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DERNIERE SEMAINE d'un REPTILE

Ce recueil regroupe 8 textes écrit par le pertinent Franck Ferric entre 2006 et 2013 reliés entre eux par l’histoire de Julius, l’auteur fictif de ces fictions.

Bien qu’humain, Julius est le reptile du titre. Il se révèle un personnage à sang froid tant il vit à côté d’une humanité qui le dépasse par sa folie. Etonnement, cet homme désabusé sans autre passion que l’écriture va peu à peu se perdre dans la quatrième dimension (Twilight Zone), parallèle que je fais aisément tant l’atmosphère et la dérive de ce ruban rouge m’y fiat penser.

 

Si les histoires mis en avant dans ce recueil sont d’une nature très diverse allant du cosmos (Révolutions) aux camps de concentrations (Eux plutôt que moi) en passant par les plaines du grand West (Dieu de bile) ou la fantasy contemporaine qui m’est chère (Terminus), elles ont toutes un point en commun : un regard cynique et sans concession de notre présent et de la condition humaine.

 

Il est clair qu’à travers ces écrits, Franck Ferric exprime son point de vue (guère éloigné du mien) sur un monde gagné par la folie qui ravage sa planète, s’enlise dans une économie qui domine ses moindres pensées, et qui s’uniformise en gris dans un moule imposé.

Ferric ose commencer par un texte fort « Eux plutôt que moi » qui s’ancre dans l’horreur de la réalité de ce Trawniki. Un salaud qui choisit de survivre au prix de son âme. Personne à la fois impardonnable et d’un pathétique cruel. Un « Bang » doublement effroyable.

« Dieu de Bile » s’attache au réel exploitant un sujet que j’ai personnellement à cœur qui est le massacre des amérindiens par les envahisseurs colons. Là aussi, il met un autre genre de salaud en scène, Joachim Stahl, qui lui n’a aucune excuse.

Si les autres textes s’éloignent du réel, ils n’en sont pas moins forts.

Derrière une légèreté apparente « Has-Been Blues » dépeint la monstruosité de notre civilisation. Une mise en miroir magnifiquement trouvée. Quant à « Les Pas de Golem » ont peu y voir sans hésiter une critique de notre société envahis par nos propres déchets. Un pamphlet écologique qui se trouve repris de-ci de-là dans les autres textes.

Finalement, malgré sa rudesse « Vieille Branche » peut être considéré comme une bouffée d’espoir et d’optimisme qui s’effondre bien vite avec le dernier texte du recueil : « La Bouteille, le Barbu et le sens du monde » qui, s’il n’est pas mon préféré résume bien ce livre.

 

Au-delà du divertissement littéraire qu’il offre, « Dernière Semaine d’un Reptile » gratte là où ça fait mal, telle une vision dépourvue de la joliesse illusoire que l’on veut nous imposer de notre réalité.

Faite votre mue, réveillez-vous, ouvrez les yeux et réagissez, nous dit Franck Ferric qui nous sert une fois encore un livre de qualité.

 

A découvrir aux (décidément excellentes) Editions du Riez >> LIEN.

Et ce pour 8€ !! Pas de quoi faire l’impasse.

Tag(s) : #Chronique Littérature
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