Vaiana est la fille du chef du village. Elle vit sur l’île de Motunui au milieu de l’océan et la toujours eu une attirance pour la mer, ce qu’elle lui rendra bien. Toutefois, il est interdit de s’éloigner au-delà de la barrière de corail. Une règle édictée il y a fort longtemps pour les habitants de cette île paisible, que Tui compte bien faire respecter par tous et en particulier par sa fille.

Toutefois, le monde est menacé par le démon de lave Te Ka et ce danger s’en vient jusqu’à Motunui. Découvrant la vérité sur les origines de son peuple et la légende de la déesse Te Fiki et du demi-dieu Maui par sa grand-mère Tala, Vaiana va passer outre les interdits et partir en mer à la recherche du demi-dieu afin d’affronter le démon et de restituer son cœur à la déesse.

Inspiré de la mythologie polynésienne, « Vaiana, la légende du bout du monde » est une très belle réussite des studios Disney.
Nous retrouvons tous les critères des contes initiatiques ou l’enfant / l’adolescent suit un parcours qui va le mener à s’affirmer et se déterminer en tant qu’individu et qu’adulte. Vaiana va subir des épreuves, des revers et risquer le renoncement avant d’affronter son destin et d’obliger Maui à prendre ses propres responsabilités avec ou sans pouvoirs. La mort est également présente, mais telle Moufassa pour Simba, la présence de l’être aimé persiste au-delà du décès, comme une force de vie et de courage. La morale sera bien sûr sauve et la victoire assurée avec une jolie révélation inattendue à la fin, une ode à la nature évidemment.

Le personnage de Vaiana est trognonne enfant, puis attachante adolescente, entre l’enfant aimant et la jeune fille rebelle, le passage d’un monde à l’autre. Déterminée, mais encore fragile, elle nous conduit au bout du monde. Son nom de Vaiana d’origine tahitienne signifie « Eau de roche » remplace en Europe le nom originel de Moana, du maori signifiant « mer profonde » pour des droits de copyright. J’aime son franc parlé.
Maui, doublé en français par Anthony Kavanah, est un dieu débonnaire, au physique imposant et sympathique. Vous en découvrirez plus sur lui très rapidement par sa légende racontée par Tala, une bonne surprise par rapport à la bande-annonce. Ses tatouages qui symbolisent sa vie et en particulier celui, vivant, qui le représente sont très sympas. Ses pouvoirs liés à son harpon sont également très cool. Sa personnalité pas aussi lisse que l’on pourrait le croire de prime abord est un plus.

Hei Hei est la touche d’humour à répétition. Ce coq auquel il manque clairement plusieurs cases, à se demander même comment il a pu survivre, est tout de même impayable. Personnage comique (qui aura tout de même son utilité), il n’est pas le seul élément amusant dans l’histoire et l’on sourit et rit plus d’une fois. Le petit clin d’œil, version autodérision, au statut de la « princesse » m’a bien plus.

Si les chansons auront sans aucun doute du mal à détrôner un certain « libéré – délivré », elles sont très agréables et entraînantes. Un moment que j’ai particulièrement apprécié est le chant de Maui, version « clip », un peu comme l’était le « je voudrais être roi » du Roi Lion, mixé avec la scène où les Parques sortant des vases chantent dans Hercule. Les personnages 3D avec le décor 2D dans un style bien moins réaliste me font penser à l’époque de l’apprentie sorcière ou de Mary Poppins, un mélange de dessins et d’images réelles (remplacé ici par des dessins 3D).
Les paysages de l’île sont magnifiques, les effets d’eau également.

S’il semble y avoir eu quelques polémiques du fait d’une partie des Polynésiens, celles-ci ne se sont fondées que sur quelques points mineurs (accents de certains personnages et physique de Maui), personnellement, je trouve que c’est plutôt un bon coup de pub pour ces régions.

Bref un beau film, réjouissant, positif, aventureux et à l’humour léger pour toute la famille, largement du niveau (voir au-dessus) de la fameuse Reine des Neiges, à mon sens aussi sympa que le Roi Lion ou Aladin pour d’autres critères.

