Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 
A l’image de la trilogie pour adolescents de Suzanne Collins, le film Hunger Games est le premier d’une série de trois films.
Hunger Games- affiche
 
Dans cette dyschronie, le monde (ou ce pays) est séparé en deux parties : d’une part, la riche capitale, lumineuse et flamboyante, d’autres part, les districts, laborieux et pauvres (on ne sait pas s’ils ont tous le même niveau de pauvreté).
 
Il y a fort longtemps, ces 12 districts ont fomenté une révolte contre l’autorité. Le soulèvement a été maté, et en contre partie les « Hunger Games » (jeux de la faim) ont été instaurés. Ils sont à la fois une punition pour les districts et un divertissement pour tous les téléspectateurs (surtout ceux de la capitale). Le système est simple, tous les ans, 1 garçon et 1 fille ayant entre 12 et 18 ans, de chaque district doit participer aux Hunger Games, c'est-à-dire un combat à mort entre les 24 participants. Cet affrontement intégralement retransmis à la télévision se déroule sur deux semaines non-stop dans un environnement nouveau pour chaque saison (forêt cette fois-ci).
 
Pour ce « jeu » de téléréalité, chaque tribu (= participant) est tiré au sort par district. Ses « chances » de participer dépendent entre autre de son âge, mais aussi de différents facteurs (en échange de nourriture, la probabilité augmente). Lorsque Primrose (Willows Shields) est tiré au sort, sa sœur, Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence, alias Mystic dans X-Men commencement) se porte volontaire à sa place. Elle sera accompagnée de Peeta Mellark (Josh Hutcherson) pour représenter le District 12.
 
  Hunger Games - Portraits
 
Comme chaque candidat, ils seront emmenés à la capitale et y seront entrainés. Le premier jeu commence : montrer ce qu’il faut pour effrayer les autres prétendants, sans trop dévoiler ses atouts. Il faut aussi séduire le public et surtout les sponsors qui sont à même de vous octroyer des aides durant le jeu.
Bien entendu durant cette phase, une amitié naîtra entre Peeta et Katniss et peut-être même plus….
Enfin « prêts », ils seront lâcher dans l’arène ; le combat peut commencer pour le plus grand plaisir de tous.
 
 
Soyons clair, sans être un mauvais film, « Hunger Games » n’est pas non plus un bon film malgré son succès.
 
Le jeu d’acteur n’a rien de brillant. Si Katniss peut sembler quelque fois en danger, J. Lawrence ne nous fait pas vraiment ressentir son angoisse. Certes, elle transpire, elle se salit, mais il manque une profondeur à cette peur qui devrait être inhérente durant les 2 semaines de jeu. J.Hutcherson, qui en fera sans doute craquer quelques-unes, n’est pas plus convainquant en Peeta.
Par contre, Stanley Tucci est très bon dans le rôle de Caeser, le présentateur.
 Hunger Games - Peeta Mellark - Josh Hutcherson
 
La mise en scène est moyenne et en particulier la manière de filmé au début dans le District 12. Pourquoi caméra au point, avec des gros plans, du zapping et des flous ? Aucun intérêt de désorienter le spectateur. Quant à renforcer le côté miséreux du District 12, la faible luminosité et le filtre gris bleu utilisé judicieusement suffisent à amplifier cette ambiance.
 
Le film ne s’attarde pas assez sur la réaction des spectateurs (district et capitale) face à la mort, la réussite ponctuelle d’un tribu, ou la « manipulation » parfois évidente (le feu) par les organisateurs du jeu.  Même si les sponsors sont présents,  le scénario ne se penche pas plus sur leur rôle et sur le côté show télévisé : pas d’interviews durant le jeu (qui aurait pu apporter un éclairage sur les motivations des personnages), pas d’audimat, pas de votes pour les candidats (en vu de leur octroyer des aides).
 
De la même façon, la plupart des autres candidats sont zappés, gommant l’intérêt des alliances, des manipulations et des trahisons. Idem, la survie en milieu hostile est à peine évoqué alors qu’elle est sensée être une des grands causes de décès des candidats.
 Hunger Games - Katniss Everdeen - Jennifer Lawrence
 
Je passerai sur les quelques incohérences que le « jeu » possède en lui-même :
 
- Il est présenté comme un espoir par le Président Snow (Donald Sutherland). On a beau retourner cette idée dans tous les sens, même s’il est un « espoir » pour un individu, il représente plus probablement la mort obligé d’au moins un de ses enfant pour chaque District. Maintenir la paix sociale ainsi me semble juste une aberration, ce, même si les habitants des districts ont plutôt l’air passifs, apathiques et résignés.
- Jeter les 24 candidats dans la fosse aux lions dès les premières secondes du jeu est tout aussi stupide ; des petits groupes dispersés au hasard à quelques minutes d’intervalles (pour l’intérêt du direct) me semble plus télévisuel dans la durée.
 
Maintenant, venons-en aux bons points de ce film, car il y en a et en particulier deux de taille : son monde et ses sujets de réflexions.
 
L’univers dichotomique d’Hunger Games est très marqué. Une opposition nette s’écrit entre les ternes, tristes, pauvres et exploités des districts et les excentriques, bigarrées, riches et majoritairement oisifs de la capitale. Les uns n’imaginant pas la vie des autres. Cette fracture sociale est parfaitement rendue dans les décors, la lumière ou les vêtements.
 
Côté réflexion, on a le choix entre les limites de la téléréalité, l’impérialisme politique, l’abétisation des foules ou l’éthique propre à chacun face à la survie.
 
De nombreux sujets sous-jacents qui, hélas, comme je l’évoquais déjà plus haut, ne sont qu’effleurés.
 
 
Hunger Games - Roman T1
D’où ma conclusion, un film moyen mais qui donne envi de lire le livre afin de trouver un peu plus de profondeur, de réflexions générales et d’introspections des personnages. Bref tout ce qu’un livre peut prendre le temps de développer et qu’un film doit gommer pour aller à l’essentiel.
 
 
Tag(s) : #Chronique Cinéma
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :