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SHAZAM ! un super-héros jeunesse.

Billy Batson (Asher Angel) est un jeune ado d’une quinzaine d’années. Orphelin, il fugue régulièrement de ses familles d’accueil à la recherche de sa mère biologique. Il est accueilli chez un nouveau couple qui a déjà sous son toit 5 autres enfants de tout âge et de toute nationalité d’origine. Si Billy se lie quelque peu avec eux et en particulier Freddy Freeman (Jack Dylan Grazer qui a tendance à surjouer), fan de Superman et Batman (nous rejoignons l’univers cinéma DC), le garçon n’a pas vraiment l’attention de s’attarder ou de renoncer à sa quête.

 

Billy et Freddy
Billy et Freddy

 

Cependant, Billy va être happé par un ultime sortilège lancé par le Sorcier (Djimon Hounsou) de son Rocher d’Éternité et être convoqué par lui afin qu’il prenne sa place et devienne un nouveau héros. Il doit protéger le monde de 7 démons, les péchés capitaux, qui ont enfin réussi à s’échapper de leur prison.

Lorsqu’il invoque le nom de Shazam, Billy devient adulte de corps (Zachary Levi) et un héros sans vraiment de nom…

 

DC décline « ses » héros au cinéma en prenant l’option de présenter Shazam, inconnu du grand public. Historiquement ce personnage se nommait Captain Marvel (nom repris bien plus tard en 1967 par Stan Lee pour la première version du Captain MarvelMarr-Vell de la maison d’édition Marvel) et avait été créé au sein de Fawcett Publications par C.C Beck (aux dessins) et Bill Parker. Même s’il est d’origine magique, les pouvoirs de Shazam étaient très inspirés de ceux de Superman (né en 1938). Véritable succès, il détient le record de vente de comics en 1944 et est publié jusqu’en 1953, année où l’éditeur perd son procès contre DC pour plagiat.

 

Actions comics 1 (juin 1938) vs Whiz Comics 2 (février 1940)
Actions comics 1 (juin 1938) vs Whiz Comics 2 (février 1940)

 

Ironie du destin, il sera racheté en 1972 par DC qui l’intègre alors à son multivers et plus tard à son univers principal où, désormais, il côtoie Superman. Afin de ne pas le confondre ou faire la pub pour le Captain Marvel de leur concurrent, il se rebaptisera (hélas) Shazam qui à l’origine est à la fois le nom du Sorcier qui donne ses pouvoirs à Billy et le mot magique qui le transforme de l’un à l’autre. Une vraie difficulté puisque ni le héros ni Billy ne peuvent prononcer Shazam sans se transformer. Absurdité réglée dans le film puisqu’aussi bien le Sorcier que le Héro n’ont pas de nom attitré. Notons que, dès sa création Shazam avait déjà un problème de pseudo, puisqu’il devait se nommer Captain Thunder, mais que le pseudo était déjà pris… Néanmoins il portait ce nom dans les 2 versions de Whiz Comics 1, tirage limité et non publié, mais dédié à attirer les publicitaire dans leurs pages (ansi le premier Whiz comics a être sorti porte le n°2).

 

 

Le film, tout comme le personnage tend sur le décalage déjà vu dans quelques comédies d’un ado transposé dans le corps dans adulte. Le principe rend de nombreuses situations rocambolesques, tirant le film à la fois vers l’humour (sans être une comédie) et un public jeune ou ado, malgré quelques scènes « effrayantes ».

 

7 Péchés Capitaux et la tentation...

 

L’orientation prise par le scénariste Henry Gayden et le réalisateur David F. Sandberg est donc celle de la légèreté, mais aussi de vanter les liens « familiaux » construits plutôt que des liens génétiques. Les valeurs de la fratrie et de l’amitié sont bel et bien mises en avant comme dans le comics. Le film s'attache assez bien à mettre en place la famille d'accueil et les difficultés des enfants abandonnés..

 

Famille recomposée
Famille recomposée

 

Rien de gênant en cette ambiance teen movie même si le film prend souvent un petit air de Disney Channel (Attention spoil : Vous n'échapperez d'ailleurs pas à la Famille Marvel) ; par contre l’attitude enfantine et immature de Shazam est dérangeante. En effet son alter ego Billy Batson est bien plus mature dans son comportement lorsqu’il est lui-même que lorsqu’il est dans son corps d’adulte irresponsable. Un décalage incompréhensible et provocant donc une fissure dans le scénario.

Le vilain Sivana, incarné par Mark Strong et les 7 Capitaux viennent remettre un peu d’ombre dans l’histoire, et ce dès l’introduction. Un début violent auquel fera écho quelques scènes bien noires avec des démons hideux et sans scrupules.

 

Sivana vs Shazam
Sivana vs Shazam

 

Notons que si la prestation de Mark Strong est tout à fait à la hauteur et rehausse un personnage sans atermoiements et assez monolithique dans sa personnalité, le Sorcier frôle le ridicule (jeu d’acteur ou direction d’acteurs ?). Je ne reviendrai pas sur l’exagération de l’immaturité jouée par Zachary Levy (qui en plus ressemble à un de mes amis…) qui nuit à la crédibilité du personnage, mais je parlerai un peu de Asher Angel. Le jeune acteur (14 ans lors du tournage) s’en sort pas mal dans un rôle ambigu de fugueur au grand cœur caché derrière une carapace pour se protéger. Néanmoins, sa ressemblance avec Maisy Williams (Aria Stark) m’a troublé. Remarquons aussi l'amusante présence de John Glover qui, s'il fut le père de Lex Luthor dans Smallville, est ici le père tout aussi intransigeant de Thaddeus Sivana.

 

Sans être un film mémorable, Shazam est une variation pas désagréable sur le thème super-héros. Il se laisse regarder dans un esprit jeunesse, loin des ombres habituelles de l’univers DC. Une suite est sans aucun doute prévue.

SHAZAM ! un super-héros jeunesse.
Tag(s) : #Chronique Cinéma, #DC
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