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Voilà la suite directe du Chapitre 3 (que vous aurez peu à peu dans son intégralité), avec l'arrivée de deux protagonistes : Opale et Antoine. Les personnages se mettent en place et bientôt leurs routes vont se croiser pour le meilleur (peut-être) mais aussi pour le pire... le Chaos n'est pas loin.

 

Avant, chapitre 3.1 : http://fredericgobillot.over-blog.fr/article-le-dormeur-chapitre-3-extrait-47449502.html

 

         Les occupations matinales d’Opale lui avaient pris plus de temps qu’elle ne l’avait pensé. Partie tardivement de chez elle, elle était arrivée après le début de la manifestation, se retrouvant bloquée à l’extérieur de l’enceinte comme une bonne partie des autres participants. Elle avait tout de même retrouvé Vanders, un de ses amis écologistes. C’était lui qui l’avait mis au courant des projets de l’université Descartes. Bien qu’il ne fasse parti d’aucun groupe dirigeant les mouvements écologistes, Antoine avait un don pour être au courant de tout ce qui se passait sur la région parisienne. Il était une source d’informations presque intarissable sur les actions écologistes locales. Sans être un fonceur ou un décideur, le jeune homme n’en était pas moins un activiste reconnu.

         Même si Opale se sentait tout autant impliquée que Vanders sur la protection de l’environnement, elle était bien moins actrice qu’il ne pouvait l’être, sans doute très prise par ses activités de soigneuse des déshérités. Cette fois encore, elle s’était laissée convaincre par Antoine. S’agissant d’une lutte apparemment secondaire du mouvement écologiste, Antoine avait argumenté sur la nécessité de sa présence, d’autant plus que la mobilisation risquait d’être faible. Le garçon avait fait des pieds et des mains jusqu'à obtenir à l’arraché l’accord d’Opale. Une fois sa parole donnée, la jeune femme ne pouvait plus revenir en arrière, c’était une question d’honneur. Elle avait donc fait son possible pour être présente cet après-midi même avec un peu de retard.

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Effectivement, les manifestants étaient peu nombreux, mais dans un sens cela permettrait de garder plus facilement une ligne de conduite pacifique au mouvement. A priori, la pénétration dans l’enceinte du riche campus s’était faite en douceur. Débordé par le nombre, le service de sécurité n’avait pu se concentrer que sur quelques individus laissant la possibilité à d’autres de passer. Dès qu’un manifestant était stoppé, il se figeait sur place passivement ou s’asseyait. C’était ainsi qu’une partie d’entre eux était arrivée sur la pelouse derrière l’entrée principale avant que les agents universitaires ne puissent s’organiser en un cordon apparemment infranchissable. En fait il aurait suffit d’une bonne poussée pour rompre le lien et ouvrir un passage aux manifestants. Mais le mot d’ordre était « aucune violence ou provocation ». D’ailleurs, les écologistes étaient désormais en train de s’asseoir les uns après les autres, confirmant leurs intentions pacifiques. Ils voulaient juste attirer l’attention.

         Opale s’était posée sur un large trottoir aux côtés d’Antoine et de quelques-unes des connaissances du garçon. Ils étaient situés sur un des côtés de la manifestation et reprenaient en chœur les quelques slogans des activistes. D’où elle se trouvait, Opale pouvait apercevoir l’université Descartes, un magnifique ensemble de bâtiments cossus et sans aucun doute coûteux. Cela n’avait rien à voir avec les écoles de la Zone qui étaient souvent délabrées, voire même insalubres dans certains cas. Il n’y avait aussi que peu de comparaison possible avec les universités publiques des quartiers médians qui étaient la généralité puisque s’adressant aux classes sociales intermédiaires. Bien entendu dès qu’une famille s’estimait suffisamment à l’aise au niveau financier, elle déplaçait ses enfants du public vers le privé si cela pouvait s’avérer utile, ce qui n’était heureusement pas toujours le cas. Certaines écoles, certains lycées et de nombreuses universités publiques avaient une excellente réputation et de très bons résultats. Mais il était indiscutable que Descartes était l’université de référence. Les étudiants sortant de ce haut lieu de l’enseignement privé avaient souvent un travail assuré. C’était ainsi, même si certains sortants avaient sans doute un niveau moindre que d’autres venant d’ailleurs.

         Désolée de cet état de fait et de l’éducation à deux vitesses que ne pouvait qu’évoquer la majesté quelque peu rigide des bâtiments de Descartes, Opale laissa dériver son regard sur le service de sécurité. Face à l’insécurité croissante, ces services privés s’étaient largement développés depuis le début du nouveau millénaire. Ces milices avaient acquis plus de droits devenant finalement des polices parallèles armées et ayant pouvoir d’interpellation. L’équipe de l’université était vêtue de costumes flambant neufs bleu nuit, couleur attitrée des forces de l’ordre. Bien entendu leurs vestes étaient renforcées d’un tissu de kevlar permettant de bloquer les armes blanches et une partie des armes à feu classiques. Un taser était accroché à leur ceinture. Cette arme électrique permettant de neutraliser un individu était non létale. Si les modèles et les puissances pouvaient différer c’était avec la matraque un élément classique de la panoplie du parfait agent de sécurité, auquel il fallait ajouter la lampe torche, les menottes et un moyen de communication. A cette distance Opale ne pouvait distinguer les oreillettes que les agents devaient immanquablement avoir.

         Jusqu'à présent la situation semblait stable et sous contrôle. Entre deux slogans, Opale se tournait vers Antoine pour discuter avec lui. Elle aperçut deux hommes se dirigeant vers eux. Ils devaient avoir autour de vingt ans, sans doute un peu plus pour le plus grand. C’était lui qu’Opale avait remarqué en premier. Athlétique et souriant, il était plutôt séduisant. Opale le trouvait plutôt à son goût. Le second était plus quelconque et faisait terne aux côtés de son blond camarade. Tous deux portaient des vêtements de bonne facture. Le plus mignon avait un sac tenu négligemment et l’autre une petite sacoche. Ces quelques détails associés à leur allure firent tout de suite comprendre à Opale qu’il ne s’agissait pas de sympathisants mais plutôt, aussi étrange que cela puisse paraître, d’étudiants venant sans doute de Descartes.

 

 

A suivre, bientôt, ici même,

http://fredericgobillot.over-blog.fr/article-le-dormeur-chapitre-3-extrait-n-3-le-capitaine-musalpa-52132692.html

 

ou directement dans Le Dormeur, premier tome du Cycle de l’Eveil.

http://www.societedesecrivains.com/boutique2006/detail-15875-PB.html

 

 

Tag(s) : #Le Cycle de l'Eveil

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