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Gatsby, le Magnifique.

     Adapté du roman éponyme, Gatsby le Magnifique de Baz Lurhman est beaucoup plus ostentatoire et clinquant que l’autre adaptation célèbre avec Robert Redford de 1974. C’est l’un des points forts du film.

                                    

     Gatsby (Léonardo DiCaprio) est un nouveau riche dont l’origine de la fortune sans être explorée est sous-entendue. Il sert de devanture au grand banditisme de l’époque baignant dans l’alcool de contrebande – nous sommes à l’époque de la prohibition.

     L’époque 1922 se prête à la folie de cette classe sociale puisque la bourse ne fait que croître de jour en jour ; le crac de 1929 n’est absolument pas envisagé.

    Profitant de sa fortune, Gatsby donne des réceptions aux airs de fêtes chez lui où le tout New-York, set-jetteurs avant l’heure, peuvent se rendent sans invitations, attirant ainsi dans les mailles de ses amis peu recommandables le gratin et les hommes de pouvoirs.

     Sur la rive d’en face vivent les riches, nés avec une cuillère d’argent dans la bouche, suffisants et considérant  très peu ces parvenus qu’ils ne fréquentent pas. Parmi eux le couple Buchanan, Daisy (Carey Mulligan) et Tom (Joel Edgerton), qui vivent dans l’oisiveté, un certain ennui pour la radieuse Daisy et l’adultère pour Tom dans les bras de Myrtle Wilson (Isla Fisher), épouse du garagiste George Wilson (Jason  Clarke).

     Le lien entre ces deux mondes sera fait par le cousin de Daisy, Nick Carraway (Tobey Maguire) qui s’installe aux pieds de l’immense demeure de Gatsby, grâce à une providentielle affaire en or : une ancienne maison de gardien.

     Gatsby, homme taciturne ne se mêlant guère à ses fêtes, créera le contact avec Nick, une amitié étrange dont le but est d’approcher Daisy.

          

     Tout comme le roman, le film reprend la critique de la bourgeoisie américaine, dépravée et à des lieux de la réalité du tout à chacun. Détachés de la vie, ils voguent dans leur milieu fortuné et superficiel n’ayant guère plus d’intérêt qu’eux-mêmes.

     L’histoire de la passion exclusive, aveugle et inconditionnelle de Gatsby n’est qu’un autre aspect de ce égocentrisme des uns et des autres et comme telle ne pourra mener qu’au désastre.

     Un film magnifique par sa débauche de costumes, de décors, de luxes, mais aussi par sa mise en image et en musique, choc des genres comme Baz Lurman l’avait fait avec Moulin Rouge. Une esthétique et des scènes fortes, doublés d’acteurs talentueux, un DiCabrio incarnant un Gastby difficile à cerner, réservé et mystérieux (voir inquiétant), Une Mulligan jouant une Daisy à la fois naïve et inconséquente ou une Elizabeth Debicki ravissante et détachée de tout.

 

     Une belle réalisation et pourtant je n’ai pas totalement adhéré au film. D’une part après une envolé presque lyrique du film, le rythme retombe pour un long moment. Effet sans aucun doute voulu, mais qui dure un peu trop.

     Mais surtout, un monde qui m’est étranger et antipathique à la base et des personnages dont aucun n’arrive à faire naître de la sympathie.

    Outre ses liens maffieux, Gatsby est un homme exclusif, intransigeant et vivant dans un fantasme du passé.

     La superficielle Daisy est finalement moins romantique que vénale.

     Tom a l’arrogance de la fortune, l’indécence de l’adultère et pourtant de tous, il est peut-être le plus intègre.

     Nick est un jeune idiot admiratif d’un homme que lui seul peut considérer comme « Magnifique ».

                          

     Au bilan - et même si j’ai conscience que la personnalité des protagonistes est volontairement ainsi - je suis resté un peu extérieur aux personnages ce qui altère ma perception du film.

     Toutefois je ne peux que reconnaître le brio et la magnificence de la réalisation de Gastby qui reste donc un film à voir.

   

Tag(s) : #Chronique Cinéma

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