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La-Cite-Noire---Thomas-John.jpg
 
Kan-Pang est une vaste cité construite sur les ruines enfouis d'une autre ville, une autre époque. Elle nous est présentée comme la cité dominante de ce monde, même si on découvrira au hasard de quelques phrases qu'il existe d'autres cités puissantes.
La guerre gronde et un vote des seigneurs, maîtres de la destinée de la cité doit avoir lieu. Cependant la décision devra être remise puisque avec 4 voix d'égalité, le clan de Sourgne et celui des Gordreg n'arrivent pas à se mettre d'accord. Dans 9 décades, un nouveau vote devra avoir lieu et, d'ici là, toutes les manigances sont permises, entre autre celle d'obtenir un nouveau domaine régent qui apportera 1 voix complémentaire à son possesseur. Toutefois et en théorie, plus aucun domaine régent libre n'est disponible, mais peut-être qu'en conquérir un, d'une manière ou d'une autre, est chose possible....
Sur cette intrigue, plusieurs personnages vont se greffer.
Perceron, saltimbanque ivrogne, qui vient de voir son fils mourir voit en cette égalité un bon coût à faire en trouvant des renseignements qui pourraient intéresser Payot et ainsi le faire entrer dans ses bonnes grâces. Payot, habile négociateur a à son service un groupe de Maraudeurs constitué du vétéran Valthar ou de Leen, une femme très habile. Ces aventuriers descendent fouiller les entrailles de la cité à la recherche de trésors de tout genre.
Suite à des circonstances dramatiques liées à la haine des gens, Kroll, un cromleck (sorte d'orc) qui vivait à Pomawok, petit village de tentes, va rejoindre cette troupe laissant derrière lui un amour non réciproque en la personne de Ao. Cette jeune femme devenue aveugle vit avec ses deux frères, l'exécrable Kheren son ainé, promis à la fille du village et son petit frère Maïko.
Même s'ils sont loin de Kan-Pang, Ao, sa famille et ses mais seront ratrappés par l'affrontement pour le pouvoir des Sourgne et des Godrek, alors même que la prophétie de l'Elu vient de se matérialiser.
 
 
Ce bref résumé de l'intrigue montre l'étendue de la complexité du monde de La Cité Noire, sans parler de la richesse des personnages.
 
Une écriture agréable, une fin tendue avec une plongée presque lovercraftienne dans les tréfonds de cette ville.
 
J'ai eu un plaisir certain à livre ce roman, oui mais... 
 
Ma première difficulté (et ce d'autant plus lorsque l'on doit étaler sa lecture sur trois semaines, faute de temps) fut d'identifier systématiquement qui est Sourgne, qui est Gordreg puisque l'auteur n'use souvent que de leur prénom avant que le nom n'apparaisse et, comme ils ne sont pas omniprésents durant le récit, on perd un peu de vue qui et qui et dans quelles intrigues ils trempent. Ce, d'autant plus, que les plans des différents protagonistes ne sautent pas toujours aux yeux et ne s'éclaircissent ou ne se comprennent qu'en cours de route voir une fois la résolution presque menée à son terme. Tout cela est amplifié par le complexité politique, magique et même géographique rarement clairement explicité.
 
Mon deuxième souci est qu'un grand nombre d'éléments, ou de personnages sont ponctuellement mis en avant dans leur richesse et leur complexité sans que celles-ci ne soient finalement développées par la suite. Certes, cela enrichit l'histoire en lui apportant une structure et une richesse en donnant un background et une personnalité à de nombreux personnages, mais nous fruste complètement de n'avoir qu'un instantané.
Dans le même ordre d'idée, certains éléments présentés comme importants, tels les capacités d'Ao ou les nuits de Lunardantes (la mort qui rôde dans les rues) n'ont au final qu'une utilisation très limitée.
Le dernier chapitre renforce cette impression
 
Je passerai sur le côté dramatique qui semble devenu une nécessité pour faire d'un récit, une histoire "adulte", par contre je ne peux que m'arrêter sur la fin. Difficile d'en parler sans la dévoiler aussi dirai-je simplement que trop de choses restent en suspend pour moi.
 
Pour conclure, la Cité Noire est un récit intéressant, avec un monde riche et complexe, mais qui m'a vraiment frustré en me laissant sur ma faim. Je reste avec un sentiment d'inachevé, d'imprécision et d'un foisonnement non suffisamment exploité pour éclairer le lecteur.
Si vous n'avez pas ces mêmes besoins que moi, n'hésitez pas à vous plonger dans cette Cité Noire, dans le cas contraire, faites-le en connaissance de cause.
 
Toutefois, après quelques brèves recherchees, de-ci de-là, il semblerait que la Cité Noire ne soit que le premier tome d'une série (de x tomes ?) même si rien ne le laisse supposé sur le site de l'éditeur ou dans le livre lui-même (pas de à suivre ou de Tome 1 indiqué). Il serait à 95% terminé si je me fis au blog de l'auteur non mis à jour depuis fin 2011.
 
Outre le fait qu'il, pourait être bien, lors de l'achat, de savoir qu'il s'agit d'une série et non pas d'un tome isolé, il est dommage que l'auteur n'ait pas pris le temps de poser le décor dans ce premier opus, ce qui va l'obliger à clarifier le monde dans le deuxième (ou second tome) pour nous donner des bases solides. 
J'espère trouver dans la suite les explications sur les capacités de Kroll et d'Ao, le pourquoi de celles-ci, plus sur Nibelune, sur les sorciers, et si les dieux n'ont pas un rôle dans tout cela en avançant chacun un pion "humain" sur leur grand échiquier.
 
La Cité Noire de Thomas John (sans aucun doute un pseudo puisque l'auteur est français) aux éditions Asgard =>  lien.
 
Tag(s) : #Chronique Littérature
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