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Coïncidence ou impulsion de la Force, je termine cette année 2017 par une longue chronique sur Les Derniers Jedi, difficile de faire moins et le tout sans spoile ou en tout cas je l'espère. Bonne lecture.

Star Wars épisode 8 : LES DERNIERS JEDI,

Le Premier Ordre a perdu sa base Starkiller et la Résistance a localisé Luke Skywalker (Mark Hamill) sur la planète Ahch-To où la Générale Leia (Carrie Fisher) a dépêché Rey (Daisy Ridley).

 

Rey et Luke Skywalker

 

Elle a un double but : ramener Luka à l’aide de la Résistance en piteux état et se faire enseigner l’utilisation de la Force. Le souci est que Luke en a fini avec tout ça, y compris la Force, depuis que Ben Solo s’est retourné contre son apprentissage en massacrant ses comparses apprentis jedi et qu’il s’est tourné vers le côté obscur devant Kylo Ren (Adam Driver) sous la tutelle du mystérieux Snoke (Andy Serkis), leader suprême du Premier Ordre.

 

Snoke

 

Le jeune homme semble pourtant encore douter. Rey est persuadé qu’il peut revenir à la lumière alors qu’elle-même doute de son orientation, potentiellement tentée par le côté obscur.

Pendant ce temps, le Premier Ordre traque la Résistance en s’attaquant à leur unique base de D’Qar. Pire une nouvelle technologie permet de pister les rares vaisseaux en fuite à travers l’hyperespace. Une « lente » poursuite s’engage alors dans le vide de l’espace.

 

Bombardiers MG-100

 

Après le Réveil de la Force, entre suite et remake, on attendait Les derniers jedi au détour. La question se pose donc : est-ce un remake de L’Empire Contre-Attaque ?

Au premier abord, le non semble s’imposer et pourtant nous retrouvons la même rythmique qu’au sein de la trilogie originale : un premier opus introductif et entraînant qui signe la victoire de la résistance, suivi d’un deuxième opus plus sombre où le Premier Ordre prend sa revanche laissant la place à un retour en force des bons pour le troisième film. Un séquençage somme toute assez classique des trilogies auquel avait échappé la prélogie.

Certains points sont aussi comparables, la fuite de la base rebelle en début de film (Hoth / D’Oar), l’apprenti jedi en quête d’un maître ou l’adjonction d’un « bad boy » (Lando / DJ). Le rythme plus lent des deux films, l’introspection, des informations sur la force, un lieu hanté par le côté obscur ou la révélation de l’identité des parents du héros sont autant de points qui rapprochent les 2 opus, pour une recette qui marche (plus ou moins).

Pourtant, je dois avouer que je ne considère pas Le Réveil de la Force comme un remake, loin de là, et ce malgré toutes ces similitudes. En effet, chaque élément est traité de manière très différente. Difficile d’en dire plus sans dévoiler certains faits.

 

BB8

 

Le film se décompose en globalement en 3 parties.

 

La première introductive correspond à l’attaque et la fuite de la base rebelle D’Oar, combat spatial en prime. Un affrontement original, novateur dans la saga, mais qui manque tout de même d’un peu de rythme et d’ampleur. Nous sommes loin du Retour du Jedi et l’assaut sur l’Étoile de la Mort avec sa profusion de vaisseaux. Il faut dire que, globalement, les deux camps semblent manquer de matériels. Ce qui se conçoit bien pour une Résistance bien plus étique que ne l’était la Rébellion de la saga originelle est plus incompréhensible pour le Premier Ordre qui a tout de même fait construire Starkiller. Le manque de chasseurs Tie est à la limite du dérangeant car illogique.

 

Ski Speeders

 

La deuxième partie qui dure plus de la moitié du film part dans deux directions.

D’une part, les réflexions de Rey et Kylo sur leur avenir et leur relation ainsi que celles de Luke sur la force et sur ce qui l’a amené à se retirer loin de tout. Un point de vue intéressant quant à sa vision de ce qui s’est passé lors de la prélogie avec l’avènement de Sidious. Clairement, cette partie traîne en longueur même si, a postériori, elle a un réel intérêt.

 

Rose et Finn

 

D’un autre côté nous suivons Finn (John Boyega) tout juste remis de ses blessures de l’épisode VII accompagné de BB8 et d’un nouveau visage, Rose Tico (Kelly Marie Tran) dans une épopée qui les mènera sur la planète Cantonica. Ces péripéties qui entrecoupent les réflexions des précédents apportent une touche de rythme à cette partie du film qui reste pourtant insuffisante. Il est vrai que les 3 personnages principaux et les 2 acteurs manquent d’une certaine prestance ou d’une empathie du public. Le personnage de Rose est intéressant dans le sens où aucun film n’a mis jusqu’à présent en scène une mécanicienne de la maintenance, cependant je trouve le casting raté. Pour le coup, Kelly Marie Tran a un physique très Disney… D’un autre côté Star Wars (y compris la trilogie originelle) a toujours visé un public large, jeunesse incluse. Benicio Del Toro s’offre un rôle de voyou en incarnant DJ qui va croiser la route de nos 3 résistants en quête d’assistance.

 

DJ

 

La troisième et dernière partie du film est l’affrontement final ou devrai-je dire à l’instar du Retour du Jedi, les affrontements finaux. Snoke, Kylo Renn, Phasma (Gwendoline Christie) et leurs vaisseaux face à ce qui reste de la Résistance ainsi que Rose, Finn et Rey, pour ne citer qu’eux. Pour le coup, on repart dans l’action et le spectacle starwasien, même si les affrontements aux sabres lasers sont moins impressionnants que dans la trilogie prequel (nous sommes très loin de l’affrontement contre Dark Maul ou d'Obi Wan contre Anakin.)

 

Kylo Renn

 

Si la réalisation de Rian Johnson manque de tonus, il faut reconnaître de nombreux bons points, surprises et directions inattendus dans Les derniers jedi, ce qui est fort agréable. Le film en tire toute sa valeur.

 

Canto Bright

 

Nous saurons qui sont les parents de Rey et finalement leur identité va parfaitement dans le sens que la trilogie veut donner à l’histoire et à la Force. Luke a un parcours d’autant plus inattendu qu’il est loin de celui que lui avait tracé l’Univers étendu en son temps ; le film lui consacre beaucoup et c’est tant mieux (c’est sans doute mon personnage préféré). Son évolution durant le film m’a fait passer par une multitude de sentiments allant de la déception à la joie. La rivalité Hux (Domhnall Gleeson) / Kylo Renn n'est pas déplaisante. La planète Crait est sublime et permet de réaliser des effets visuels très artistiques sans parler de ses chiens de cristal. Le casino de Canto Bright avec son bestiaire peut faire penser à la cantina de Mos Esley, mais je trouve qu’il s’apparente plus à la salle de spectacle de La revanche des Sith. Il est d’ailleurs dommage de s’y attarder si peu. Les bombardiers MG-100 ou les V-4X-D ski speeders sont deux ajouts de valeur à la panoplie des vaisseaux. Les affrontements des tenants de la Force sont riches de surprises et de rebondissements. Je suis plus mitigé sur les prétoriens, vêtu d’écarlates à l’instar des gardes de l’Empereur en son temps. Des personnages intéressants, peut-être un peu trop clinquants (ou plastoc), manquant d’une véritable aura. J’ai énormément apprécié les deux scènes qui font référence aux précédents films, moment de réelle émotion pour des raisons différentes que je n’exposerai pas ici pour ne pas vous gâcher la surprise.

 

Les prétoriens

 

Cependant je trouve que le film (tout comme le VII) manque de références aux deux autres trilogies comme si Disney voulait faire table rase du passé (peut-être pour ne pas offrir des droits à Georges Lucas ?). Exit Coruscant (le Premier Ordre semble gouverner à partir de ses vaisseaux), exit l’ensemble des races du passé pour laisser place à un nouveau bestiaire. Bref, c’est presque comme si nous n’étions plus dans la même Galaxie lointaine, si lointaine.

De même je me demande ce que deviennent les Holocrons qui font pourtant partie du nouvel univers Star Wars puisqu’ils apparaissent dans Star Wars Rebel, série animée canonique. Et je m’interroge sur les nouvelles origines des jedi et donc aussi des Sith. Et qu'est Snoke ou Kylo Renn s'ils ne sont pas des Sith (ou une variante) ?

 

Chewbacca et un porg

 

Par ailleurs, certains personnages sont sous exploités. Chewabacca, désormais totalement incarné par Joonas Suotamo, n’a guère plus qu’un rôle de figuration, pourtant la soif de vengeance devrait le tenailler. Il en va de même pour C-3PO (Anthony Daniels) et il en irait presque de même pour R2D2 (Jimmy Wee) si une de ses actions n’était pas capitale, je dirai même le tournant du film, voire du futur de la galaxie.

 

Vice-amirale Holdo

 

Le Capitaine Phasma est tout aussi désolant que dans le VII ; un potentiel qui j’espère sera utilisé un jour ou l’autre dans l’univers étendu en BD par exemple puisque les films ont l’air de la bouder.  Idem pour la Vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern) personnage tiraillé et réservé ou Paige Tico (Thanh Van Ngo) la sœur artilleuse de Rose qui méritent toutes deux d’être plus développées. Idem pour le lieutenant Connix (Billie Lourd). Je suis aussi frustré de ne pas en savoir plus sur Snoke.

 

Finn vs Phasma

 

Dans Les derniers Jedi, les rôles-titres reviennent à Kylo Renn et à Rey, mais aussi à Luke, ce qui m’a ravi. Les deux premiers gagnent en épaisseur, plus encore Renn que Rey. Une progression plutôt agréable d’autant que ce personnage ne m’avait pas convaincu dans le VII. Di j’ai encore du mal avec son physique, sa psychologie devient plus passionnante. Finn ne prend réellement son envol que sur la fin du film alors que Poe reste assez peu convaincant.

 

Poe Dameron

 

J’ai déjà évoqué avec Kelly Marie Tran la tendance Disney du film que l’on retrouve à travers certaines créatures dont es fathiers (genre de chevaux) aux visages trop humanisés ou les porgs (genre de manchots) vu aux côtés de Chewbacca qui heureusement n’apparaissent que très ponctuellement (néanmoins j’adore leur nid très Fraggle Rock). La scène finale (avec Barwill Tomder) qui annonce l’orientation possible (voire très probable) du film IX (au sujet de la Force) est sans doute la plus Disney avec accroche du jeune public. Elle me fait penser à une scène de Moonwalker (de Michael Jackson) ou de Peter Pan. Cette orientation Disney présente reste toutefois modérée.

À l’instar de L’Empire Contre-Attaque, le film s’assombrit de quart d’heure en quart d’heure, même si cette obscurité n’a rien de comparable avec la violence et l’horreur de La revanche des Sith.

 

Sabre de Lylo Renn

 

Côté effets spéciaux, je passerai rapidement tant les technologies sont désormais performantes. Toutefois, j’apprécie grandement le mélange des images de synthèses et le maintien des masques, décors réels et marionnettes. Frank Oz est d’ailleurs crédité au générique.

Pour ce qui est de la musique, je frissonne toujours sur les classiques premières notes, mais je dois avouer qu’il n’y a rien d’original dans ce film. L’utilisation narrative des compositions instrumentales a beaucoup perdu depuis la trilogie originelle.

 

Leia Organa / Carrie Fisher

 

Et non, je n’oublie certainement pas Carrie Fisher, notre Princesse irremplaçable, cette « grande sœur » au caractère bien trempé. Bien sûr on pouvait s’attendre à une légère altération du scénario en postproduction pour faire mourir le personnage ; on sait que Leia n’apparaîtra pas (même en image de synthèse dans le IX). Elle incarne une Générale fatiguée par les épreuves d’autant qu’elle vient de perdre Han et, en quelque sorte, son fils Ben. Elle reste néanmoins forte, perspicace et déterminée à mener un combat qui semble pourtant – et plus que jamais – perdu d’avance. Carrie Fisher est belle, incarnant toujours à la perfection cette princesse immortelle.

Plusieurs scènes du film deviennent d’autant plus touchantes que l’on pense la voir pour la dernière fois. Le film contient un moment riche en émotion lorsqu’un autre personnage s’entretient avec elle en une sorte d’au revoir, personne ne vous oubliera. Je dois admettre sans honte que j’y ai été de ma larme lorsqu’après les premières notes du générique de fin, la musique glisse sur le thème de Leia rendant hommage à « our belove princess ».

 

Carrie Fisher / Leia Organa

 

Au final, Les derniers jedi est un film qui se hisse au-dessus de son prédécesseur, sans être le meilleur des 9 films sortis à ce jour. Cependant il annonce un renouveau dans la Force, porté par une pléiade d’anciens fans, mais aussi d’une nouvelle génération jeunesse qui clairement ne peut que s’engouffrer dans cet univers avec le pétillement de l’enfance dans leurs regards. Si le IX sortira en 2019, gageons que l’action devrait se dérouler quelques années plus tard, tout comme une future série télé live qui serait en discussion… Les anciens héros auront alors laissé place aux nouveaux.

 

Le futur reste en marche.

 

la Force

 

Que la Force soit avec nous !

Star Wars épisode 8 : LES DERNIERS JEDI,
Tag(s) : #Chronique Cinéma
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