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ENZYMIS T1 : LA COMPAGNIE D'HARGFANG.

Enzymis nous embarque dans une histoire d’Héroïc-Fantasy, très classique pour ce genre littéraire : Un groupe d’aventuriers part en quête d’une série d’artéfacts qu’ils doivent unir afin de triompher d’un être maléfique tout puissant qui étend son contrôle sur le monde connu.

 

Ici, le mal est représenté par le démon Skorn qui contrôle les terres du sud d’Amacarnal et qui a sous sa férule de nombreuses créatures de peuples belliqueux censés être disparus ou en voies de disparition ainsi que des barbares à ce qu’il semble.

Au Nord de cette région fétide, s’étend le vaillant empire humain de Casiel qui résiste depuis des lustres non sans mal puisque de ses six cités, seules deux restent debout. La capitale Tär Castelans où réside un roi souverain Firmarant, bien moins charismatique et apprécié que son prédécesseur et surtout plus au sud (donc plus menacée) la cité de Lümbredor jamais prise jusqu’au prologue, et à la famille royale bonne et donc aimée.

Mathéor est le prince de cette famille et s’avère aussi être l’Élu prophétique qui doit vaincre le Mal. Jeune homme à l’âge non défini (25 ans, dirai-je). Après le prologue, il se retrouve propulsé Roi de Lümbredor (malgré son titre il est inféodé au Grand Roi de Casiel), cité qu’il doit reconstruire. Après trois ans de reconstruction et de paix (sans aucune aide de Firmarant), face à la prophétie et à la menace de Skorn et de l’hypothétique retour des races maléfiques, il choisit de partir en quête des 5 gemmes élémentaires.

Sous l’égide du mage Tëmbral, il va réunir autour de lui, le garde Dowluf devenu son ami et le vieux Bénios ancien chef de village qui va apprendre l’alchimie et la magie (j’y reviendrai). S’ajoutera avant leur départ de Lümbredor, le trio constitué du rôdeur Efastos, et de deux gnomes Filrou et Fornin (inspirés de Merry et Pipin ?). Je vous rassure, un personnage féminin montrera le bout de son nez au deux tiers du roman… (ouf).

L’aventure les conduira tout d’abord dans la forêt de Grandmor où ils affronteront leurs premiers trolls et croiseront centaures et autres créatures.

 

Pour ce premier roman, le jeune Quentin Dubois (20 ans à la parution de ce premier tome) se débrouille plutôt bien. La Confrérie d’Harfang fleure bon la passion de l’écriture et une certaine application, même si quelques maladresses et imperfections sont perceptibles.

 

La première chose est une écriture un peu trop didactique dans la première partie du roman qui met en place la situation. Certaines précisions, situations et certains détails auraient pu subir une élision sans pour autant opacifier le récit ou nuire à l’atmosphère ou à l’extrême courtoisie des protagonistes. J’ai retrouvé là un peu le style d’un Meneur de Jeu devant exposer la mission à ses joueurs : précis, clairs, mais du coup, manquant un peu de romanesque. Toutefois, à l’heure où les romans doivent commencer directement en éludant le contexte, j’apprécie le temps que l’auteur s’alloue pour poser celui-ci.

Ce léger défaut suscité disparaît dans la deuxième partie qui fait une belle place à l’action avec une écriture plus rapide, parfois même un peu trop à mon goût. Les affrontements sont réglés sans coup férir et les événements et décisions s’enchaînent, sans laisser vraiment le temps de souffler aux héros, au lecteur et également à l’auteur.

 

Pour moi qui suis assez rigoureux, le deuxième point que j’ai remarqué est une temporalité parfois élastique, certains événements semblent en effet se dérouler plus ou moins lentement selon les protagonistes alors qu’une durée préalable semble avoir été bien définie.

Dans le même ordre d’idée, dans la précipitation de la deuxième partie (nommée livre 2), l’auteur ne nous prépare pas assez à certains événements. Les satyres et autres créatures débarquent un peu abruptement sans que les simples traces évoquées aient pu vraiment nous faire imaginer que la forêt abritait plus que des centaures.

Enfin des incohérences mineures émaillent le récit ou certaines réactions des personnages, sans que pour autant elles n’altèrent la logique et la continuité de l’ensemble. Le plus aberrant pour moi est la capacité de Bénios qui, s’il a en lui une prédisposition naturelle pour la magie qu’il n’a jamais exploitée, se voit apte en un peu plus de dix jours à identifier des plantes afin d’en faire des potions (art difficile) et même à jeter des sorts, même si dans ce premier tome il ne s’y adonne pas… Mais seul l’auteur connaît les règles des arcanes mystiques de son monde ; en Enzymis, l’inné est peut-être plus important que l’acquis !

 

Bref, si La Confrérie d’Harfang n’échappe pas à quelques défauts d’un premier récit, elle n’en reste pas moins une intéressante introduction à la quête d’Enzymis. Gageons que le talent prometteur de Quentin Dubois s’affine.

La mise en place est faite et, à présent que les personnages prennent leur envol, souhaitons qu’ils s’individualisent plus les uns des autres, aussi bien dans leurs aptitudes que dans leurs personnalités. De même, le gris devrait faire son apparition dans cet univers pour l’instant très dichotomique et l’histoire s’enrichir et se complexifier… À voir dans le tome 2 « L’Éveil des Abysses » que je chroniquerai également puisque ce premier opus m’a donné envie d’en savoir un peu plus. Je n’en attends pas moins beaucoup sur l’évolution de l’histoire et des personnages.

 

À noter une très belle couverture de Véronique Audelon.

 

Enzymis, tome 1, La Confrérie d’Harfang de Quentin Dubois, TheBookEdition.

Un premier roman à découvrir.

Tag(s) : #Chronique Littérature
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