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LE CHANT DE LA MALOMBRE 2 : FACE A LA MAREE.

« Face à la Marée » est le deuxième tome du « chant de la Malombre » et il faut constater qu’il est réussi et qu’il porte bien son titre. (Ma chronique du tome 1 >> ICI).

 

Le monde se partage entre la Viveterre où demeurent les royaumes humains et de rares autres créatures qui se font discrètes et la Morteterre, domaine des dragons et autres monstres du Mal. Cette Morteterre grignote peu à peu la Viveterre et le processus va s’emballer dans ce tome.

Face à cette terrible avancée, l’ordre des Tueurs de Dragons résiste tant bien que mal. Ils regroupent des guerriers aptes à user du Flux (magie) pour se renforcer, de mages et de guetteurs. Le cœur de ces forces est la forteresse de Fauconroc, gouverné par le comte Torque Loredrill dont Amielle, l’une de ses filles à probablement un de ses ancêtres féériques.

 

On retrouve dans ce tome, tout ce qui a fait le charme du premier : l’écriture fluide et agréable de Gaëlle K. Kempeneers, une action certes existante, mais pas omniprésente et une véritable passion pour les personnages, ainsi que cette touche de romance propre à l’histoire.

 

Etonnement, alors que le tome 1 présentait déjà une multitude de personnages, l’auteure s’autorise dans un heureux choix de lancer l’histoire sur de nouveaux protagonistes : d’une part Dogmaé un guetteur et d’autre part Loréa aux côtés de son fils Godéric qui apparaissent quelques pages plus loin (P°28) par un retour 5 mois en arrière. Un choix que je dirai audacieux au vu du foisonnement de personnages qui existent déjà et dont peu prennent le devant tant tous sont traités presque avec une importance identique, ce qui est, à mon sens, fort appréciable. Choix audacieux, qui chamboule peut-être quelques dogmes littéraires, mais qui fait mouche. Les autres personnages sont donc réintroduits progressivement en commençant par Gabriel, l’un des jeunes apprentis Tueurs de Dragons, et que l’on peut considérer comme l’un des personnages principaux à l’instar de Béryl.

Fascinante panoplie de personnages auxquels nous avons commencé à nous attacher dans le tome 1 et à laquelle les nouveaux venus seront finalement rattachés, en particulier Godéric (mais c’est bien sûr…). Petit bémol, vu la pléthore de personnages et même si on finit tout de même par si retrouvé, le lexique de fin me semble un peu succinct, d’autant plus quand on a lu le premier tome il y a déjà 1 an ; des liens de parenté ou quelques indices supplémentaires sur qui et qui auraient été les bienvenus dans ce lexique. Par exemple, la caractéristique physique de Peine n’est rappelée qu’au dernier quart de l’ouvrage, un peu tardivement (c’était donc bien elle…).

Les différents romances entamées dans le tome 1 évoluent et des couples se forment, sans pour autant que cet aspect inonde le roman, même si la sensibilité féminine de l’auteur est clairement présente dans cette histoire qui s’y prêtre très bien.

 

L’histoire très manichéenne se teinte de gris (un peu), et le Flux nous est dévoilé un peu plus, mais à peine, dont le gain de celui-ci par les Guerriers Tueurs de Dragons via les mages.

Une belle histoire, prenante, que j’ai eu le plaisir de pouvoir lire en deux jours, ce qui nous plonge bien plus dans l’ambiance qu’une lecture hachée. Et une fois encore, j’ai hâte de lire la suite, de découvrir la destinée de ce monde en perdition et l’avenir de ces multiples figures, des enfants de Loréa, en passant par Béryl, Nywen, Gabriel et ses compagnons apprentis, la famille du comte, certains mages, etc.

Une densité menée avec habilité.

 

Ma seule question sera : « pourquoi ce choix de couverture ? » qui a mon avis est un mauvais choix. Non pas qu’elle ne soit pas magnifique, elle l’est très clairement, digne d’une estampe japonaise, avec arbre en fleur, vue sur la plaine et la montagne, ainsi que personnages vaporeux (Nywen et Amielle ?). Très belle, rien à redire sur sa qualité, mais qui me semble avoir deux défauts :

Premier défaut (le plus important) : elle ne reflète pas l’intensité dramatique de ce tome. C’est plutôt le calme plat (avant la tempête), bonheur paisible et délicatesse.

Second défaut : très féminine, elle laisse croire à une romance plutôt qu’à un récit de fantasy (certes avec une véritable patine de sensibilité). Si je n’avais pas lu le tome 1, cette couverture n’aurait sans doute pas attiré le garçon que je suis, mais la cible est peut-être justement féminine…

 

A quand la suite ? D'autant que ce tome est bien plus court que le premier (à peine 200 pages).

 

Le chant de la Malombre T2 : Face à la Marée, de Gaëlle K. Kempeneers, aux éditions Voy’[el]

Tag(s) : #Chronique Littérature

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