La Guerre du Temps est le deuxième tome des aventures de Mark Storm.
Ecrit par Sandrine N. William.
D’une lecture agréable et fluide, ce second tome de plus de cinq cents pages se lit aisément. Personnellement, j’aurais aimé un chapitrage rendant plus didactique la lecture (question de goût et de pratique personnelle), mais j’ai finis par me faire à cette volontaire absence de découpage.
J’ai profité de mes premiers jours de vacances pour dévorer la deuxième moitié du roman qui m’a encore plus accroché que le début. Difficile de le lâcher à partir du moment où Mark fait un passage dans le désert et encore plus après l’épisode du Salasium (ne comptez pas sur moi pour en dire plus).
Cette fois, Mark se voit entrainer dans une lutte contre l’Armée Noire dirigé par un ennemi de poids qu’est Breinmaad (un nom bien choisi…). Apte à faire voyager ses agents dans le temps, Breinmaad a altéré le passé pour se donner un avantage dans le présent. Les seuls véritables remparts restant à son ambition de conquérir la galaxie sont la Terre ainsi qu’un noyau de résistants et bien sûr Mark allié d’Alen que l’on retrouve avec plaisir.
Combats à travers l’espace et le temps en perspective.
Un instant, j’ai craint que l’auteur ne se débarrasse un peu rapidement de Lana et Benji comme des éléments apparus au premier tome et devenus gênant pour la suite des aventures de Mark. Et bien non, S.N. William les réincorpore très vite dans l’histoire ne faisant ainsi pas fi des précédentes aventures de son héros. On retrouve également d’autres éléments comme Soris et l’indispensable Arak.
J’espère qu’elle tiendra tout autant compte de Sarah et ses enfants mais aussi de ces douze (mais chut) dans ces prochains écrits. Sans réapparition de ces derniers dans d’autres tomes, je trouve que leur présence ne serait alors pas non plus souhaitable dans ce volume (J’avais envisagé une autre solution avant leur apparition pour…). Mais j’ai confiance en Sandrine N. William ; elle ne fait pas les choses sans raison.
L’auteure nous embarque dans une aventure qui ne semble pas vouloir nous laisser souffler, nous entrainant de planètes en planètes et dans quelques époques reculées de la Terre, ce qui justifie le titre.
Je dois avouer que le premier saut temporelle d’importance (vers 1700 et quelques) n’est pas mon passage préféré. Certes il est là pour expliciter le genre d’actions que Breinmaad veut entreprendre pour s’assurer le pouvoir dans son présent, mais il manque peut-être de clarté et de développement. (Mais je dois avoué que, faute de temps, ce passage je n’ai pu le lire que par petits morceaux et ce sur plusieurs jours ce qui a pu nuire à sa bonne appréciation).
Sandrine N. William s’en sort très bien avec l’épineux problème des paradoxes temporels, peut-être aussi parce qu’elle ne se risque pas trop à jouer avec, justement. Ce sera sans doute mon seul petite reproche sur ce tome. L’auteure n’a peut-être pas assez exploité cette capacité de Breinmaad puis de ces ennemis d’envoyer des intervenants dans le temps et donc d’interagir réellement avec le passé (le modifiant provisoirement) avant qu’une autre action ne rétablisse l’équilibre.
Un léger regret donc, mais compensé par la globalité de l’histoire.
Dans ce tome, Mark se voit attribuer de nouveaux talents (je ne préciserai pas bien sûr) qu’il maîtrise peut-être un peu trop vite. J’espère qu’avec la conclusion concoctée par l’auteure qu’au moins un de ses talents ne lui reste pas (en théorie cela me semble impossible vu la fin).
Je trouve que Mark n’a pas forcément besoin de ces capacités supplémentaires pour en faire un personnage intéressant et un adversaire de taille aussi bien physiquement, qu’intellectuellement (c’est un fin stratège). Point trop n’en faut. A mon avis, des capacités à modérer pour la suite afin de ne pas faire de Mark un personnage potentiellement invincible.
Dans cette aventure, S.N. William renforce encore l’exploration de la personnalité de Mark. Derrière une carapace à priori inébranlable et un regard d’acier perturbant les meilleurs, ce pirate inflexible cache un cœur tendre voué au grande cause. C’est très bien rendu par le texte, donc ressenti par le lecteur.
De belles trouvailles nous tiennent en haleine durant ce récit avec une petite pointe de sadisme psychologique très bien mise en scène. La pression n’en ait que plus renforcé ainsi que notre sympathie ou haine (selon le point de vue) que l’on peut partager pour un personnage.
Des moments forts et poignants : « Non, elle (l’auteure) ne vas pas faire ça… elle l’a fait… et ne semble pas vouloir y revenir ! » ont été mes réflexions en particulier sur un événement. Bref l’impensable devient possible et on finit par même se demander si le logiquement improbable ne pourrait pas arriver… au moins jusqu’au prochain tome. (Pour savoir ce dont je parle, il vous faudra le lire, donc attendre la page 488).
Et une belle trouvaille que ces « Cicatrices » qui en plus de leur intérêt propre pour un adepte de fiction permettent de monter d’un cran l’enjeu final.
Un livre dans lequel je ne regrette pas de mettre plongé et que je recommande, bien sûr. L’aventure y souffle avec un petit côté rétro qui n’est pas pour déplaire, rappelant d’illustres auteurs de space-opéra.
Enfin si on peut très bien s’en sortir sans avoir lu le premier tome des aventures de Mark Storm, certains points et intervenants seront plus clairs ou attachants en ayant profité des Territoires Interdits.
Liens vers mon article sur ce tome :
http://fredericgobillot.over-blog.fr/article-mark-storm-de-cendrine-n-william-39619876.html
Je vous souhaite un agréable Voyage au-delà de l’Espace et du Temps avec Mark Storm.
ATTENTION, info de dernière minute, suite à l'arrêt des Editions Irene Pauletich (pour maladie), commander ce Tome 2 directement auprès de C.N William, voir son site :
www.mark-storm-space-adventure.com/