Une fois encore Eli Esseriam nous invite à partager le moment complexe où un adolescent de 17 ans découvre qu’il a été choisi pour être un des quatre Cavaliers de l’Apocalypse.
Après Mort / Alice et Guerre / Edo, nous entrons dans l’intimité de Maximilian, le Cavalier Noir, alias Famine. Oh, pas une famine traditionnelle, mais une insatiable envie d’amour et de reconnaissance.

Maximilian ne nous est pas totalement inconnu puisqu’il a été évoqué dans le tome concernant Edo. Il est l’organisateur de ces joutes opposant des gladiateurs modernes à mort.
Fils d’une immense fortune allemande, Max est issu d’une lignée paternelle sévère et psychorigide, prompt à des corrections physiques cruelles et excessives. Il a une sœur ainée, Gretchen, qu’il considère comme superficielle et stupide. Sentiment à l’opposé de ceux qu’il éprouve pour sa jumelle, la ravissante et positive Silke. Cette aveugle est le soleil de son existence, la prunelle de ses yeux.
Ce riche, très riche petit bourgeois, prétentieux, fier de sa belle personne, étudie dans un lycée catholique privé tenu par son oncle, le prêtre Uwe. Le religieux semble aussi droit et bon que son frère Wolfgang, père de Max est amoral et sans scrupules.
Fier, arrogant, suffisant, lubrique et avec un certain esprit rebelle, de prime abord, Maximilian attire peut-être encore moins la sympathie que les deux Cavaliers précédents. Pourtant, quelques circonstances atténuantes (dont son père) viendront adoucir momentanément le jugement des lecteurs.
La découverte de sa destinée et de ses dons le plongeront dans une perplexité bien compréhensible, renforçant l’empathie qu’Eli Esseriam réussit, une fois encore, à créer chez le lecteur pour ses personnages.
L’auteur suit toujours son schéma habituel : description du personnage et de son entourage et de sa vie, puis découverte de son état si particulier, suivi de l’exploration de ses aptitudes avant une conclusion et une ouverture vers le cinquième tome Oméga. Le tout est saupoudré de drames touchant de près le personnage et ses proches qui libèrent l’individu de ses brides d’humanités (ou presque) et faisant de lui le Cavalier qu’il doit être prêt à assumer son rôle apocalyptique.
Maximilian n’échappera pas à la règle et même si, désormais, le lecteur s’attend à cette suite d’événements, l’auteur continue à nous surprendre.
Dois-je encore dire, tout le bien que je pense de l’écriture d’Eli Esseriam ? Riche et intelligente, tout en restant intelligible.
Le fait que le narrateur soit à chaque fois le personnage principal, nous plonge directement dans l’esprit retord et souvent nauséabond de ses « héros », renforçant notre lien avec eux. Au passage, la question que ce chois soulève est celui du dernier tome où tous les cavaliers seront présents. Quelle astuce va choisir l’auteure : alternance des narrateurs, vues externes par un cinquième larron ? Oméga nous le dira.
J’ai fort apprécié la réflexion sur ce qu’est « l’amour de l’autre ». Analyse très pertinente. Pour savoir de quoi je parle, il vous faudra attendre la page 239.
Le nouveau lien tissé par l’auteur vers les autres Cavaliers et ce mystérieux groupe dont je ne dirai rien est une autre perle du roman. Alors que je ne m’y attendais plus, Esseriam met les choses en place très naturellement, très logiquement. Ce qui m’a valu un petit Waouh euphorique qui a surpris ma famille. Cela fait parti des petits moments de bonheur d’un lecteur.
Des trois premiers tomes d’Apocalypsis, Maximilian n’est pas mon préféré, sans doute du fait de la personnalité de ce Cavalier Noir et de ce que j’ai ressenti comme un léger flottement au cœur du livre. Flottement qui, je vous rassure, ne dure pas. Les événements et l’évolution de Maximilian vont ensuite crescendo, captivant à nouveau mon attention jusqu’à la dernière ligne.
Je dois admettre que, encore une fois, je me suis laissé charmer par l’écriture et l’histoire que tisse Eli Esseriam. Un bel ouvrage qui me rendrait presque jaloux si c’était dans mon tempêrament.
Donc je le dis, le redis et le rabâche, si vous ne vous êtes pas encore jeté sur Apocalypsis, faite-le dès que vous aurez terminé votre livre en cours.
Editions Matagot , collection Nouvel Agle => lien.
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