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Couverture de Contes nippons au coin du feu

Couverture de Contes nippons au coin du feu

Contes nippons au coin du feu est la première publication de la toute jeune maison d’édition Hystérie. Publié avec le soutien de l’Académie de Minuit (LIEN), ce recueil de nouvelles est paru à l’occasion du salon Japan Impact 2017 en février 2017. Il regroupe donc une série de textes se référant à la culture  nipponne. Vous y retrouverez donc des créatures mystiques traditionnelles, des fantômes bien sûr, mais aussi parfois cette poésie et un esthétisme assez caractéristiques de l’île du soleil levant.

 

Petit aperçu :

 

Le Pays des Yôkaï d’Audrey Calviac.

L’histoire de Jun, un jeune garçon, qui lors d’une escapade sur le mont Takao-San va se perdre et trouver de l’aide en la présence d’un groupe de renards blancs.

Une histoire toute en douceur que l’on pourrait presque assimiler à un conte pour enfant.  Une histoire apparemment bien gentille, presque lassante, qui pourtant va prendre toute son ampleur sur la fin. Un contraste qui va vous surprendre et va apporter se vrai valeur à cette histoire.

 

So-Leng et le Pouvoir venu du levant de Laurent Combaz.

Souen est le fils de l’Empereur. Un fils aussi odieux que son père qui tyrannise tout le monde dont sa cousine So Leng à la forte personnalité. Pire son père décide de lui faire octroyer par des sorciers un pouvoir très ancien…

Une histoire bien menée et intéressante qui pèche cependant par le fait qu’elle est plus une introduction et un éclairage sur les origines de la webserie médiéval fantastique Kaliderson (LIEN). Grosse frustration pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de celle-ci ou qui ne l’ont pas regardé (dont je fais pour le moment parti faute de temps, malgré le bien que l’on m’en dit).

 

De soie et de fourrure de Dola Rosselet.

Une Kitsune menacée confie son destin à une servante déshonoré, Namiko. Celle-ci va devoir porter son fardeau de longues années.

Une plongée au cœur d’un mythe du folklore japonais qui démarre plutôt bien, mais qui, selon moi, a du mal à trouver un second souffle avec une fin en demi-teinte.

 

Tetsuya de Marine Stengel.

Retour à notre époque avec une histoire de fantôme très typique de l’étrangeté de ses esprits, made in japan. Un conte horrifique où l’étudiant Tetsuya va se confronter à la sensibilité exacerbé d’une de ces âmes perdues.

Si contrairement à Tetsuya, le lecteur n’est pas dupe de la nature de Yuke, l’intrigue fonctionne bien, la progression de l’histoire est parfaite.

 

Les trois coups du spectre de Louise Roullier.

Autre histoire de fantôme japonais autour d’une partie de Go, que le maître Ejima doit mener contre le maladif Gosu d’une école adverse, de quoi mettre sa réputation en jeu.

Voici une nouvelle que j’ai également appréciée par sa mise en scène d’un esprit très asiatique, bien éloigné de notre concept des fantômes et autres poltergeists. Connaître les rudiments du jeu de Go aide sans être nécessaire au plaisir de cette histoire.

 

L’Empereur solitaire et le cadeau du corbeau rouge d’Anthony Boulanger.

Ying-Long est un dragon, un sage respecté auquel il ne manque qu’une épouse. Il demande donc l’aide de Corbeau Rouge, être ambivalent, qui va se mettre à la recherche de 9 prétendantes possibles.

Il nous fallait un dragon, le voici sous la plume d’Anthony Boulanger dont je vous ai déjà parlé (LIEN).  Une nouvelle entre conte et fable teinté de philosophie et du charme de l’exotisme des créatures nippones. L’auteur évite l’écueil de nous exposer chaque prétendante ne s’attachant qu’à certaines, parfois un peu longuement, pour nous concocter une fin inattendue plutôt plaisante.

 

Le Yureï de Maud Wlek.

Hiro est las, perturbé, inquiet. Une sensation étrange qu’il ne s’explique pas jusqu’au moment où il comprend qu’il est possédé par un esprit défunt, un yureï.

Autre histoire de fantôme, mais cette fois-ci pris sous un autre angle. Nouvelle assez courte, rondement menée dont la fin ne pourra que vous prendre de court. Une exploration presque douloureuse des tourments de l’âme.

 

Huit pattes sept queues de Vérène Devanthéry.

Lorsqu’un Nogitsune  et un Nekomata décident de s’amuser aux dépens des humains, ceux-ci sombrent dans un cauchemar sanglant des plus totales.

Un jeu de massacre qui pourrait plaire aux adeptes du genre, mais qui ne m’a pas réellement emballé malgré quelques bons moments.

 

Haha naru shizen de Nimu.

Mandy, jeune anglaise à l’époque victorienne et promise à un mariage d’intérêt s’enfuit de chez elle pour découvrir le Japon. Un voyage qui pourrait la mener jusqu’au mystérieux maître Ginko, connaissant la nature et les yokaï.

Nimu nous livre un carnet de voyage qui, dans un autre format, aurait pu – du – s’agrémenter d’illustrations évocatrices. Une belle prestation aux échos écologistes qui se terminent par un sursaut aventureux qui quelque peu défaut dans un récit qui aurait mérité plus d’espace.

 

Sokushinbutsu de Célia Haro.

Affublée d’une horrible affection qui la défigure par cycles, Yumiko va choisir sa destinée, pied de nez aux divinités. Un chemin qu’elle choisira de partager avec un de ses élèves, le narcissique et sombre Nakajima.

Un avant-dernier texte qui nous plonge délicieusement dans l’étrange. Une nouvelle morbide entre courage et folie avec des personnages de choix, la professeure, mais plus encore l’étudiant.

 

L’héritage de Susanoo de Vanessa Terral.

Lorsque que les yokaï surgissent en masse au Japon seuls les personnes « bénies » des divinités peuvent sauver le pays. Parmi eux, Maeva une française aux pouvoirs pyrotechniques.

Une nouvelle qui dénote des précédentes par sa mise en avant de l’aventure, cependant – et ce malgré la limite de pages imposées - elle a l’intelligence de ne pas oublier la psychologie du quatuor que nous suivons, riche en personnalités. Une combinaison gagnante pour un texte de fin alliant résolument modernité et tradition.

 

* * * * *

 

Mis à part 2 ou 3 nouvelles qui m’ont moins emporté que les autres, une anthologie de belle facture qui respecte – à mon sens  - l’esprit nippon.

Un lexique plus exhaustif aurait été le bienvenu, même si par-ci par-là nous avons le droit à quelques annotations explicatives.

Un recueil que je vous conseille donc.

Très belle illustration de Nicolas Le Tutour (LIEN), mais je ne suis pas fan de la police utilisée pour le titre.

Tag(s) : #Chronique Littérature

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