuite sur les rives du polar avec enquête à la clef, frayons avec le paranormal, sans oublier l’introspection et les révélations finales.

 

Il faut bien le dire, A. Carbonel nous mène savamment par le bout du nez, soufflant suffisamment le chaud et le froid pour nous perdre. Lecteurs-enquêteurs que nous sommes, espérant résoudre les mystères avant les dernières pages, nous nous faufilons dans la moindre faille habilement ouvertes par l’auteure pour arriver à des conclusions que l’ont réfutera plus tard, avant de s’y rattacher à nouveau… ou pas. Bref l’intrigue tient jusqu’au bout.

 

Machiavélique, le roman est écrit à la première personne, le narrateur-héros n’étant autre que l’un des criminels-candidats, j’ai cité John. Nous voilà plongé dans sa vision des choses et, bien pire, dans son esprit pervers. Comme pour les autres, nous découvrirons aussi ses crimes, mais pour lui, ce sera de l’intérieur (si je puis dire), pas devant notre écran comme pour ses pairs du loft.

 

Certes, je ne suis pas un expert ni des thrillers, ni des polars, ni des séries à la « expert » et encore moins de la téléréalité, je me permets tout de même de dire que Criminal Loft est un livre passionnant.

 

Criminal Loft d’Armelle Carbonel chez The bookedition (alors qu’il mériterait un vrai éditeur). => ICI <=

 

Du même auteur sur mon blog : Les Marais Funèbres.

 

 

Tag(s) : #Chronique Littérature
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