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     Roman étonnant et quelque peu déconcertant dans sa forme d’Alexis Lorens aux Editions Nuit d’Avril.

                                      

     Après un prologue nous ramenant en 1776 sur les traces du Docteur De Vreck au bord d’un navire, nous nous retrouvons en Israël en 2005 auprès de Bryan, un Irlandais. Suite à un sabotage sur un aqueduc pétrolier, le jeune homme se retrouve dans une grotte souterraine du désert de Néguev où il découvrira un médaillon, des textes en langues anciennes (Copte et autres) et une partie du journal de De Vreck.

     Après avoir échappé à la mort, il partage ce secret avec l’israélienne Leah, sœur de son ami David chez qui il ira quelques jours en convalescence. Intéressée par ce mystère, Leah se jette à corps perdu pour tenter de le résoudre. Pour l’aider à traduire le texte, l’universitaire fait appel à un imminent professeur. Celui-si se fera horriblement tuer non sans avoir transmis ses notes à un autre professeur Ehud Goldstein qui s’associera à la recherche.

     Il existerait une série de 6 médaillons (chiffre du Bien dans la Cabbales) qui permettraient d’ouvrir une porte menant au Paradis.

La quête commence aux quatre coins du globe.

 

     L’histoire à la Dan Brown s’articule donc sur un secret ancien que l’Eglise a tout intérêt de garder enfoui dans l’ombre de l’inconnu. Outre cette révélation qui pourrait faire vaciller les religions, on y retrouve tous les ingrédients : mystérieuse secte (Les Emounim aux 3 grandes prêtresses), puissant Cardinal (Fagazzaro) et ses hommes de mains aux méthodes pas très catholiques, sans parler de l’intervention de la police (inspecteur Fyfield puis Wiesel).

     Même la construction en courts chapitres est présente, sauf qu’ici, ils sont vraiment très (trop) courts, en moyenne 3 pages (parfois une demi). Dans le coup, le rythme en devient trop haché ce qui se reflète aussi dans l’écriture très pragmatique.

     En effet le style manque de sentiments et le lecteur a du mal à s’attacher aux personnages. Bryan qui semblait être le personnage principal cède rapidement sa place à Leah qui ne réagit que très peu (voir pas) aux morts qui l’entourent (très vite expédiés) et qui pourtant devrait toucher une jeune femme de vingt ans. (Même l’accident du musée ne l’affecte que très brièvement).

     Finalement seul le personnage de Goldstein s’en sort assez bien, même si son passé et l’origine de ses contacts restent peu explicités.

     Les événements se succèdent, mais manquent de liant. Certains arrivent même comme un cheveu sur la soupe (je pense entre autre à la relation de Leah et de X tout comme l’identité réelle de X, le tout réglé en 2 Pages).

     L’épisode du musée me semble totalement cafouilleux, irréaliste et bâclé. Quand aux nombres de médaillons… pourquoi ce retournement de situation ? Il aurait été plus simple dès le départ de faire le choix que l’on trouve à la presque fin (à Jérusalem).

 

     Sans pouvoir le dévoiler, je suis obligé de parler de l’Acte IV puisque l’on passe d’une enquête « réaliste » à un univers surréaliste qui s’écoule sur quelques pages (moins d’une quinzaine), donc d’un style littéraire à un autre sans qu’à aucun moment nous n’ayons été préparés. Un grand écart dérangeant. Débat ésotérique sur Dieu, opinion tranchée sur les Religions, nappage écologique et apocalyptique saupoudré d’un zeste du mal qui est en l’homme. Des réflexions certes intéressantes, mais là aussi bâclé en deux pages, tout comme le pauvre argumentaire de Leah en trois lignes.

 

     « Le Long des Sentiers Obscures » manque donc d’approfondissement, se concentrant sur l’écoulement technique d’une histoire qui aurait pu être moins classique si l’Acte IV avait débordé sur le reste du livre, ou a contrario plus cohérente si cet aspect s’était effacé pour rester sur le tangible. L’inventivité et visiblement les quelques recherches de l’auteur reste toutefois prometteurs

    Je suis tout de même passé un peu à côté de ce roman que j’ai trouvé pas assez développé, trop court par rapport à sa densité et mal structuré. Je suis malgré tout allé jusqu'au bout de ce récit intriguant par envi de découvrir les révélations cachées.

Tag(s) : #Chronique Littérature
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