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Quoi de plus logique qu’un film en noir et blanc et MUET pour retracer le passage cinématographique du MUET au PARLANT ?

 

The-Artist.jpg

 

Nous voilà quelques années avant le crac boursier de 1929, ce fameux jeudi noir, la carrière de deux acteurs va prendre des directions opposées. George Valentin(Jean Dujardin), vedette du muet, ne reconnaît pas que le Parlant va rendre désuet le Muet et son producteur Al Zimmer (John Goodman) décide de parier sur de nouvelles têtes (et voix) pour cette révolution cinématographique. Peppy Miller (Bérénice Bejo) fait parti de ces choix et alors que la carrière de s’écroule, celle de la porte au statut de star.

Deux destins croisés non sans admiration et amour.

 

Le pari de Michel Hazanavicius de faire un film noir et blanc & MUET à notre époque était audacieux et on aurait pu le croire perdu d’avance… et bien non, ce film est une réussite.

 

Si je n’ai pas vraiment eu besoin d’un temps d’adaptation à l’absence de paroles ET de bruitages, j’ai tout de même eu un petit doute au bout d’un moment sur mon aptitude à apprécier jusqu’au bout un film sans son. Et, juste à ce moment là, la scène du « cauchemar » nous surprend pas son silence (pas de musique et (chut ! vous le verrez bien) nous replongeant totalement dans l’atmosphère du film qui ne nous lâche plus jusqu’à la fin. Ces dernières minutes à la fois attendus et inattendus – petit suspens !

 

Ce qu’il y a de formidable dans ce film, c’est que le réalisateur et les acteurs ont su retrouver le style des films muets. Même si je ne suis pas un spécialiste, j’ai eu le loisir de voir quelques films muets (merci à mes années « Collège » et à ma prof d’Allemand et d’art plastique qui animaient le Cinéclub) ; sans pour autant être indispensable, cette petite expérience permet peut-être de mieux apprécier « The Artist ».

 

On retrouve donc l’utilisation des lumières et des ombres si important dans le Noir et Blanc, l’organisation des blancs même s’ils sont sans aucun doute modernisés ou cette petite accélération saccadée des images (très notables dans le périple automobile de la fin). Même le casting colle à cette époque du cinéma avec les jeunes premiers très lisses et parfaits et les gueules des personnages secondaires dont James Cromwell alias Clifford, fidèle majordome.

 

Bien entendu – faut-il le dire ? – le jeu des acteurs y est pour beaucoup dans ce retour aux sources : amplitudes des gestes et exagération des mimiques, ces fameuses « grimaces » du muet ; le tout accentué par le maquillage (tour des yeux accentué). La scène de la rencontre dansée plusieurs fois rejouée est un magnifique exemple de ce jeu du Muet qui sous-entend déjà la subtilité du jeu d’acteur lors du passage au Parlant, moins dans la caricature et plus dans la finesse comme nous le voyons aussi dans « The Artist ».

Un prix d'interprétation au Festival de Cannes 2011 pour Dujardin amplement mérité et une miss Béjo lumineuse.

Très belle prestation aussi du chien qui n’a rien à envier à Milou.

 

Autre point fort de ce film, la bande son, car s’il est muet et sans bruitage comme il se doit, ce film est musical. Donc hommage à Ludovic Bourse, le compositeur qui, non seulement, use de la musique pour donner le rythme au film, mais aussi l’expression des sentiments d’une scène ou des personnages.

 

Bref un très bon film, mon seul regret étant de ne pas avoir emmené mes filles (9 & 12 ans) le voir de peur qu’elles s’ennuient ; à rattraper lors de la sortie du DVD, même si c’est u film dont la valeur augmente sur grand écran.

 

=> A ne pas rater !

 

Tag(s) : #Chronique Cinéma

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