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ROGUE ONE

L’action de Rogue One se situe peu de temps (très peu de temps même) avant Un Nouvel Espoir (alias l’épisode IV de la Guerre des Étoiles, chronologiquement le premier sorti en 1977).

 

 

Des années plus tôt, Galen Erso (Mads Mikkelsen), un brillant ingénieur est retrouvé et recruté « de force » par l’Empire et en particulier par le Directeur Krennic (Ben Mendelson), un ancien ami ( ?) pour venir achevé ce qu’il avait commencé quelques années auparavant en tant que scientifique de l’Empire : la destructrice Étoile de la Mort (dont les premiers plans sont aperçus à la fin de l’épisode III). De fait Galen avait déserté l’Empire avec sa famille. Il abandonne derrière lui sa jeune fille Jyn Erso (Felicity Jones) qui réussit à échapper aux Impériaux et se réfugie auprès du rebelle indépendant Saw Gerrera (Forect Whitaker).

 

 

Retour au présent, le capitaine rebelle Cassian Andor (Diego Luna) aux ordres du conseil dont Mon Mothma (Gennevieve O’Reilly) a pour mission de retrouver un pilote impérial déserteur qui détiendrait des informations sur une arme redoutable mise au point par l’Empire. Bodhi Rook (Riz Ahmed), le pilote en question, s’est rendu sur la planète Lah’mu pour contacter Gerrera ami de Galen. Toutefois et bien qu’il soit un rebelle, Gerrera est méfiant, vindicatif et assez particulier ; pour l’approcher et gagner sa confiance, il faut donc un laissez-passer à Cassian et son droïde K-2SO qu’ils vont trouver en la personne de Jyn, devenue adulte et actuellement emprisonnée.  Au passage, deux autres personnes se joindront à leur quête : Baze Malbus (Jiang Wen) qui a un faible pour les armes lourdes et son ami Chirrut Imwe (Donnie Yen), un adepte mineur de la force qui s’en sert pour compenser sa cécité.

 

 

Ensemble, ils vont partir en quête des fameux plans de l’Étoile Noire d’une planète à une autre ; ces fameux plans qui serviront d’introduction à un Nouvel Espoir via Leia Organa et R2D2.

 

Rogue One est un Spin off sans en être un, puisqu’il s’emboîte très parfaitement dans la série des 6 premiers films, (bien mieux que le 7 en fait), mais bien sûr en utilisant de nouveaux personnages pour ce one shot – aucun Rogue Two n’est prévu.

Ce film a le grand intérêt de nous plonger du côté obscur de la rébellion, ces gentils résistants qui subissent l’affreux Empire et lutte contre lui en toute légitimité. Là, nous sommes face à un homme Cassian Andor qui agit dans l’ombre et n’hésite pas à se salir les mains pour la bonne cause. Un assassin si besoin et, visiblement, il n’est pas le seul dans ce cas. D’ailleurs derrière les ordres apparents, il a d’autres ordres, bien moins glorieux. Nous nous déplaçons vers une guerre sale (même si elle reste « propre » à l’écran) où les « gentils » restent avant tout des soldats.

Il n’est pas inintéressant que le combat final violent et mortel se déroule sur une planète paradisiaque, un contraste flagrant.

 

 

Le conseil de la rébellion doit également faire des choix difficiles et l’on peut voir ainsi que le consensus n’est pas forcément toujours d’actualité, loin de l'entente affiché dans le IV, V, VI.

Nous sommes loin aussi de l’héroïsme épique des Star Wars traditionnels, même si héroïsme il y a, un héroïsme extrême pour certains des personnages, car la guerre fait des victimes dans les deux camps.

Intéressants de voir aussi la rédemption de ceux qui se sont fourvoyé avec l’Empire, tel Bodhi, même si ses motivations ne sont hélas pas explicitées.

 

 

Sabre laser mis à part (ou presque) nous retrouvons les ingrédients de la franchise : planètes variés (dont une désertique), créatures diverses (pas trop comme dans la première trilogie), une micro touche de Force, le pot de terre contre le pot de fer, pistolets lasers, bataille spatiale et terrestre, la petite histoire dans la grande Histoire… Mais version plus réaliste.

De nombreux thèmes déjà explorés dans l’univers Légend (ancien univers étendu), mais jamais à l’écran. Un bon point de cette « Star Wars story ».

 

Le film est néanmoins long à démarrer et un peu confus au début ; on saute un peu trop vite du coq à l’âne pour enregistrer clairement l’intrigue, même si très vite, nous avons toutes les pièces du puzzle pour retracer le cheminement des personnages.

 

 

Des personnages qui ne sont pas toujours réussis. Je pense en premier lieu Gerrera, ce rebelle indépendant (hors Alliance), au trois quarts cyborg et pas très sain d’esprit. Même incarné par le brillant Forest Whitaker, je n’ai pas trouvé le personnage crédible. Il me semble mal défini dès le départ donc difficile à cerner.

Chirrut Imwe, cet aveugle fidèle à la force qu’il doit posséder de manière très anecdotique ne m’a pas non plus totalement convaincu. Sérieux, mais un peu illuminé tout de même, allié à une touche d’humour sympathique, il vogue entre plusieurs stéréotypes. Du fait des aptitudes martiales et son petit côté « moine », avoir opté pour un acteur asiatique nous entraîne inconsciemment vers l’image d’un prêtre shaolin, ce qui nous porte à faux avec l’univers de Star War ; ce, même si l’acteur Donnie Yen incarne très bien ce personnage un peu excentrique.

 

 

Je suis aussi mitigé sur Felicity Jones dans le rôle de Jyn Erso. Je ne la trouve pas toujours convaincante, même si je dois avouer que son manque de charisme physique va avec la jeunesse du personnage. Jyn sait pourtant s’imposer à plusieurs reprises face à Cassian et sa véritable mission ou face au conseil rebelle. Difficile à dire, il m’a manqué un petit plus pour entrer parfaitement en harmonie avec le personnage.

N’oublions pas ceux qui tiennent le rang, à commencer par Baze Malbus, personnage intéressant ou K-250 robot impérial reprogrammé auquel nous nous attachons très vite, même s’il est très différent d’un C3-PO, R2D2 ou BB8. Sa vision très réaliste des situations et son franc-parler donnent la touche d’humour nécessaire à ce film sombre.

 

 

Outre la présence réduite, mais marquante de Dark Vador (Spencer Wilding) – un peu trop bavard à mon sens dans la première de ses scènes – le méchant de l’histoire est bel et bien Orson Krennic. Un opposant à la hauteur, froid et ambitieux, ajouté de quelques angoisses concernant son supérieur Dark Vador vis-à-vis d’un échec éventuel. Les concepteurs ont judicieusement choisi une opposition avec Vador en le parant de blanc et ses sous-fifres, l’inverse du seigneur Sith. N’oublions pas Tarkin, ici en images de synthèse, toujours aussi impressionnant avec la stature et la sécheresse de Peter Cushing.

 

 

Le personnage le plus intéressant reste Cassian, parfaitement incarné par Diego Luna. Un personnage unique dans cet univers cinématographique que je ne comparerai pas à Han Solo tant ils n’ont rien à voir. Un personnage torturé qui se bat pour le bien et l’espoir en usant de méthodes extrêmes. Un tueur au passé douloureux.

 

 

Bien entendu rien à redire sur les effets spéciaux, les costumes et les décors, même si la tour de Vador (et de l’Empereur ?) ma ramène plus à Sauron qu’à Star Wars. La musique reprend de nombreux thèmes classiques de la série, romantisme, empire, Vador... mais manque tout de même de pertinence et de punch lors de certaines situations. Elle devient plus un support qu’une composante narrative comme dans les séries de base composée par l’illustre John Williams. Il nous manque d'ailleurs l'introduction avec le légendaire déroulant...

 

Avec bonheur, le film fait de nombreuses références aux autres films de la série et, en particulier à la trilogie originelle, déjà par la technologie de l’Empire et des Rebelles forcément similaire à celle de l’an O. Mais aussi par des passages sur la lune de Yavine (plan incontournable) et par l’apparition de quelques personnages tels Bail Organa (Jimmy Smits), Mon Mothma, mais également la vilaine face qui provoque Luke dans la cantina et je pense même le chasseur de prime dont Leia prendra l’identité dans l’épisode 6. Sans parler de… Ben du coup je n’en parle pas…

 

 

Après un début un peu laborieux, le film part vers plus d’action et de tension atteignant un point culminant lors du dernier affrontement (à plusieurs niveaux comme toujours). Là, nous nous retrouvons à fond dedans et les dernières séquences de ce combat faisant le lien avec « un Nouvel Espoir » ne peuvent que tirer un large sourire aux fans de la première heure.

 

Au bilan, nous passons un bon moment avec ce film décalé de la série « Star Wars » par son ton. S’il manque d’un allant épique, il n’en reste pas moins intéressant en lien direct avec l’épisode IV, expliquant quelques points comme l’origine des plans que Leia va confier à R2, pourquoi l’Étoile Noire explose si facilement et également pourquoi la rébellion ne dispose pas de plus de vaisseaux face à la mortelle lune.

 

 

Bref un incontournable pour les fans ou les simples fidèles de Star Wars, un peu moins pour les autres ou les plus jeunes.

ROGUE ONE
Tag(s) : #Chronique Cinéma, #Star Wars

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