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En quelques instants le monde a basculé….

En ces Jours Sanglants, les dragons ont ravagé les royaumes humains s’en appropriant une part désormais connu sous le nom de la Morteterre. Réfugié en Viveterre, les mages ont pu maîtriser le flux magique pour l’insuffler à de jeunes nouveaux combattants faisant d’eux des Chevaliers, tueurs de Dragons. Ils sont le plus puissant rempart contre la Malombre, magie (vivante ?) qui domine la Morteterre et peu à peu gagne du terrain, contaminant de sa pestilence le sol, la nature et même les êtres vivants.

Le combat semble perdu d’avance et l’humanité va à sa perte.

 

Malgré son jeune âge (20 ans), Béryl est désormais le plus valeureux et respecté des tueurs de dragons. Comme beaucoup, il a subit de lourde perte lors des Jours Sanglants, y compris sa famille, ce qui lui fait sans doute accepter de conduire le jeune Gabriel dont le village vient d’être détruit à FauconRoc. Sous la direction du comte Torque Loredrill, créateur de la caste des Tueurs de Dragons, la citadelle indépendante est le fer de lance de la lutte contre la Malombre.

Gabriel est un des nombreux personnages que nous suivrons. Il rejoint deux autres adolescents Corneille et Peine formant un des nombreux trios d’aspirant. Ce petit groupe nous permet de découvrir tout un premier pan de ce monde parfaitement construit.

A peine rentré, Béryl doit repartir en emmenant avec lui le jeune page Atten afin de lui faire découvrir la Malombre sur le terrain. Ils seront servis et devront aller à l’aide des créatures du petit peuple dont Nywen, qui jadis sauva Béryl lors des Jours Sanglants.

Très vite, autour de ses personnages, une multitude d’autres viennent s’ajouter avec leur complexité et permettant de nous faire découvrir d’autres facettes de l’univers riche du roman. Je ne citerai que la mage Lorelei, Amielle la benjamine des Loredrill à la peau diaphane et même Forteresse l’intrigante jument montée par Béryl, mais il y en a bien d’autres.

Quant au Mal, il va prendre une nouvelle tournure inattendue par les combattants du bien et frapper au cœur.

 

Gaëlle K. Kempeneers nous présente un monde construit qu’elle peuple de très nombreuses figures. Le risque était de nous perdre dans cette foultitude de personnage, mais elle sait si bien les incorporer au fur et à mesure de l’histoire et faire une petite touche de rappel sur eux de-ci de-là, que la liste des personnages en annexe en devient même superflu. L’autre tour de force est de rendre tous ses personnages intéressants. Certes il y a des premiers rôles, mais des figurants se permettent de prendre de l’importance, voir de capter toute l’attention à eux ponctuellement.

 

La description de son monde est à l’image de ce que l’auteur fait avec ses personnages. Elle le densifie peu à peu et par touches successives, revenant sur tel ou tel point pour le préciser ou nous en dévoiler une autre facette. Tout en souplesse, reflet de son écriture fluide et d’une belle construction scénaristique.

 

Le thème du Mal qui pervertit le monde est un classique ; les effets de la Malombre sur la nature et les créatures vivantes peut faire penser (par exemple) au Vieill de la BD « les Chevaliers Dragons ». Il faut reconnaître que toutes les idées sont préexistantes et ont déjà étaient utilisées, toutefois, comme le montre ici Kempeneers, il est toujours possible de créer l’originalité par une variation et un habillage joliment réalisés.

 

Il en va de même de la magie et en particulier de son utilisation par les Tueurs de Dragons. C’est l’acquisition de leur magie (juste évoqué dans ce tome) qui la rend particulièrement intéressante ainsi que ses déclinaisons sur le même thème.

 

Par ailleurs, l’auteure nous réserve quelques révélations surprenantes et des évolutions de certains personnages pas si prévisibles que cela (l’évolution oui, laquelle non…).

 

Certes on peut le manichéisme du monde de Kempeneers et les quelques touches de gris que l’on y trouve n’y change pas grand chose. La pureté des « héros » de Béryl à Gabriel est nette s’opposant à l’obscurité de la Malombre et de ses agents infectés par elle. Toutefois c’est un vrai parti pris qui s’intègre dans l’esprit de cet univers, dans le sang des personnages, de la sève du monde et, finalement, dans l’encre des mots.

 

Difficile de ne pas noter que l’auteure est une femme tant il y a d’amourettes qui fleurissent à tout âge dans le ce tome…. STOP ! Attendez avant de m’affubler de l’étiquette sexiste ! Pour ma part, cela ne m’a pas vraiment gêné, je suis un grand romantique et j’aime les belles histoires d’amour et d’amitié, je l’avoue. Mais peut-être que d’aucun trouvera tout cela un peu trop « gentil ». Pourtant cela fait du bien dans ce monde de brutes - et je ne parle pas forcément de celui de la Morteterre.

 

Mon seul vrai bémol sont les illustrations internes qui n’apportent rien de plus à l’écrit et à aux descriptions plus morales que physiques des personnages. Pire, pour moi celles de Béryl ou de Nii s’opposent à leur image que mon esprit à construit à partir de mon ressenti. A oublier….

 

Faute de temps, je n’ai pas pu dévorer ce roman aussi vite que j’en avais envi même si je me suis vu à le lire deux heures de suite non stop sans m’en rendre compte (merci à mon garagiste). J’ai vraiment passer un bon moment, simple, intéressant, loin de combats incessants, donnant une grande place aux personnages avec un vrai élan heureux et positif malgré le monde sombre de l’ouvrage.

Bref, lorsque j’ai terminé ce premier tome, je n’avais qu’une hâte, lire le deuxième… pas encore disponible. Sigh ! Aussi simpliste que puisse être ce ressenti, pour moi, il ne fait que confirmer que « Le Chant de la Malombre » est un livre agréable qui mérite sa place dans votre bibliothèque.

 

A retrouver chez Voy’[el], une jeune et belle maison d’édition à découvrir.

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Tag(s) : #Chronique Littérature
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