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LA MUSIQUE DES SPHERES
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Enfin, un moment pour chroniquer cet excellent roman.

 

La Musique des Sphères de Richard Mesplède nous embarque sur le monde d’Albia, un univers médiéval fantastique.

Pour être plus précis nous visitons d’une part un région où plusieurs royaumes de type européen cohabitent (Malsylve, Les Neufs Pics ou Marcheprime) et d’autre part le vaste désert d’Al’Khambra parsemé d’oasis à la civilisation orientale.

 

Nous suivons indépendamment les déboires de plusieurs personnages.

Ky’rstz une femme d’un autre monde venu là en éclaireur pour son peuple aux ambitions colonisatrices. Aâr-hno, un chasseur de Chanteplume, dont la contrée est menacée par une ou des créatures carnivores. Ulbérick, un prince barbare monté sur son énorme bismouth, missionné par le mystérieux Seigneur au masque jaune pour retrouver une femme précise en la lointaine cité de Carn’Halen. Asmodina une princesse héritière qui va se retrouver menacée par les complots du vizir de son père. Et enfin, Ash des Eaux, un mystérieux personnage qui se prend pour un dieu.

Cinq destinées qui, bien sûr, finiront par se croiser, d’autant qu’une menace multiforme plane sur Albia et pourrait signer la fin de ce monde.

 

Le roman nous accroche dès les premières pages et, de suite, les mystères ou les difficultés qui entourent les protagonistes nous poussent à vouloir en découvrir plus, nous entrainant dans la lecture. Les personnages centraux sont tous attachants, possédant des personnalités distinctes, des motivations distinctes et des aptitudes spécifiques ce qui permet de constituer un « groupe » riche, complexe et complémentaire.

Mieux encore, les personnages secondaires sont également intéressants et nous les devinons riches d’un passé, de buts et de caractères. Si bien que certains qui, inéluctablement, ne font qu’un passage plus ou moins long dans le récit déposent une trace dans nos esprits, nous laissant même à penser que certains auraient pu devenir des personnages plus importants. Je regrette ainsi de ne pas en savoir plus sur les frères d’Asmodina (j’imagine bien une nouvelle sur leur conflit de succession) et j’espère bien en revoir certains dans un deuxième tome, comme un certains mage.

 

La magie dite vectorielle est bien trouvée avec son lien évoqué avec des principes de géométrie et d’algèbre. C’est aussi un point fort de l’auteur que la description et la richesse de ce monde aux multiples facettes et aux cultures variés. Un solide background.

Il use d’ailleurs de cette diversité en nous menant d’un chapitre à l’autre, d’un coin de ce monde à un autre afin de suivre les différents protagonistes. En effet, jusqu’à ce qu’ils commencent à se croiser, chaque chapitre ne traite que d’un protagoniste et Richard Mesplède les alterne habilement afin que nous le suivions à tour de rôle en maintenant le suspens. Un procédé que j’apprécie (et que je pratique aussi).

 

Habilement, l’auteur use de noms faciles à retenir par leur similarité avec des noms réels. Je parle ici des noms de créatures. Dans bismouth, par exemple, nous comprenons tout de suite que la créature est entre un bison et un mammouth. A noter que le bismouth de l’image de couverture (qui donne envie d’aller y voir de plus près) réalisé par Yohan Dupuis, ne correspond pas tout à fait à la description du livre. Sur le dessin, il est moins imposant que ce qu’il doit être et possède de magnifiques cornes et non des défenses. Personnellement je préfère les cornes à l’idée des défenses…

Idem pour les noms des personnages. Il est toujours compliqué dans un monde fantastique de donner des noms à la fois exotiques et aptes à être mémorisés rapidement par les lecteurs. Richard y réussit d’une part, en usant le plus souvent de noms communs orthographiés différemment et, d’autre part, pour les cinq protagonistes principaux en redonnant leur nom à chaque début de chapitre les concernant. Il s’amuse même avec le seul nom qui accroche un peu, celui de Ky’rstz, systématiquement déformé par un suzerain.

 

Différentes intrigues (une pour chaque personnage) toutes aussi intéressantes les unes que les autres se mêlent donc dans ce roman, et peu à peu, l’histoire nous entraine donc avec aisance vers cette menace sur Albia qui n’est qu’esquissé, puisqu’il faut bien le dire, La Musique des Sphères est clairement un début de saga qui met en place très agréablement les différents protagonistes. Elle nous donne aussi quelques indices sur la suite avec les rêves d’Ulbérick, très partiellement éclairé par l’étrange personnage qui fait une brève apparition le temps d’un chapitre, j’ai cité John Beckford. Vous noterez que rien que son nom le place en marge de ce monde. Pourquoi ? Qui est-il ? Le mystère reste entier dans ce tome.

 

En toute impartialité, je peux dire que j’ai réellement été enchanté et enthousiasmé par ce roman, d’autant que l’écriture est belle et agréable, aux vocabulaires riches (sans pour autant vous obliger à vous plonger dans un dico, je vous rassure).

 

Vous allez me dire que selon moi il n’y a aucun point négatif à ce livre ? Et bien j’ai beau me creuser la tête, je ne trouve rien qui m’ait déplu…

Bon, je vais être sympa, je vais vous trouver deux ou trois petites choses.

Au départ j’ai eu un peu peur avec Ky’rstz qui est une extraterrestre. Même si je peux aimer le mélange des genres, je craignais un déséquilibre entre elle et les autres et ne voulait surtout pas tomber dans le conflit d’une civilisation avancée contre un monde médiéval. Mais au final, comme dès le départ elle est dépouillée de sa technologie et de tout contact avec les siens, son origine n’intervient pas (sauf dans son but premier). Elle pourrait être simplement une mage venue d’une lointaine contrée d’Albia…

Si je veux chipoter, l’histoire du fou du roi est un peu floue et sa présence à la fin n’a guère de signification (en tout cas dans ce premier tome).

Un léger bémol sur cette tour qui sert de passage au sein de cette cité mythique.

 

Au final, je ne peux que vous recommander La Musique des Sphères de Richard Mesplède, en attendant, bien sûr, le deuxième opus "La Symphonie du Temps" du Cycle d'Ouroboros.

LA MUSIQUE DES SPHERES
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Tag(s) : #Chronique Littérature
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