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Heartstopper : de la série au film
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Le 17 juillet sur Netflix, le film Heartstopper forever est venu conclure les 3 saisons de la série Heartstopper. Je viens donc vous parler de cette saga LGBTQIA+ orientée vers un public ado et jeune adulte, même si elle peut toucher un public plus large, dont moi.

Pour tout dire je me suis mis à cette série début 2024 après l’écriture presque compulsive d’un roman queer et dont j’ai fini les dernières retouches ces derniers jours. J’avais visionné My dear F*** Prince et je cherchai une série sur un thème approchant. Je suis tombé sur Heartstopper presque par hasard.

Notons que cette série est tirée des romans graphiques éponymes d’Alice Oseman qui est aussi la scénariste de la série et du film. Sa BD a presque constitué le story-board des différents épisodes.

Heartstopper : de la série au film

Que ce soit la série ou le film, le scénario tourne autour des amours d’adolescents non cis, donc de la communauté LGBTQAI+.

En particulier, nous suivons la relation entre Chalie Spring (Joe Locke) et Nick Nelson (Kit Connor). Si le premier assume son homosexualité, Kit en tombant amoureux de Charlie va devoir admettre et accepter sa bisexualité. Le coup de foudre étant réciproque, la force de leur amour leur permettra (ou non) de surmonter toutes les épreuves.

Plusieurs personnages gravitent autour d’eux : le couple Elle (Yasmin Finney) et Tao (William Gao), Imogene (Rhea Norwood), Tara (Corinna Brown), Darcy (Kizzy Edgell), Isaac (Tobie Donovan) ou Tori (Jenny Walser). Chaque personnage offre un aperçu d’une partie des différences qui enrichissent la communauté des fiertés.

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Heartstopper : de la série au film

Les romances qui se déclinent et se déroulent dans Heartstopper sont touchantes et font frissonner les cœurs sensibles et fleurs bleues. Elles ont à la fois la force, l’espoir et l’innocence des premiers amours. Cette pureté tient en haleine et, heureusement, ne plonge pas de suite dans la sexualité. Les sentiments priment et nous pouvons considérer que c’est heureux à cet âge-là.

 

Bien sûr, sur cette base qui accroche le spectateur, l’histoire pointe du doigt les difficultés de la communauté LGBTQIA+ : reconnaissance, acceptation de soi et des autres, tolérance, stigmatisation et bien sûr homophobie et transphobie même si ces thèmes ne sont que très peu abordés et ne constituent en rien les sujets essentiels de l’œuvre.

 

Au-delà de ce registre lié à la communauté queer, Heartstopper aborde également des afflictions que peuvent vivre tout à chacun et en particulier les enfants et les adolescents. Le harcèlement et ses conséquences sont développés tout au long des épisodes en incluant le film. Le très délicat sujet des troubles alimentaires est amené en douceur puis en profondeur dans la série.

Quant au film, il parle de la fragilité émotionnelle acquise par une éducation dévalorisante. Ce sera un de mes bémols du film qui je trouve ne s’attarde pas assez sur le sujet. Le flash-back qui insiste sur ce point n’est pas assez fort ; il l’aurait été plus si ce même flash-back avait été constitué de plusieurs souvenirs et pas d’un seul. Cela même si les faits sont appuyés par David Nelson (Jack Barton) dans le film, le frère peu tolérant de Nick.

 

Un autre bémol sur la série comme sur le film est la quasi-exclusion de personnes cis et hétérosexuels qui, somme toute, demeurent largement majoritaires au sein de la population. Certes Heartstopper n’est pas là pour traiter de cette tranche d’individus et de leurs déboires dont une multitude de films et séries romantiques (ou non) parlent. Néanmoins, je trouve qu’il est regrettable qu’Heartstopper exclue presque à cent pour cent cette majorité du cercle d’amis du groupe d’intimes LGBTQAI+ qui se constitue dans la série autour de Nick et Charlie.

Ceux qui ont visionné Heartstopper vont m’opposer plusieurs arguments. Le premier sera qu’il y a quelques amis de Nick dans l’équipe de rugby qui sont, a priori hétéros et cisgenres. Certes, mais les voyons-nous tant que cela ? Leurs interventions sont-elles si importantes que cela ? La réponse dans les deux cas est non, ils ne sont qu’accessoires. Deuxième argument : il y a le couple Tao et Elle. Effectivement ils sont hétérosexuels, lui aime une fille et réciproquement. Sauf qu’au regard d’un « bien-pensant » cis et hétéro, ils ne peuvent pas être considéré en dehors de la communauté puisqu’Elle est une femme transgenre qui, a priori, a terminé sa transition physique (ni la série, ni le film n’évoquent le contraire).
Le seul argument qui me semble donc recevable est que les personnages du film et ce qu’il représente ne se sentent à l’aise, détendus et en sécurité qu’entre eux et ce quelque soit leur sous-étiquette : gays, lesbiennes, bi, asexuels, transsexuels, genrés ou non-binaires… Ainsi loin des regards des autres, des sarcasmes, du racisme et autres vilenies, ils peuvent être bien. Comme je l’ai dit plus haut, Heartstopper ne traite pas de l’homophobie et confronter tout ce petit monde aux autres aurait fatalement tiré le drap vers ce côté du lit qu’est l’intolérance ; mais peut-être qu’un couple hétéronormé dans le lot d’amis aurait pu montrer que la tolérance et le vivre ensemble est possible.

 

Mon ultime bémol vient sur la durée du film qui aurait mérité au moins trente minutes de plus pour développer davantage les autres protagonistes que nous avons suivis avec bonheur durant trois saisons. S’ils sont ne sont pas vraiment oubliés, la place est faite essentiellement à la love story de Nick et Charlie et les difficultés qu’il rencontre alors que l’entrée à l’université pointera bientôt son nez. L’épilogue rectifie un peu le tir, sans remédier complètement au manque.

 

Que de bémols me diraient vous. Il n’en reste pas moins que j’ai fondu pour la série et peut-être un peu moins pour le film ou beaucoup de choses semblent jouées d’avance. Cet engouement est-il lié à mon cœur sensible ou à ma nostalgie de moments que je n’ai pas eu la chance de connaître dans ma jeunesse ? Je dirai que les deux font la paire comme vous pourrez le constater si un jour vous lisez mon roman en cours, le jour où il sera publié.

En tout cas j’ai aimé Heartstopper, sa sensibilité, sa fragilité, son espoir et son positivisme. Tant pis si certains trouvent cela trop gentil et pas assez réaliste. Un peu de tendresse dans un monde de brutes (comme disait la pub), un peu de lumière pour nous éclairer vers une voie de tolérance, de reconnaissance et d’acceptation des différences de tout à chacun.

Heartstopper : de la série au film

Heartstopper 3 saisons et un film.

A voir sur Netflix

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Tag(s) : #Chronique Cinéma, #Séries, #Netflix
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