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L’ÉCRIVAIN de la FAMILLE

     Je préfère le dire en introduction ; contrairement à ce que l’on trouve en commentaire sur la quatrième de couverture de l’édition « livre de poche », ce livre n’a rien de drôle.

     Vraisemblablement non autobiographique, « l’écrivain de la famille » expose la vie pathétique d’Edouard. Pathétique car à aucun moment, si ce n’est – peut-être – dans les dernières pages, le personnage ne prend sa vie en mains.

     Certes il doit subir les désidératas de ses parents. Son père dépressif voit sa « superette à l’ancienne » bouffée par l’apparition des grandes surfaces. Sa mère volage semble avoir perdu tout sentiment amoureux pour son mari. Il faut ajouter à cela le drame qu’est la maladie de son jeune frère qui sombre dans une forme d’autisme (le nom de la maladie n’est pas donné). Seule sa sœur semble s’en sortir à peu près, tout du moins au début jusqu’à ce que….

     Quant à Edouard, il est prédéterminé le jour où, à 7 ans, il fait quelques malheureuses rimes qui font aux yeux des siens un futur grand écrivain. Ce déterminisme sera renforcé par Monique sa future épouse, prête à « tout » faire pour lui laisser le temps d’écrire son œuvre. Comme pour une bonne partie de sa vie et malgré les conseils succins de son père, Edouard ne contrôle rien à son mariage. Celui s’impose à lui, faute de donner son avis.

     S’il ne devient pas écrivain, il devient publiciste (comme l’auteur lui-même qui a monté sa propre agence) et à ce qu’il semble plutôt doué, seul ilot de survie qui semble lui rester.

 

     « L’écrivain de la famille » est une histoire à laquelle on s’accroche, tant on voudrait que le personnage principal réagisse et ce sorte de cette vie qui le mène par le bout du nez (entre autre). Une passivité horripilante, pour une vie triste et comme je le disais pathétique. Les choses allant de pire en pire, presque à chaque chapitre (très courts chapitres).

     A cela, il fait ajouter le talent d’écriture de Grégoire Delcourt, dont c’est le premier roman. Agréablement fluide et s’enchaînant naturellement. Il déroule les événements avec simplicité et lucidité.

     Un livre dont la morale pourrait-être « parles, bouges et contrôles ta vie si tu ne veux pas la subir ».

Tag(s) : #Chronique Littérature

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