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LA VINDICTE DU CORBEAU

Nous sommes en 1815, 35 ans après l’arrivée des Dryades sur Terre. Bien que peu nombreuses, celles-ci ont chamboulé l’histoire en s’alliant au roi de France Louis XVI. Elles ont nourri et soigné le pays, apportés des armes végétales aux troupes françaises ce qui a permis au pays de vaincre ses adversaires (dont l’Angleterre) et de s’imposer toute puissante en Europe. Les croyants se sont détournés de l’Église Catholique pour révérer les Dryades dans une foi beaucoup moins coercitive. La révolution n’a pas eu lieu, Robespierre et Danton sont députés, Bonaparte sert le Roi à la tête de ses armées. Le seul opposant à ce régime et aux dryades est Lafayette, allié aux Hurons en Nouvelle France.

 

Quand l’histoire commence, le roi vient de mourir, laissant 2 héritiers potentiels au trône, le choix se fera par l’Assemblée. Si ce conflit de pouvoir s’immiscera dans le récit, le récit se concentre sur un autre point, la disparition d’une « extension » de Cérès, l’ambassadeur des Dryades. L’enquête est confiée à un mousquetaire noir, Thierry de Chambreuil, au bras de bois et de sève, qui se fera aider de Dame Thalie, dryade de son état. Une quête qui les mènera face au Furet (brigand et assassin sadique), au Vicomte de Favras (bras droit de Lafayette), à Nashoba (shaman huron), mais aussi à des ennemis ancestraux des Dryades.

 

Philippe Deniel (nouvelliste émérite des Prix Mille Saisons, éditions le Grimoire) se replonge dans un monde qu’il avait esquissé dans la nouvelle « Nouveaux Alliés » (in La Cour des Miracles), reprenant également son personnage principal de Chambreuil. Cependant, il n’est nul besoin d’avoir lu cette nouvelle pour suivre cette histoire qui se déroule des années plus tard.

 

Le récit est prenant et l’histoire bien que se complexifiant demeure claire. Seule la mort de Monsieur de Réal m’a posé problème, car elle passe si inaperçue au début que lorsqu’elle est évoquée par la suite, j’ai dû retourner plusieurs pages en arrière pour retrouver ce mort (non nommé alors). Ce sera mon seul bémol (avec quelques coquilles) de ce roman.

J’ai vraiment apprécié cet univers alternatif de 1815 où l’on retrouve de grandes figures de notre histoire dans des rôles quelque peu différents. Loin de l’héroïc fantasy, ce récit de cape et d’épée à la noblesse et la courtoisie que l’on idéalise de cette époque.

L’apport d’une tradition indienne, même seulement effleurée, est un plus du récit. Mais c’est l’univers des dryades qui apporte une richesse incontestable au roman. Elles ne sont pas des créatures de fééries, mais un peuple végétal extraterrestre. L’intelligence de leur structure sociale, de leur mode de vie et de leur communication, mais aussi de leurs aptitudes nous éloigne des sentiers battus. Philippe Deniel a su créer un peuple original et passionnant sur lequel nous en découvrons un peu plus à chaque page.

Dame Thalie en est une digne représentante, mais nous découvrirons quelques autres personnalités de ce peuple, loin d’être aussi monobloc qu’il pourrait le sembler. Personnellement, je les trouve même inquiétants.

Le panel de personnages apporte un ensemble d’individus plus que correct. Du perfide Furet que l’on aime détester, à Danton plus ambiguë, en passant par la forte Marie ou au personnage principal de Chambreuil, c’est autant d’individualités qui interagissent dans ce plan complexe.

 

Histoire intéressante, univers enthousiasmant, écriture agréable et personnages ensorcelants, que demander d’autres ?

Quant à l’épilogue, pas spécialement utile à mon sens, à le mérite de nous dire qu’une suite est envisageable, voire envisagée…

 

À découvrir aux éditions Pulp Factory

LA VINDICTE DU CORBEAU
Tag(s) : #Chronique Littérature
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